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Lectures de l’été 2016

Plutôt que de choisir un livre parmi d’autres pour cet article de rentrée, voici, comme le titre l’indique, une rapide rétrospective de mes lectures de l’été, achevées ou non.

Classiques du cinéma

Pour commencer, voici deux petits livres du même auteur, dans une collection très prometteuse, et tous deux publiés en mai 2016.

Il s’agit de Alien et Shining, de Roger Luckhurst, publiés chez Akileos pour l’édition française, dans la collection « BFI : les classiques du cinéma ». Le BFI, British Film Institute, chargé du développement et de la promotion du cinéma en Grande Bretagne, pourrait être considéré comme l’équivalent de notre CNC (Centre National de Cinématographie).

La collection revendique ainsi de présenter, interpréter et honorer « des films qui ont fait date dans l’histoire du cinéma mondial ».

Les deux ouvrages font moins de cent pages, sont une lecture des plus agréables, et relativement bien illustrés. Le premier est consacré au Alien de Ridley Scott, le second au Shining de Stanley Kubrick, deux références en matière de science-fiction pour l’un, et d’horreur pour l’autre.

L’auteur, professeur de littérature moderne, évoque les films depuis leur genèse jusqu’à la réaction personnelle qu’ils ont suscitée chez lui, en passant par l’accueil critique et public, ou encore son importance esthétique et l’innovation technique ou cinématographique que le film a représenté – et représente toujours.

Ainsi pour Alien, il revient notamment sur les rapports de ce film avec les autres œuvres de science-fiction, littéraires ou cinématographiques, qu’elles soient antérieures ou postérieures à sa sortie, l’élaboration de la créature, ou encore les suites, préquelles et franchises annexes du film.

Pour Shiningdont j’avais un souvenir plus vivace et dont j’ai, du coup, davantage apprécié l’étude, il explique sa place si particulière dans le cinéma d’horreur, dont Kubrick a cassé les codes, la relation entre le réalisateur et Stephen King, l’utilisation de la Steadicam, et suit de manière très chronologique le film, depuis les premières images surplombant les montagnes, jusqu’à la fameuse photographie de 1921 où le spectateur reconnaît Jack Torrance, voyageur d’un temps et d’un espace labyrinthique et circulaire.

Ces deux petites lectures – j’ai lu ces deux livres chacun en une journée – parviennent on ne peut mieux à donner envie au spectateur de revoir le film, et installent avec l’auteur une certaine complicité : c’est un spectateur qui nous parle, et bien que son propos soit argumenté, documenté et réfléchi, ce sont ses émotions et son histoire personnelle de cinéphile que nous partageons.

Pour les amateurs, vous trouverez dans la même collection, « BFI : les classiques du cinéma », un 3e ouvrage consacré au film Brazil, de Terry Gilliam. J’en aurais bien fait aussi la lecture et la critique, mais je n’aurais pas été aussi pertinente, n’ayant malheureusement jamais vu ce film.

Par contre, sont annoncés pour cet automne deux autres numéros : Le Parrain et Les Sept Samouraïs. À moins d’un retard de sortie, vous savez donc déjà de quoi je parlerai sur Cinéphiledoc au mois d’octobre !

Des retrouvailles attendues…

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez ouvert le premier Harry Potter ? (je m’adresse évidemment à ceux qui ont lu les livres et ont vu les films…)

Moi oui. Je me souviens surtout du début de tapage que les livres faisaient, je me souviens de l’édition, Folio Junior, avec trois petits sorciers en robes noires, je me souviens que c’était ma cousine qui m’avait offert le premier, et que j’avais décidé de le lire pour m’occuper pendant un séjour à l’hôpital. Je me souviens que, immédiatement après, j’avais demandé à mes parents les tomes suivants (La Chambre des secrets, Le Prisonnier d’Azkaban et La Coupe de feu), qui étaient déjà sortis.

Puis je me souviens de la fébrilité avec laquelle j’attendais chaque nouveau livre et chaque sortie de film, jusqu’à ne plus pouvoir attendre les traductions et à lire le dernier directement en anglais. Je me souviens des autres petits livres, sur le Quidditch, sur les créatures magiques et Les Contes de Beedle le barde. Je me souviens de la dernière avant-première, du dernier opus en deux parties au cinéma, de ma tristesse à me dire que c’était désormais fini, d’une tristesse encore plus grande à l’annonce de la mort d’Alan Rickman…

Et puis, cet été, enfin, un nouvel Harry Potter ! Je n’en livrerai aucun détail, mais quel plaisir de retrouver ces personnages, certes dans un livre à la forme si particulière (une pièce de théâtre) et qui ne permet pas vraiment de plonger dans l’histoire.

Nous avions les romans pour apprendre à aimer et à reconnaître l’univers d’Harry Potter, de Poudlard, du chemin de Traverse, du ministère de la magie, de Godric’s Hollow…

Nous avons eu les films pour mettre des images sur cet univers. Heureusement, nous avons le souvenir des deux pour lire Harry Potter and the cursed child, avec pour moi l’espoir, peut-être, d’aller voir un jour la pièce de théâtre à Londres.

Retrouver Harry Potter dans ce livre, c’est comme retrouver pour un verre un ami longtemps perdu de vue : on veut à tout prix tout rattraper du temps qui nous a manqué, et c’est justement le temps – et le livre – qui passe trop vite et nous laisse sur notre faim…

Alors certes, ce n’est pas une lecture cinéphile que j’évoque ici, mais, comme pour le livre suivant, elle est tant liée au cinéma, à un univers cinématographique, qu’on ne peut pas la laisser de côté.

Aux origines de Star Wars

Voici un ouvrage que j’ai commencé avec beaucoup de plaisir, mais dont je n’ai pas encore eu le temps d’achever la lecture, ce livre faisant près de 500 pages et étant particulièrement dense.

Il y a quelques temps, je regardais une vidéo, je ne me souviens plus laquelle, sur YouTube (je vais tenter de la retrouver) – ou bien était-ce sur Arte ? je ne sais plus – sur la genèse de Star Wars.

Trouvé !

Dans ce documentaire, les personnes qui intervenaient évoquaient pour la plupart un livre comme l’une des sources d’inspiration de George Lucas. Ils en parlaient avec tant de conviction que j’ai immédiatement eu envie de le lire, car cet ouvrage ne me permettait pas seulement de remonter à la source de Star Wars, mais aussi de comprendre comment Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, bien sûr Star Wars ou encore Le Trône de fer réinventent des mythes millénaires et ont une telle importance pour leurs lecteurs et spectateurs.

Trêve de suspense, cet ouvrage, c’est Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell, publié pour la première fois en 1949. L’exemplaire dont je dispose a été publié en 2013 par les éditions J’ai Lu.

Certes, je n’ai pas fini cette lecture, qui convoque des mythes aussi bien antiques que modernes, mais j’ai pour l’instant suivi avec bonheur les pas de ce héros aux mille et un visages dans ses réponses à l’appel de l’aventure, et j’y ai reconnu aussi bien Gandalf qu’Obiwan Kenobi.

L’auteur passe agréablement d’une histoire à une autre, nous entraînant à sa suite et nous donnant à chaque page le témoignage de leur universalité.

Du côté des séries

Enfin, ma dernière lecture des vacances, et de ce début septembre, a été une lecture achevée, cette fois-ci, en deux jours. J’ai beaucoup entendu parler de cet ouvrage, j’en ai lu beaucoup de bien sur Twitter et dans des articles. Et comme les livres sur les séries sont encore trop rares à mon goût, je n’ai pas résisté à la tentation de me plonger dans celui-ci.

Il s’agit de Sex and the Séries : sexualités féminines, une révolution télévisuelle, un ouvrage d’Iris Brey publié chez Soap éditions en avril 2016.

L’auteur, journaliste et universitaire, revient sur la difficulté que la sexualité féminine a toujours eu à être représentée au cinéma, et sur la façon dont les séries américaines ont pu progressivement la mettre en mots et en images dans toute sa diversité.

Elle y aborde avec justesse, et de nombreux exemples à l’appui (de Buffy à Orange is the new black, en passant par Friends, Game of thrones, Masters of Sex, ou encore Girls), les stéréotypes sexuels féminins, les tabous, les pratiques sexuelles, le plaisir féminin, des questions plus graves comme le viol ou l’inceste, ou encore la représentation des sexualités queer dans les séries.

Elle y recense les progrès qui ont été faits, et ceux qui restent encore à accomplir, et porte sur l’ensemble de ces productions télévisées un regard, certes parfois critique, mais toujours optimiste et jamais moralisateur.

Voilà pour ces quelques livres qui m’ont fait passer un bel été, entre littérature, cinéma et séries, qui m’ont donné envie de voir encore de nouvelles choses et qui m’ont remémoré quelques souvenirs cinéphiles bien agréables.

J’espère que ces quelques comptes-rendus vous auront donné à vous aussi des envies de films et de lectures.

À bientôt !

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L’obsession du collectionneur : fétichisme et produits dérivés

Le non-film, encore et toujours…

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner, les ouvrages consacrés au cinéma font partie d’un domaine du savoir que l’on appelle le « non-film ». Le film est l’objet singulier, premier, ce qui fait l’essence et le but ultime du cinéma, ce qu’est le roman pour le romancier ou l’alexandrin pour le poète. Le « non-film », quant à lui, est l’objet « dérivé » du cinéma, mais dont on peut distinguer deux types :

  • L’archive. Sous ce nom je range tout ce qui participe à la fabrication du film, tout ce qui est « à côté » ou « pendant » : accessoires, matériel, décors, costumes, archives écrites (étapes du scénario, feuilles de travail, journal de tournage, notes de production) ou iconographiques (photos de plateaux) etc.
  • La mise en valeur. Il s’agit de tout ce qui se passe dès que le montage a été réalisé, de tout ce qui participe à la communication du film : les ouvrages consacrés au cinéma en font partie, au même titre que les affiches, objets, cartes postales, etc. C’est tout ce qui ressort de la post-production, et qui peut véritablement – et d’aucune manière péjorativement – être défini comme « produit dérivé ».

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Les premiers sont conservés, il faut être soit membre de l’équipe, soit personnel d’une cinémathèque, soit public d’un musée pour y avoir un accès plus ou moins privilégié. Les seconds peuvent être collectionnés, puis, dans une certaine mesure, devenir des objets de grande valeur, plus seulement aux yeux d’un individu, mais d’une mémoire collective.

Collectionnite…

Si les ouvrages sur le cinéma et les affiches m’ont toujours attirée, j’ai pendant longtemps été moins sensible aux autres objets. Je n’ai jamais couru après une parure de lit, un réveil ou une montre, des cahiers et des stylos rappelant tel ou tel univers. Pourtant, depuis quelques temps, je sens que je suis contaminée, au moins pour certains films ou certaines séries, par cette collectionnite aiguë. Je ne peux plus résister devant les sous-verres ou les serre-livres Game of thrones. Mais je ne suis pas encore assez atteinte pour acheter une peluche, un rideau de douche ou des moules à gâteau…

La tentation reste grande. Je me revendique de la génération Harry Potter. Selon moi, Harry Potter fait partie de nos mythologies actuelles, au même titre que la série Friends ou des Pokémons. La liste de nos mythologies cinématographiques ou télévisuelles serait trop longue, mais on peut aussi y voir Star Wars, Le Seigneur des anneaux ou Indiana Jones

Je ne vais pas digresser outre mesure, mais les livres sur l’univers littéraire ou cinématographique du Seigneur des anneaux (textes de Tolkien, dictionnaires et encyclopédies), du Trône de fer (intégrales de Georges Martin, ouvrages sur la série), ou de Harry Potter (les sept volumes, les autres textes de Jo Rowling et les ouvrages consacrés aux films) font partie de ce que je vais rechercher.

En ce qui concerne Harry Potter, j’ai donc :

  • les sept volumes de la saga en version française
  • les sept volumes en version originale
  • les trois ouvrages de Jo Rowling sur l’univers de Harry Potter : Quidditch through the ages, Fantastic beasts and where to find them et The Tales of Beedle the Bard
  • les huit films en DVD
  • un ouvrage sur les films avant que les Reliques de la mort sortent au cinéma

Le petit dernier, sur Harry Potter !

Et depuis trois semaines je suis l’heureuse propriétaire d’un énorme pavé consacré à l’univers cinématographique de Harry Potter : Harry Potter, des romans à l’écran, de Bob McGabe, paru en mars 2013 aux éditions Huginn & Muninn.

harry potter des romans à l'écran

Ce livre était déjà sorti en édition limitée, en novembre 2011, pour nous faire patienter entre la sortie du dernier film au cinéma et sa sortie en DVD. Il m’était passé sous le nez : je l’avais vu, le prix (plus de 70 euros) m’avait fait hésiter, et le temps que je retourne en magasin, il avait déjà disparu de la circulation. Le tirage limité : comment susciter le besoin et la frustration chez le consommateur !

Il faut donc déjà avoir envie d’y mettre le prix : plus de 70 euros, c’est une somme pour un livre. Mais le jeu en vaut la chandelle, surtout si vous êtes passionnés par cet univers. Le titre est un peu ambigu : on se dit qu’avec ça, tout, depuis la genèse dans un train de Manchester à Londres, jusqu’à la dernière sortie, va nous être dévoilé.

Mais ce livre se consacre exclusivement à la transformation de la matière première littéraire en produit cinématographique, quitte à parfois « casser un peu le mythe ». Vous saurez tout sur le casting, les costumes, les décors, les acteurs, les différents réalisateurs, bref sur tout ce qui a donné pellicule au papier !

La première partie porte sur l’histoire de la fabrication des huit films, depuis la décision de le porter à l’écran, jusqu’au clap de fin du dernier jour de tournage.

La seconde partie se concentre sur les différentes créations qui ont permis aux films d’exister : personnages (costumes, accessoires et maquillage), décors, créatures et accessoires.

Le tout est un résultat époustouflant avec ses double-pages qui s’ouvrent, les croquis et les dessins, les détails, et même la présentation, on ne peut plus soignée.

Au coeur du livre, un avant-goût…

Je ne vais pas faire un résumé de ces 500 et quelques pages. La partie sur les décors est une merveille visuelle ; celle sur les créatures est tout aussi belle, et c’est agréable de revoir l’évolution de certains personnages. Je vous donnerai juste pour finir quelques petits extraits de mes personnages, lieux et accessoires favoris :

  • Snape / Rogue incarné par Alan Rickman, vu par la costumière, et dont l’allure m’a toujours fait penser à celle des portraits de Liszt (en brun) :

« Personne n’est autant à l’aise avec une cape qu’Alan Rickman (…) Il entre dans une pièce, et la cape flotte parfaitement derrière lui. S’il doit, à un moment, tomber par terre, la cape sera exactement là où il le veut. »

J’arrête de faire ma groupie…

  • La salle sur demande :

« Dans Le Prince de Sang-Mêlé, la pièce devient un lieu dans lequel sont entreposés des objets, dont l’armoire à disparaître. (…) Un œil aiguisé remarquera des accessoires provenant des précédents volets de la saga, dont des pièces du jeu d’échecs version sorcier qui protégeaient la Pierre philosophale »

  • Chez Ollivander, dont les méthodes de classification m’ont toujours laissée perplexe, il a fallu dix-sept mille boîtes de baguettes magiques, avec toutes une étiquette et un logo :

« Imaginez un magasin, avec une arrière-boutique dont les murs de cinq mètres de haut sont couverts d’étagères, et équipés d’échelles mobiles de plus de trois mètres soixante. Il a fallu remplir tout ça. »

On apprend que Richard Harris (Dumbledore dans les deux premiers volets de la saga) croyait que la marionnette de Fumseck, réalisée avec tant de minutie, était un véritable oiseau, qu’il a fallu enquêter auprès de physiologistes et de vétérinaires pour savoir quelle allure donner à Buck l’hippogriffe, et que les Inferi sont inspirés à la fois des gravures de Gustave Doré, de représentations du Moyen-âge et de cadavres retrouvés dans l’eau.

On y côtoie la Pensine, les balais et les baguettes, le Retourneur de Temps et les différents Horcruxes. On comprend de quelle manière sont fabriqués les livres. Enfin on y retrouve la Coupe de feu, « ornée d’un motif gothique, à demi architectural, à demi organique », les fameuses reliques de la mort et le Vif d’or.

Un très bel objet, donc, que ce livre, indispensable à tout passionné, mais absolument intransportable si l’on est incapable de faire subir à son sac à main un sortilège d’extension indétectable… Accio Livre !

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