Novembre 2016 : séances et animations du CDI

Pour patienter jusqu’aux vacances, voici un petit compte-rendu des activités que j’ai menées au CDI durant le mois de novembre.

Un mois de novembre bien occupé, avec l’arrivée des dernières commandes de l’année. En effet, le libraire habituel du CDI ayant fait faillite en fin d’année scolaire dernière, il a fallu renvoyer les commandes à un nouveau libraire, qui a tout livré d’un seul coup, principalement des renouvellements du fonds en philosophie et en fictions, mais aussi quelques nouveautés, des annales, et de quoi rafraîchir le rayon 800, dont j’avais déjà parlé le mois dernier.

Cependant, le traitement des commandes n’a pas empêché un certain nombre de séances, et quelques surprises…

Séances

  • Formation à la recherche – secondes

Jusqu’ici, j’ai vu 4 classes de secondes, avec lesquelles j’ai pu travailler de manière plus ou moins approfondie, avec le déroulé de séance suivant :

  1. Présentation du portail e-sidoc et formation à la recherche, avec comme support, le Genial.ly que j’ai partagé le mois dernier.
  2. Questionnaire en ligne sur le portail e-sidoc en lien avec une thématique de lettres (pour l’un des collègues, le classicisme, pour l’autre, le siècle des Lumières)
  3. Réalisation par les élèves d’un mur collaboratif (Padlet) sur la thématique de lettres, à partir de documents trouvés sur le portail ou sur Internet.
  4. Sondage sur les pratiques informationnelles des élèves.

En fonction de la réussite (ou non) de ces différentes séances, j’ajoute les documents produits.

Séance 1 : avec les 2nde5

C’était la première séance, avec 2 demi-groupes. Les élèves ont eu droit à la présentation du portail, puis ils ont répondu au questionnaire (thème de lettres : le classicisme), et certains d’entre eux ont pu répondre au sondage sur les pratiques informationnelles, disponible ci-dessous :

Je n’avais pas encore eu l’idée de la réalisation du mur collaboratif, donc ils n’ont pas pu le faire.

Séance 2 : avec les 2nde3

Échec total de la séance : j’étais dans une salle où le câblage avait été modifié, et les ordinateurs mis sur le réseau administratif. Impossible de se connecter sur quelque session élève que ce soit. Vidéoprojecteur en panne. Séance reportée à une date ultérieure encore inconnue.

Séance 3 : avec les 2nde 6

Les élèves ont eu droit à la présentation du portail, ont répondu au questionnaire avec comme thème le siècle des Lumières (voir Google Form ci-dessous).

Le 1er groupe a commencé à travailler sur le mur collaboratif, avec quelques ressources postées. Cependant les navigateurs n’étaient pas à jour : cela faisait bugger Padlet.  Pas de contribution possible pour le 2e groupe. On fait remplir à quelques élèves le sondage.

Séance 4 : avec les 2nde7

Séance idyllique : les deux groupes sont au taquet, ils finissent le questionnaire assez rapidement, puis enchaînent avec le padlet (un par demi-groupe). Pas le temps pour le sondage, pas grave : avec ma collègue, nous sommes tellement ravies du résultat, que nous ne doutons pas de travailler à nouveau avec cette classe.

Padlet Groupe 1 :

Made with Padlet

Padlet Groupe 2 :

Made with Padlet
  • TPE 1ES : formation à la citation des sources et affaire Wikipédia

Début novembre, j’ai intégré sur le portail e-sidoc du lycée le générateur de citation de sources proposé par Fenêtre sur. J’en ai proposé pour proposer aux enseignants de TPE de faire un petit point aux élèves sur la bibliographie / sitographie.

Je n’ai pas pu voir les élèves de S, pour cause de conseils de classe, mais j’ai réussi à faire le point avec les élèves de ES : utilisation de l’icône « Citer ce document » pour les références se trouvant sur e-sidoc, utilisation du générateur pour les ressources extérieures au portail.

J’en étais à la partie « on ne dit pas juste qu’on a utilisé Wikipédia, on cite les différents articles de Wikipédia, et c’est facile, il suffit de cliquer sur « Citer cette page ». Je clique, et là j’atterris sur l’écran suivant :

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Après quelques recherches avec l’aide documentaliste, nous avons découvert que des élèves du lycée s’amusent à modifier des articles, l’adresse IP du lycée est donc bloquée pour vandalisme sur notre encyclopédie collaborative préférée. S’en sont suivis échanges avec les administrateurs de Wikipédia (par mails et sur le salon Educatice), discussion avec la proviseure adjointe du lycée, et j’ai fini par envoyer ce mail à l’ensemble des enseignants (je coupe et j’anonyme le mail à certains endroits) :

Bonsoir à tous,

Je me permets de vous adresser quelques petits cogitations personnelles, suite à un petit couac arrivé au CDI cette semaine.

Alors que j’étais en séance de TPE avec S… et les 1ES1, et que je leur faisait un bref rappel sur la citation des sources et la bibliographie – un générateur de citation de sources est désormais à la disposition des élèves directement sur esidoc – j’ai voulu montrer aux élèves qu’il était très facile de citer un article de Wikipédia.

Qu’elle ne fut pas ma surprise de constater que l’adresse IP du lycée était bloquée par Wikipédia, l’encyclopédie collaborative ayant été victime de la part de certains de nos élèves de modifications abusives (ce qu’ils considèrent comme du vandalisme). Nous avons enquêté avec A… : entre autres, un article sur la Jungle de Calais avec du contenu supprimé et signé James Bond…

Les élèves étaient donc dans l’impossibilité de citer un article jusqu’en juillet 2017.

Suite à ce blocage, j’ai contacté les administrateurs de Wikipédia, je les ai également rencontrés mercredi sur le salon Educatice à Paris.

Vous pouvez être franchement hostiles à Wikipédia, ou relativement neutres à son égard, mais on ne peut nier les partenariats noués par cette dernière avec des institutions culturelles ou universitaires, et les efforts faits par les modérateurs afin d’améliorer sans cesse la qualité des articles (ce que prouve bien le blocage du lycée).

J’invite donc ceux qui le souhaitent à rappeler aux élèves que Wikipédia est un outil de recherche bénévolement mis à leur disposition, et qui, certes ne se suffit pas à lui seul, doit être complété par d’autres sources, mais que la citoyenneté numérique la plus élémentaire exige de respecter.

Et pour les éventuels intéressés, les membres de Wikimédia proposent des actions de sensibilisation et de formation aux ressources de Wikipédia, je suis tout à fait disposée à reprendre contact avec eux.

L’affaire a fait beaucoup rire (surtout la partie sur James Bond) et a permis d’échanger avec un certain nombre de collègues – la plupart ravis de l’existence de Wikipédia. L’adresse IP du lycée reste bloquée, mais cela n’empêche absolument pas de créer un compte (ce que l’un des administrateurs a fait pour moi) afin de surveiller les activités de l’adresse IP, et éventuellement de contribuer. Quant au fait que les élèves étaient dans l’impossibilité de citer un article, les administrateurs de Wikipédia m’ont indiqué qu’il s’agissait d’un bug, et que la fonctionnalité serait débloquée à compter du 30 novembre.
  • EMC en Première STMG : travail sur l’identité

Depuis début novembre, je travaille avec une collègue d’histoire-géographie et sa classe de Première STMG en demi-groupe sur le thème de l’identité.

Dans un premier temps, les élèves devaient poser à leurs parents des questions sur leurs origines, ils devaient ensuite, à partir des réponses obtenues, donner une forme littéraire à ce récit : lettre, conte, carnet de voyages… illustrés avec dessins, images, arbres généalogiques.

J’ai proposé à la collègue de poursuivre ce projet en faisant travailler les élèves sur la réalisation d’un schéma heuristique, ce que nous ferons les prochaines semaines. J’en dirai donc plus au mois de décembre.

  • EMC en Première L : débat « médias et démocratie »

Avec un autre collègue d’histoire-géographie, nous avons pour projet depuis un moment de travailler ensemble soit sur les médias, soit sur le numérique, j’ai donc sauté sur l’occasion lorsqu’il m’a annoncé qu’il organisait un débat avec ses élèves de Première L (une heure en demi-groupe) sur le sujet suivant : « La pluralité des médias est-elle un risque pour la démocratie ? ».

Les élèves avaient déjà fait des recherches préparatoires, et travaillé sur des documents la veille du débat. Ils devaient prendre des notes pendant ce débat afin de rendre une synthèse le lendemain.

J’ai moi aussi pris des notes, depuis l’annonce du sujet, que mon collègue s’est chargé d’introduire en en définissant les termes, jusqu’aux interventions des élèves et les différents points abordés :

En quoi la pluralité des médias est un signe de vitalité démocratique ? Les journalistes doivent-ils dire la vérité ou exprimer leurs opinions ? Quelle influence ont-il sur l’opinion publique ? Quelle est la place des réseaux sociaux dans la circulation des (fausses) informations ? Quelle est la différence entre un chroniqueur et un journaliste ? Quel est le rôle des médias dans le respect de la vie privée d’autrui ? Quelle est la fonction d’une presse satirique ? Les journalistes doivent-ils être neutres ou transmettre des valeurs ?

J’ai beaucoup apprécié ce débat, avec des élèves qui avaient pour la plupart une réflexion poussée, tout en restant très personnelle, sur la question.

Voilà pour les séances du mois.

Expositions et animations

Bien que les présentoirs du CDI soient en ce moment surchargés par les nouveautés et le renouvellement du fonds (voir ci-dessous – photo à venir),

j’ai réussi à proposer aux élèves, juste avant le résultat des élections américaines, une exposition sur les États-Unis, avec à nouveau deux affiches, la version classique :

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et la version augmentée :

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Voici l’exposition mise à disposition des élèves au CDI :

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Fin novembre, cette exposition a cédé sa place à une exposition sur la journée mondiale de prévention du SIDA, organisée par ma collègue.

Quant à moi, j’ai commencé à réfléchir aux animations à proposer aux élèves pour les faire patienter jusqu’aux vacances, et là encore, j’en dirai plus dans l’article de décembre.

Gestion, réunions, formations, salons et réflexions professionnelles

J’avais indiqué que je consacrerai une partie de cet article à un peu de cogitation professionnelle le mois dernier, mais il est déjà bien assez long, je garde donc cette idée pour plus tard et j’ajoute juste ci-dessous les quelques activités autres que séances et animations faites durant ce mois-ci :

  • évidemment j’ai consacré un temps certain au catalogage et à la mise à disposition des nouveautés, en particulier pour le rayon philosophie (dont je suis en charge) et pour les rayons littérature et fictions, qui sont partagés.
  • j’ai commencé à m’occuper du questionnaire GIDEC-GECRI qui permet aux enseignants de recevoir des spécimens de manuels scolaires en fin d’année.
  • pas de réunions ni de formations ce mois-ci. Notre proviseur est partie pour devenir directrice académique adjointe de Haute-Savoie, elle n’est toujours pas remplacée, cela a décalé le premier conseil pédagogique de l’année. J’ai pas mal échangé avec mon collègue référent numérique sur différentes applications éducatives à utiliser en classe (dont Prisma, qui permet de retoucher des photos artistiquement). Nous avons également beaucoup échangé sur l’équipement de la mezzanine en ordinateurs et sur le besoin d’une dotation en tablettes, sur laquelle il faut que nous travaillions…
  • deux réunions prévues le mois prochain.
  • pour finir, j’étais à Educatice le mercredi 16 novembre, ce qui m’a permis, entre autre, et comme je l’ai indiqué plus haut, de rencontrer les personnes travaillant pour Wikimédia, et d’avoir de nouvelles idées d’initiatives et de projets à proposer au lycée.

À suivre au mois de décembre.

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Souvenirs de films, souvenirs d’enfances

Dans mes articles cinéphiles, j’évoque souvent certains de mes souvenirs cinématographiques les plus marquants. Il n’est pas rare que je commence un article par « La première fois que j’ai vu tel ou tel film… » ou par « L’un de mes plus beaux souvenirs cinématographiques reste… »

On se souvient souvent d’un film comme d’une rencontre, que ce soit un vrai coup de foudre, un rendez-vous manqué ou une aversion immédiate. Je préfère généralement parler des rendez-vous manqués, auxquels il arrive bien souvent qu’on laisse une seconde chance, ou des coups de foudre, quasiment jamais des aversions…

Témoigner de mes souvenirs cinéphiles me permet de me remémorer certaines scènes, de ponctuer le film d’émotions et de susciter, à la lecture des livres que je parcours, les plus belles scènes à mes yeux, dans un perpétuel aller-retour.

Cet article ne fera pas exception.

J’y évoquerai deux lectures, qui n’ont de commun que le cinéma, et les souvenirs, les miens, et ceux d’un autre. Car je ne suis pas la seule à accorder une telle importance aux souvenirs de films, loin de là.

Premier souvenir

« Un jour mes parents se rendirent à Tunis, la capitale, et m’emmenèrent avec eux voir La strada. Ce devait être en 1956, j’avais donc sept ans. Le film a provoqué en moi une peur incroyable et suscité une répulsion profonde. Tout dans le film m’effrayait. Aussi bien les visages que les corps des comédiens, leurs gesticulations et leur promiscuité. De même le décor, l’Italie pauvre, en noir et blanc, misérable. Si bien que j’ai vu le film sans le voir, par intermittence, les yeux souvent fermés ou baissés. »

C’est par ces quelques lignes que s’ouvrent Les Fantômes du souvenir, de Serge Toubiana, publiés chez Grasset en octobre 2016. Et ces lignes sont l’une des deux raisons qui m’a immédiatement convaincue de lire la suite. La seconde raison, je la donnerai un peu plus tard.

Un souvenir d’enfance, un souvenir de film, le premier film donc. La Strada. On ne peut pas vraiment parler d’un coup de foudre… Lorsque j’ai lu ces quelques lignes, je me suis souvenue moi aussi de ma première Strada : vers quinze ou seize ans, avec mon père, à la télévision : « Tu vas voir, Fellini, c’est magnifique ! » Je ne crois pas avoir été aussi emballée, pas plus par La Strada que par La Dolce vita… mon Fellini à moi reste Fellini Roma, et je n’ai jamais réussi, encore, à revoir La Strada.

Mais revenons à ce livre et à son auteur, Serge Toubiana. Critique de cinéma, il a été rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, directeur de la Cinémathèque française entre 2003 et 2016, et il reste pour moi le co-auteur d’une magnifique biographie de François Truffaut, avec Antoine de Baecque.

Quant à ses Fantômes du souvenir, il est simple, beau, on y fait de belles rencontres (Truffaut, évidemment, Godard, inévitablement, Coppola, Isabelle Huppert…), on y assiste à des événements cinéphiles (anniversaire des Cahiers du cinéma, expositions à la Cinémathèque, projections…), on y observe d’abord la formation d’un cinéphile, puis les coulisses d’une revue, et les coulisses d’une institution.

On y suit des projets tels que la préparation d’un documentaire sur Truffaut, ou la découverte, dans les locaux des Films du carrosse, des bandes sur lesquelles étaient enregistrés les fameux entretiens Hitchcock / Truffaut. On y voit défiler le cinéma en perpétuels allers-retours, présent et passé se côtoient : Henri Langlois et nouvelle Cinémathèque, parcours de cinéastes, portraits d’hier et d’aujourd’hui.

Page après page de cet itinéraire dont on prolonge sans cesse la lecture, dont on diffère sans cesse le moment de le reposer, ce qui m’a le plus frappé, c’est une extraordinaire bienveillance. Hormis La Strada, moins aversion que rendez-vous manqué, et qui fait plus figure d’électrochoc ou de souvenir proustien, Serge Toubiana ne semble retenir que les belles rencontres, les expériences enrichissantes et les émotions.

Et chez cet amoureux de cinéma, vous ne trouverez ni hostilité, ni élitisme, juste (et presqu’exclusivement) les bons souvenirs.

Souvenir d’une rencontre

Je venais d’achever mon Master 1 de Littérature française, et mon directeur de recherche, Jean-François Louette, m’avait enjoint de trouver un sujet de mémoire pour ma deuxième année.

J’avais réussi à le convaincre que mon sujet, tout cinéphile qu’il était (l’influence de Proust dans le cinéma de Truffaut), pouvait tout à fait faire l’objet d’un mémoire de littérature.

Cet été-là, en 2008, Serge Toubiana intervenait à la radio, je ne me souviens plus à quelle fréquence, pour évoquer les entretiens Hitchcock / Truffaut, et l’on m’avait soufflé l’idée de le contacter. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai laissé un commentaire sur le blog qu’il tenait, en tant que directeur de la Cinémathèque française. J’ai eu très vite la surprise de recevoir une réponse, m’invitant à le rencontrer.

Cela peut paraître dérisoire à une personne extérieure, mais entrer dans les bureaux de la Cinémathèque française, patienter dans une salle à côté de personnes qui s’interpellent, demandant si « on n’a pas des nouvelles de Deneuve », s’assoir dans un bureau rempli de livres et de DVD et donnant sur la Seine, et parler de Truffaut avec Serge Toubiana, cela a de quoi impressionner, et avoir toujours envie de remercier, même 8 ans après.

Voilà pour la deuxième raison qui m’a poussée à lire ce livre, où j’ai reconnu à chaque page cette disponibilité et cet indéfectible amour du cinéma, à l’image de la description qu’il fait du réalisateur Wim Wenders à la fin d’un chapitre :

Jamais froid ni intimidant, toujours amical et généreux. Il transmettait mieux que quiconque à cette époque, l’amour du cinéma, l’ancien et le nouveau. Et d’où qu’il vienne.

Et passé ce souvenir, j’en reviens aux souvenirs !

Premiers souvenirs

En relisant la première phrase de Serge Toubiana, je me suis demandée quel film pourrait m’avoir marquée enfant autant que La strada avait pu le marquer.

Évidemment, des films marquants, il y en a eu, aussi bien des Chaplin que des films d’animation, avec, pour mes souvenirs les plus anciens, une prédilection pour les Don Bluth (Fievel, Brisby et le secret de Nimh, Le Petit dinosaure).

Mais il y en a peut-être trois dont le souvenir n’a été ni effacé, ni déformé : Le Roi et l’oiseau, auquel j’avais déjà consacré un article, Cinema Paradiso, dont j’ai parlé à plusieurs reprises, et Barry Lyndon.

Et c’est justement à Barry Lyndon que je pensais au moment où j’ai ouvert Les Fantômes du souvenir, parce qu’au même moment je parcourais Les Archives Stanley Kubrick, publiées généreusement fin 2016 par les éditions Taschen.

Pourquoi généreusement ? Parce que ces archives, comme celles de Chaplin ou plus récemment de Walt Disney, ont été d’abord éditées dans un format « extra large » et à un prix nettement moins abordable… J’espère donc que cette initiative Kubrick sera suivie d’autres, qui mettront à la portée du cinéphile ces superbes documents.

Dans ces archives, on retrouve évidemment une analyse détaillée des films et de la carrière de Kubrick, ainsi que des projets avortés, (le fameux Napoléon dont je ne cesse de vous rabattre les oreilles). Et une large place est laissée à la photographie, ce qui m’a donné envie de revoir Barry Lyndon.

Barry Lyndon

Barry Lyndon… pour moi à l’origine deux cassettes vidéos, première et seconde partie, en français, avec la voix inoubliable du narrateur, Jean-Claude Brialy.

Une histoire en costumes, magnifique, avec des décors somptueux, et des personnages auxquels, petite, je ne comprenais pas grand chose : un garçon un peu niais du fin fonds de l’Irlande, amoureux déçu, qui s’en va jouer au petit soldat, qui change d’uniforme, qui devient joueur, puis qui se marie…

Et puis il y avait cette musique, que j’écoutais en boucle sur cassette audio, et en alternance à mon panthéon musical avec le Let’s dance de David Bowie et le Non homologué de Jean-Jacques Goldman. Une musique incroyable qui vous arrive dans la tronche dès les premières minutes et qui ne vous lâche plus…

Aujourd’hui, Barry Lyndon a pris pour moi une autre mesure.

Il y a toujours la musique, cette scène d’ouverture fascinante, ce narrateur à l’ironie et à la voix envoûtantes :

Je peux difficilement choisir parmi mes scènes préférées, celle des Grenadiers anglais ? celle de la désertion vers la Prusse ? celle du jeu éclairé à la chandelle ? Je reprendrai juste celle de la bataille :

Avec le temps, j’ai compris que je ne parviendrai jamais à ressentir de sympathie pour les personnages : Barry est un amoureux déçu, qui a perdu toutes ses illusions et qui devient une crapule qu’on souhaite tout de même voir arriver à ses fins.

Quasiment tous les autres personnages sont lâches, hypocrites, menteurs, et même les bons laissent indifférents, comme lorsqu’on lit les Liaisons dangereuses, et qu’on se surprend à préférer la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, tout odieux et machiavéliques qu’ils soient, face à la niaiserie et à la candeur de tous les autres.

J’ai appris à apprécier la composition des scènes, la magnifique photographie, et le soin accordé à chaque détail.

Toujours maintenant, j’ai plaisir à voir et revoir Barry Lyndon, il reste mon Kubrick indétrônable… et après de longues recherches, des années de disette où elle n’était plus disponible, j’ai enfin remis la main sur la bande originale, qui reprend sa place dans mon atmosphère musicale.

Et pourtant, il y aura certainement des articles à venir où j’évoquerai des souvenirs cinématographiques qui m’auront marquée tout autant que Barry Lyndon.

Mais je repense à cet article de François Truffaut sur Isabelle Adjani :

Je dis parfois à Isabelle Adjani : « Notre vie est un mur, chaque film est une pierre. » Elle me fait toujours la même réponse : « Ce n’est pas vrai, chaque film est le mur. »

À très bientôt !

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Octobre 2016 : séances et animations du CDI

Déjà les quasiment vacances de la Toussaint, j’ai l’impression que le temps a filé et que je n’ai pas fait la moitié de ce que je voulais faire ce mois-ci !

Mais voici tout de même le compte-rendu de mes activités mensuelles, sans cette fois-ci de réflexion perso-professionnelle, je garde ça peut-être pour le mois prochain…

Séances

TPE

J’ai eu ce mois-ci assez peu de séances hormis la poursuite des TPE. Durant ces séances, après la présentation du « Mémo des TPE » (voir article précédent), des méthodes et des outils de recherche, je suis revenue de manière un peu plus approfondie, mais seulement pour une classe, et en collaboration avec leur enseignant de physique chimie, sur la méthode heuristique.

Pour les élèves qui ont déjà abouti à la formulation de leur problématique, revenir à ce moment sur la démarche heuristique peut être un frein, mais pour ceux qui peinent encore à trouver un sujet et à le délimiter, c’est un bon moyen de se creuser la tête.

J’ai ensuite aidé les élèves dans leur recherche, leur navigation sur le portail e-sidoc du CDI ou dans les rayons, dans l’utilisation de la recherche avancée. J’ai suggéré des méthodes et des pistes de recherche, qui ont été retenues ou non, comme pour ce groupe de ES, qui voulait travailler sur les inégalités hommes / femmes dans le travail et à qui j’avais proposé, en vain, de se pencher sur les métiers du numérique.

Je suis toujours avec curiosité les TPE de L (français et philosophie), que je vois le moins, et à qui je viens parfois en aide indirectement, en pointant une nouvelle ressource dans ma lettre de diffusion adressée aux enseignants. Pourtant certains de leurs choix sont vraiment sympathiques, qu’ils cherchent des ressources sur la différenciation pédagogique, ou sur le bonheur au travail, avec les chief happiness officers et les GAFA…

Accueil des secondes et formation à la recherche

Ce mois-ci, j’ai à nouveau accueilli des élèves de secondes au CDI, accompagnés de leur professeur principal. Deux séances en tout, la première d’une heure entière et la seconde d’une demi-heure.

La première, avec une classe que je retrouverai au retour des vacances en séance de formation à la recherche, m’a permis d’amorcer le sujet. Cette séance s’est déroulée en trois temps :

  1. un temps d’environ un quart d’heure où j’ai « délivré la parole divine » (ce que j’aime le moins durant ces séances) : accueil au CDI, règlement, emprunts, les différentes zones… j’essaye de rendre la chose la plus interactive possible en m’appuyant sur l’expérience des élèves qui seraient déjà venus par eux-mêmes
  2. un temps d’un peu moins d’une demi-heure avec le jeu des petits papiers (voir à nouveau l’article précédent), cette fois-ci bien mieux organisé : les élèves prennent un papier, retrouve le document demandé, le note, me l’apporte, et récupère un autre papier, tout en gardant au fur et à mesure tous les papiers successifs. Après rupture des stocks, on comptabilise l’équipe ayant récolté le plus de papier, et qui a droit à ma reconnaissance éternelle…
  3. un 3e temps d’un quart d’heure, avec une présentation du portail e-sidoc et de la recherche sur internet, disponible ci-dessous :

Cela peut paraître certes un peu rapide, mais j’ai prévu de reprendre cette présentation avec eux en séance de recherche.

Pour la classe qui n’est venue qu’une demi-heure, j’ai fait la présentation « parole divine » et le jeu…

Voilà pour les séances menées ce mois-ci, mais j’ai, comme je l’ai annoncé, un bon petit planning de séances qui s’annoncent au retour des vacances.

Planning des séances

  • séances de formation à la recherche : 2 classes de 2nde (les mêmes que pour la découverte du CDI) en demi-groupe (4h)
  • une séance hebdomadaire en demi-groupe au moins jusqu’aux vacances de Noël, en EMC, sur le thème de l’identité, avec une classe de Première STMG
  • un projet avec une autre classe de Première STMG, toujours en EMC, cette fois sur le thème des médias numériques.

Animations du CDI

Ce mois-ci, j’ai organisé deux expositions.

Fête de la science

La première, sur le modèle « à l’intérieur, les documents du CDI / à l’extérieur, les QR-codes à flasher », était consacrée à la Fête de la science. Comme d’habitude pour ces expos, les QR-codes étant proposés aux élèves dans des espaces du lycée où le portable est autorisé, je n’ai pas de visibilité sur le succès ou l’absence de succès du dispositif.

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https://magic.piktochart.com/output/16246149-fete-de-la-science-2016

J’envisage très sérieusement, au fur à mesure, de jouer sur la notion d’utilisation « pédagogique » des smartphones pour faire rentrer les QR-codes dans le CDI.

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https://magic.piktochart.com/output/16246429-fete-de-la-science-2016-qr-codes

Pour les documents du CDI, voilà une petite idée de ceux qui étaient exposés :

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Semaine du goût

La seconde exposition n’était pas prévue à l’origine. Je dois son organisation aux bonnes idées d’Isabelle Poulain, que je remercie encore vivement !

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Comme j’ai mis en place cette exposition pile au début de la semaine du goût, je n’ai pas pris le temps de faire des QR-codes.

L’idée était donc de proposer des ouvrages de fiction ou de documentaires dont le titre évoquerait les repas, la nourriture, ou l’activité même de manger. Je me suis retrouvée dans le rayon des romans à guetter le moindre titre évocateur, depuis Petit déjeuner chez Tiffany jusqu’à L’Orange mécanique, en passant par des choses un peu plus subtiles Charlotte (pour la charlotte), La Religieuse de Diderot (pour la pâtisserie) ou Le Banquet de Platon… Grâce à mes collègues j’ai aussi trouver des ouvrages qui nous enjoignent à « ne pas avaler ça » ou des romans policiers où les types se « mettent à table » !

Une méthode amusante de connaître son fonds !

Communication

  • Twitter au CDI

La grande nouvelle de ce mois-ci est l’arrivée du CDI sur Twitter, après une heure de réunion avec mes collègues, puis d’une autre heure pendant laquelle nous avons créé le compte, choisi les premiers abonnements et lancé le premier tweet. Si vous voulez plus régulièrement des nouvelles du CDI, abonnez-vous donc à @cdieinstein91 !

Le compte est pour l’instant assez confidentiel, mais j’ai prévu une bonne campagne d’affichage :

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https://magic.piktochart.com/output/17126492-twitter-einstein

Le but est de donner aux élèves des informations générales (réunions, séances), les nouveautés et les expositions organisées par le CDI, et évidemment une veille culturelle et sur l’orientation semblable à ce que j’essayais de faire l’année précédente au collège.

  • Portail e-sidoc

La veille que je transmets chaque semaine aux collègues via l’E-INSTANT CDI me permet également, ponctuellement, d’enrichir le portail e-sidoc.

J’ai déjà évoqué la répartition des tâches proposée par ma collègue. Pour ma part, cette répartition comprend aussi la veille numérique et l’enrichissement du portail en actualités et en ressources culturelles, ce qui me va très bien et contrebalance la gestion des retards et des commandes de matériel !

Voilà ce que cela m’a déjà permis d’ajouter :

Gestion et signalétique

Après m’être fait la main sur le rayon Généralités et sur le rayon Religions, nous avons plongé, ma collègue et moi-même dans le rayon Littérature, où un gros travail de recote et de désherbage nous attendait !

J’ai pu découvrir à cette occasion, de nouvelles perles, rassemblées depuis en réserve sous l’appellation ironique de « fonds patrimonial » et dans l’attente de l’avis ou de la récupération des collègues de lettres…

Après un mois d’effort, et malgré environ encore une étagère entière à traiter, cela commence enfin à ressembler à quelque chose… il ne manque plus que l’arrivée de la commande qui permettra de donner un nouveau coup de jeune à ce rayon !

Indépendamment de cela, j’ai réfléchi à une nouvelle signalétique dans les rayons documentaires qui me sont attribués :

Ce ne sont pour l’instant que des ébauches (surtout pour les rayons en réfection) mais elles ont plu à mes collègues, qui m’ont proposé de les réaliser aussi pour leurs rayons.

Réunions et formation professionnelle

Entre fin septembre et le 18 octobre, j’ai assisté à plusieurs réunions, formations et présentations :

  • le 27 septembre, j’ai assisté à la première réunion de formation de formateurs de l’année.
  • le 5 octobre, j’étais à la première réunion nationale des TraAM Documentation
  • dans le courant du mois, j’ai vu passer l’appel à contribution du MEN sur l’esprit critique

J’ai donc répondu en envoyant mon infographie sur la rumeur, réalisée en mars dernier à l’occasion de la semaine de la presse :

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et ma présentation, également sur la rumeur, réalisée au même moment :

J’en ai profité pour afficher et partager au CDI l’infographie que j’ai vue passer à l’occasion de cet appel à contribution, et que je trouve vraiment chouette… (elle m’a donné de bonnes idées pour la présentation à destination des enseignants et que je veux faire cette année pour la semaine de la presse)

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  • le 12 octobre, j’ai assisté de manière assez enthousiaste à la présentation de la plateforme de lecture Glose,

J’ai tout de suite imaginé des possibilités d’actions et de projets, j’en ai déjà discuté avec le collègue de français qui me laisse ses classes de 2nde à la rentrée pour la formation à la recherche, j’ai déjà créé mon compte et j’envisage de créer un compte pour le CDI et de le relier au compte Twitter @cdieinstein91

  • enfin le 18 octobre, j’ai assisté (ou assisterai, cela dépend du moment où cet article paraîtra) à ma première réunion dans mon nouveau bassin.

Voilà pour ce court mais dense mois d’octobre. Bonnes vacances à tous (du moins à ceux qui ont la chance d’en avoir) et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

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50 ans et pas une ride

Pour ce compte-rendu de lecture du mois d’octobre, j’ai cédé à la tentation d’évoquer un souvenir cinématographique presque unanimement partagé, avec, je l’espère, un peu de légèreté et beaucoup d’humour.

Quatre questions en introduction…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit questionnaire, auquel je vous propose, si vous le souhaitez, de répondre en commentaire.

  1. Quel film vous fait le plus rire ?
  2. Quel film vous fait non seulement le plus rire, mais vous fera rire à nouveau à chaque fois que vous le reverrez ?
  3. Lorsque vous en parlez, de quel film ne pouvez-vous pas choisir une seule scène et dire « c’est celle que je préfère », avant de vous raviser à coup de « Non celle-ci, ou plutôt non, celle-là » ?
  4. Enfin, quel film pouvez-vous voir et revoir au gré de ses rediffusions même si vous en possédez une copie dans votre DVDthèque ?

Vous me répondrez sans doute, pour chaque personne, une réponse différente, et moi-même je serai capable de donner chaque jour une réponse différente (sachant qu’à ce questionnaire, je pourrais aussi bien répondre « la série Kaamelott », ou « les films Mon petit doigt m’a dit ou Le Crime est notre affaire).

Mais je pense tout de même qu’avec une certaine régularité, je tomberai sur un film avec De Funès, et, toujours avec régularité, sur La Grande Vadrouille.

Souvenirs cinématographiques de La Grande Vadrouille

Je ne sais plus si j’ai déjà parlé de La Grande Vadrouille sur ce blog, j’ai dû inévitablement mentionner ce film lorsque j’ai parlé il y a quelques années des dictionnaires thématiques, dont celui consacré à De Funès, et j’ai dû  l’évoquer au moment du décès de Marie Dubois, inoubliable Juliette qui recueille Augustin et Peter Cunningham poursuivis par les allemands.

Je saute donc sur l’occasion – 50 ans, c’est trop beau – et m’attarde quelques instants sur mes souvenirs de La Grande Vadrouille.

Tout d’abord, je ne me souviens absolument pas de la première fois où j’ai vu ce film. Je me souviens de mes premiers Chaplin, de La Nuit américaine, de mes premiers Bogart et Bacall, ou encore du Roi et l’oiseau ou de ma première vision époustouflée de Barry Lindon

Je n’ai aucun souvenir de ma première Grande Vadrouille. Par contre, assez facilement, je dirai que depuis cette première rencontre, j’ai eu l’impression toujours d’être accompagnée par ce film, et de ressentir ce même plaisir, cette même joie, à chacune de nos retrouvailles. La Grande Vadrouille peut ainsi répondre à mes deux premières questions ci-dessus, et également à la quatrième.

Enfin, pour ce qui est des scènes cultes, il est vrai que j’ai bien du mal à me décider, même si la mélomane en moi retiendra évidemment la scène de l’opéra avec De Funès en chef d’orchestre… L’amateur d’absurde se souviendra le rire aux lèvres de l’interrogatoire « De moi vous osez vous foutez ». Le nostalgique retiendra la première rencontre (dans le film, puisqu’ils avaient tourné avant Le Corniaud) entre Bourvil et De Funès :

J’ai également une tendresse particulière pour les scènes aux hospices de Beaune, en particulier celle-ci :

car elle me rappelle Caradoc dans Kaamelott, et ses obsessions culinaires « Le gras c’est la vie », et l’extrait qui suit immédiatement « Dites trente trois, trente trois. – Thirty three, thirty three »…

Bref, c’est avec bonheur, et facilité, que j’ai décidé de ma lecture du mois de septembre, à savoir un livre sorti à l’occasion du cinquantième anniversaire de ce phénomène cinématographique.

Les 50 ans de La Grande Vadrouille

L’ouvrage est sorti, très opportunément, en septembre 2016 : il s’agit de Sur la route de La Grande Vadrouille : les coulisses du tournage, un livre de Vincent Chapeau, préfacé par Danièle Thompson, et sorti aux éditions Hors Collection.

On le présente comme une « édition spéciale 50 ans du film », de 144 pages.

Néanmoins, et c’est là que j’ai cédé à la facilité, ce n’est ni sous cette couverture, ni avec ce nombre de pages que je connais ce livre, mais dans une précédente édition de 2004, celle-ci de 112 pages… j’ignore donc tout des 32 pages supplémentaires, j’essaierai d’y jeter un oeil pour un éventuel addendum !

Voici le livre tel que je le connais, et tel que je l’ai trouvé à l’office de tourisme de Meursault, lors d’un petit séjour des plus sympathiques en Bourgogne il doit y avoir trois ou quatre ans.

Après la préface de Danièle Thompson, et une brève introduction de l’auteur, ce dernier revient en quelques pages sur la genèse de La Grande Vadrouille, depuis le succès du Corniaud en 1965 jusqu’aux démarches de financement, en passant par l’écriture du scénario et les repérages.

Puis le lecteur est embarqué sur un tournage qui débute à Vézelay le 15 mai 1966, pour s’achever le 12 septembre dans un train aux abords de Paris, où un parachutiste anglais s’excuse par mégarde dans sa langue maternelle auprès d’un officier SS. S’ensuivent deux mois de post-production, avant une sortie triomphale en décembre 1966.

S’il n’était peut-être pas de bonne humeur en ouvrant le livre de Vincent Chapeau, parce que les jours raccourcissent, parce que les températures baissent, parce que… parce que… parce que… ce même lecteur va vite se rendre compte que la bonne humeur, l’euphorie, l’humour n’étaient pas que dans le scénario, et sont contagieux.

Il va suivre les comédiens parmi les plus célèbres du cinéma français des années 60-70, et toute une équipe de cascadeurs, décorateurs, figurants, d’abord dans une ambiance bourguignonne festive, entre Meursault, Beaune et Vézelay, puis dans le Cantal, pour enfin se faufiler dans la fourmilière des studios de Boulogne-Billancourt.

Le livre de Vincent Chapeau se déguste comme un bon repas – entrée, plat, dessert – servi avec une bonne bouteille : photos, documents d’archive, lettres, extraits du scénario, repérages géographiques, et évidemment, anecdotes.

Bons repas, bonne humeur et anecdotes de tournage

Comme je l’ai dit plus haut, le périple commence en Bourgogne, et on suit avec délectation les journées de tournage qui s’achèvent soit en dégustations de repas gastronomiques (et autres escargots), soit en visites de caves de la région.

On y attend Bourvil oublié sur la départementale à la fin de la journée par le régisseur, on y observe De Funès faire ses emplettes en verres à vin.

On assiste à des accueils d’habitants toujours fébriles et enthousiastes, à un tournage où chacun des deux larrons émerveillent par leur talent comique, Bourvil toujours chantonnant et de bonne humeur, et qui s’applique à dérider un De Funès taciturne en l’appelant « mon petit poussin »…

Évidemment il y a ce qu’on connait, les anecdotes dont on a forcément entendu parler et qu’on relit avec plaisir, et puis il y a les choses que l’on apprend – ou plutôt que j’ai apprises :

Pêle-mêle :

  • les répétitions harassantes de De Funès pour faire un bon chef d’orchestre,
  • la colère de Terry Thomas à l’idée de devoir tourner une prise supplémentaire dans les eaux froides du zoo de Vincennes,
  • la mort de Gil Delamare, roi des cascadeurs, au beau milieu du tournage, mais sur un autre tournage,
  • les visites de Michèle Morgan à Gérard Oury d’un plateau à l’autre des studios de Billancourt,
  • les difficultés et les tractations pour réussir à tourner dans l’Opéra Garnier,
  • les reconstitutions en studio de la loge présidentielle de l’opéra, des égouts de Paris, des chambres de l’hôtel du globe,
  • le trac de Marie Dubois pour son premier jour de tournage,
  • l’estime et le respect mutuels, et communicatifs, d’un réalisateur et de ses deux acteurs principaux

Le tout suscite en nous, à la lecture de ce livre, une pêche incroyable. On est heureux d’observer ces coulisses, d’assister à ce bonheur, parfois mêlé évidemment d’angoisses professionnelles et d’incertitudes, et on se sent privilégié de pouvoir le faire. Les plus âgés (et pour le coup les plus chanceux) d’entre nous, se rappelleront à cette lecture la sortie en salles de La Grande Vadrouille.

Je me contenterai, personnellement, de tenter une nouvelle fois de me souvenir de la première fois, de la première fois où j’ai vu un bombardier anglais traverser l’écran, se croyant au-dessus de Calais et apercevant la Tour Eiffel. De la première fois où j’ai vu De Funès diriger Faust, de la première fois où j’ai vu Bourvil repeindre une façade.

Et je me souviendrai aussi de tous les films suivants, des uns et des autres. Du Cercle rouge pour l’un, de La Folie des grandeurs pour l’autre…

Et je garderai en mémoire l’impression ultime que m’a laissée ce livre, celle de feuilleter un album de famille, entourée par des êtres exceptionnels par leur talent, leur richesse, leur douceur et leur simplicité.

Et je remercierai, encore une fois, La Grande vadrouille d’exister.

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Septembre 2016 : séances et animations du CDI

Je publie cet article #profdoc avec un peu d’avance, pour équilibrer avec l’article du mois prochain…

Avant de reprendre ce traditionnel article mensuel, j’aimerais commencer cette nouvelle année scolaire par quelques petites réflexions, d’ordre personnel et professionnel, mais sans aucune ambition.

La vie numérique de M…

En effet, avant de parler de mon nouvel établissement et de mon nouveau CDI, j’aimerais m’attarder sur ce phénomène actuel qui consiste à rejeter et à diaboliser le numérique, en partant d’une personne de mon entourage.

M… ne supporte pas le numérique. Si je prends le risque de parler de lui aujourd’hui, c’est bien parce que je sais qu’il ne mettra pas les pieds sur ce blog.

M… a aujourd’hui la soixantaine, il est fonctionnaire au sein de l’éducation nationale, et utilise a minima le numérique dans sa vie professionnelle : il envoie des mails, en reçoit, et, il me semble, maîtrise parfaitement les éléments d’une suite bureautique.

Pourtant, dès qu’il sort de ce cadre professionnel, M… fuit tout contact avec le numérique. Il a un téléphone portable qu’il n’allume que lorsqu’il prend la voiture pour de longs trajets, il ignore ce que sont des SMS ou des MMS, il n’est pas sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’il habite dans une zone mal desservie par internet…

Autour de lui, ses amis, parfois bien plus âgés, échangent des photos sur leur smartphone, sont sur Facebook, et font des achats en ligne.

Régulièrement, M… m’appelle pour me demander de passer une commande, s’indigne des « gamins » toujours sur leurs portables, ne comprend pas pourquoi la banque, EDF, ou le moindre prestataire de service lui demande son adresse mail, ou est exaspéré par ses copains branchés qui essayent de le convertir au numérique.

Sur le plan numérique, tout nous oppose, M… et moi : pour moi, la moindre démarche administrative se fait en ligne, j’y prend mes rendez-vous chez le médecin, j’y consulte mes comptes, j’y remplis ma déclaration de revenus.

J’ai du mal à rester éloignée d’un outil numérique, ordinateur, tablette ou smartphone, je consulte le trafic sur le RER, les dernières actualités, la météo, les embouteillages sur la N104, les dernières infos sur Twitter… et je m’exaspère de la moindre absence de wifi.

M… est un membre de ma famille mais il est loin d’être un cas isolé. Combien de collègues ai-je rencontré, qui refusent tel ou tel projet impliquant un soupçon de numérique parce que « ça prend trop de temps » ou « c’est trop compliqué », ces collègues qui préfèrent encore un affichage papier en salle des profs ou un mot dans leur casier, parce que leur boite mail académique déborde de courrier non lu…

À Ludovia, université numérique, le maire de la ville d’Ax-les-Thermes nous vantait telle ou telle zone de la ville où il n’y avait pas encore de wifi, et nous suggérait de venir nous y ressourcer. Les 3/4 de la salle avaient tablettes, ordis, ou portables à la main.

À la rentrée, on a beaucoup parlé d’un ouvrage dénonçant les méfaits du numérique dans l’éducation. Il était cependant assez comique de voir que les auteurs de ce livre en faisant la promo avec un compte dédié sur Twitter, comme si des végétariens mangeaient de la viande pour se convaincre de ne pas en manger…

Régulièrement, je tombe sur des articles de presse qui évoquent, chez certains, cette peur et ce rejet du numérique, et des innovations technologiques en général.

Et après tout, qui suis-je pour juger ?

Il y a des enseignants formidables qui se passent de numérique, qui s’impliquent et multiplient les projets sans avoir besoin, comme moi, d’être accro à leur smartphone.

Et il y a ceux, dont je fais partie, qui continueront à faire du numérique parce que cela leur convient et parce qu’ils pensent que cela est nécessaire aux élèves pour évoluer dans le monde qui nous entoure.

Il y a des élèves qui sont, malgré l’étiquette « digital natives » qu’on leur colle, bien moins à l’aise avec le numérique qu’on ne se l’était imaginé (j’en ai fait l’expérience en collège).

Il y a ceux aussi qui d’emblée nous dépassent par leur aisance devant un écran – comme cet élève de quatrième l’an dernier, qui apprenait à coder au CDI.

J’aime le numérique dans tout ce qu’il représente d’accès au savoir, à l’information, dans tout ce qu’il facilite en matière de vie quotidienne et de communication, j’aime tout cet éventail de personnes qu’il me fait rencontrer, néophytes ou convertis, observateurs ou acteurs, et je suis consciente de ses dérives et de ses excès.

Même si je l’utilise quotidiennement et si je cherche à impulser des actions qui forment au numérique et qui s’appuient sur ses outils, je ne chercherai jamais à l’imposer professionnellement à quelqu’un…

J’ai simplement du mal avec toutes les personnes qui me tiennent le discours du bout de bois et du « c’était mieux avant ».

Voilà pour ces quelques cogitations personnelles, qui n’ont pas d’autre prétention que de poser à plat ce que je gamberge dans ma petite tête, et dont, j’espère, vous excuserez la platitude.

J’en profite tout de même pour vous renvoyer, si le cœur vous en dit, à la lecture de quelques articles, où sont intervenus sur le sujet notamment Anne Cordier ou Nicolas Le Luherne

Entrons désormais dans le vif du sujet de cet article.

Nouveau CDI, nouvel établissement

Entre l’année dernière et cette année, je fais le grand écart : je passe d’un collège de moins de 300 élèves à un lycée de plus de 1000 élèves. Je passe d’un petit couloir où il suffisait de faire 2 mètres pour être soit à la vie scolaire, soit en salle des professeurs, soit à l’administration, à un labyrinthe qui exige de moi une bien plus grande activité physique. Je passe d’une trentaine d’enseignants à environ 120 profs, je passe d’un poste seul à un double poste (avec deux autres personnes en appui)…

Les contrastes sont nombreux et saisissants. Mais pour ceux qui suivent ce blog depuis quasiment sa naissance, ils savent que finalement, ce lycée et ce CDI ne sont pas nouveaux pour moi… En effet, c’est dans ce lycée que j’ai fait mes premières armes. Je ne me retrouve donc pas complètement en terra incognita, j’ai le dépaysement et la nouveauté sans être désorientée, ce qui est, pour le coup, assez confortable.

Bien-sûr, en quatre ans, ce CDI a évolué, et j’ai dû me réhabituer, aussi, à ne plus être seule à la barre. Je commence d’ailleurs à apprécier certains aspects du double poste, sur lesquels je reviendrai…

Voici donc d’abord à quoi ressemble, visuellement, ce CDI :

Plus grand qu’au collège, mais pas immense non plus. Moins d’ordinateurs que je n’en avais au collège, mais une mezzanine avec vidéoprojecteur.

Concernant le fonds, le CDI dispose de 40 abonnements, et les documentaires sont classés en Dewey. Le fonds est en cours de rénovation, certains rayons ont bien besoin d’être rafraîchis et la tâche est titanesque. Voici donc pourquoi j’apprécie le double poste : une répartition de la gestion des rayons ainsi que des abonnements.

Cette année, je m’occupe des Généralités (000), de la Philosophie (100), de la Religion (200), des Arts (miam du cinéma) – 700 – et d’une partie de la Littérature (sauf littérature étrangère) – 800.

Je suis déjà parvenue, durant ce premier mois, à harmoniser les cotes du rayon 000 et du rayon 200. J’ai jeté un coup d’œil au rayon 100, qui a subi un bon désherbage l’an passé, et j’ai trouvé de belles petites perles dans le rayon 800.

En ce qui concerne les fictions, nous faisons rayons communs. Mais le fonds reste encore relativement peu attrayant, et vieillot. J’ai souvent l’impression de faire de l’archéologie documentaire, à enlever au cutter de vieilles cotes manuscrites maintenues par du scotch jauni (avec parfois plusieurs couches, à passer au carbone 14), et à découvrir la date du premier emprunt (1977) d’une édition des Mythologies de Roland Barthes ou de feuilleter Les Héroïnes de Corneille, édition de 1924, dont je ne sais si un jour il a jamais été emprunté…

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Autant dire qu’il y a de quoi du boulot !

Néanmoins, sur ce CDI partagé, voici ce que j’ai réussi à faire en septembre :

Séances

  • Accueil des secondes

Pour l’instant, je n’ai vu qu’une classe de seconde. Il y en a 11 en tout.

Cette séance d’une heure s’est déroulée en 3 temps : une présentation du CDI et de ses espaces, des conditions de prêts, des équipes, etc., un jeu de piste en équipe de 2 à 3 élèves, avec les petits papiers présentés ci-dessous.

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À chaque fois qu’une des équipes rapporte un papier rempli, elle récupère un autre papier, jusqu’à épuisement du stock. Cela permet aux élèves de se familiariser rapidement, et de manière amusante, avec les différents espaces du CDI.

Durant le 3e temps, ma collègue d’histoire-géo présentait à une moitié de la classe des revues spécialisées, pendant que j’aidais l’autre moitié dans leurs recherches en EMC.

  • TPE

Du fait de nos emplois du temps, les TPE sont répartis entre ma collègue et moi. J’ai une classe de S, une de ES et une de L. Pour l’instant j’ai vu les S et les ES, à qui j’ai fait cette présentation en première séance :

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https://magic.piktochart.com/output/15864748-memo-tpe

Puis à qui j’ai fait ces deux présentations en deuxième séance :

Les présentations sont accessibles directement sur le réseau pédagogique de l’établissement, et j’ai déjà quelques groupes convertis au mur collaboratif.

Je n’ai pas vu les L, qui me posent régulièrement des lapins.

  • Projets à venir

J’ai déjà quelques séances de formation à la recherche programmées avec les secondes, mais pas seulement.

J’ai pu discuter avec quelques collègues et commencer à réfléchir à deux projets en particulier : un en STMG sur la veille, et un en première ES, normalement, sur le numérique, et en particulier sur l’usage des réseaux sociaux dans le cadre de la campagne présidentielle à venir. Je vous tiendrai au courant au fur à mesure que ces projets se construiront.

Pour les ateliers et autres clubs, je n’ai pas encore d’idées précises, si ce n’est un atelier jeux, qui, sans empiéter sur le foyer, permettrait aux élèves de découvrir chaque semaine un nouveau jeu…

Communication

Pour l’instant, encore, je suis en pleines cogitations, mais j’ai réussi à mettre en place quelques petites choses.

  • Lettre de présentation

Même si j’étais déjà connue de certains collègues, j’ai tenu à me présenter à nouveau : voici donc le mail que j’ai envoyé, quelques jours après la rentrée :

Bonjour à tous,

Je me permets de vous adresser ce message afin de me présenter à vous à nouveau.

Ancienne professeure documentaliste stagiaire au lycée Einstein, j’ai travaillé pendant 4 ans au collège Jean Mermoz de Savigny-sur-Orge avant de revenir cette année parmi vous en tant que titulaire, avec beaucoup de bonheur.

Ceux qui me connaissent déjà savent qu’il me tient particulièrement à cœur de travailler avec vous et d’expérimenter de nouvelles choses.

Les thématiques qui m’intéressent sont entre autres les usages pédagogiques et l’identité numériques, la publication en ligne, le cinéma et la littérature. Mais je n’exclue aucun autre thème de travail et serai toujours heureuse et impatiente de travailler avec vous, quoi qu’il arrive !
Je profite également de ce message pour mettre à votre disposition une infographie que j’avais proposé aux enseignants de mon collège l’an dernier (ne vous formalisez donc pas d’y trouver mentionné le nom de mon ancien établissement), et que j’espère pouvoir enrichir durant l’année :
https://magic.piktochart.com/output/10741612-boite-a-outils-du-cdi

N’hésitez pas à venir me trouver ou à m’envoyer un petit message ! Je suis également légèrement accro à la caféine durant les périodes scolaires, en particulier au moment de démarrer la journée…

Bonne fin de semaine et au plaisir de vous retrouver !

Juliette FILIOL
Professeure documentaliste
@JFiliol
Cette première lettre m’a permis d’amorcer des échanges et j’ai eu quelques retours, tous très sympathiques.
  • L’E-instant CDI

J’ai voulu reprendre, en l’adaptant au contexte, à l’existant (une lettre hebdomadaire de la proviseur adjointe) et au public, la lettre de diffusion que je faisais au collège. J’ai donc repris une formule hebdomadaire, en la centrant davantage sur culture, éducation et numérique.

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https://magic.piktochart.com/output/15886286-e-instant-cdi

Pour le nom de cette lettre, il fait référence au nom de l’établissement, le lycée Albert Einstein, « E-instant » commençant comme Einstein, et au numérique avec le E du début.

  • Agenda en ligne

Une première, inspirée des pratiques de certains collègues, j’ai décidé, pour faciliter mon organisation, de mettre à disposition des collègues mon agenda. Cela est aussi motivé par le fait qu’avec le double poste, j’ai souvent des demi-journées, ça me permet de m’y retrouver.

https://calendar.google.com/calendar/embed?src=c7v4b2mlf6jqm3l2tt2joud6b0%40group.calendar.google.com&ctz=Europe/Paris

Animations du CDI

J’ai pu reprendre mes expos thématiques, la première sur les Journées européennes du patrimoine.

Cependant, le règlement intérieur du lycée et le règlement du CDI étant relativement stricts, j’ai dû adapter mes expos augmentées. Voici donc l’affiche que j’ai placée sur la porte du CDI.

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https://magic.piktochart.com/output/15864356-expos-augmentees-lycee

Chacune des expos est « annoncée et prolongée » en dehors du CDI.

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https://magic.piktochart.com/output/16006085-expo-augmentee-jep

Voilà ce que ça donne pour les Journées du patrimoine.

Et c’est tout pour l’instant. Je reste en ébullition et en attente des autres choses à impulser, à reprendre, et à mettre en place. D’ici là, vous retrouverez très bientôt le prochain article cinéphile, avant l’article doc du mois d’octobre…

À bientôt !

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Lectures de l’été 2016

Plutôt que de choisir un livre parmi d’autres pour cet article de rentrée, voici, comme le titre l’indique, une rapide rétrospective de mes lectures de l’été, achevées ou non.

Classiques du cinéma

Pour commencer, voici deux petits livres du même auteur, dans une collection très prometteuse, et tous deux publiés en mai 2016.

Il s’agit de Alien et Shining, de Roger Luckhurst, publiés chez Akileos pour l’édition française, dans la collection « BFI : les classiques du cinéma ». Le BFI, British Film Institute, chargé du développement et de la promotion du cinéma en Grande Bretagne, pourrait être considéré comme l’équivalent de notre CNC (Centre National de Cinématographie).

La collection revendique ainsi de présenter, interpréter et honorer « des films qui ont fait date dans l’histoire du cinéma mondial ».

Les deux ouvrages font moins de cent pages, sont une lecture des plus agréables, et relativement bien illustrés. Le premier est consacré au Alien de Ridley Scott, le second au Shining de Stanley Kubrick, deux références en matière de science-fiction pour l’un, et d’horreur pour l’autre.

L’auteur, professeur de littérature moderne, évoque les films depuis leur genèse jusqu’à la réaction personnelle qu’ils ont suscitée chez lui, en passant par l’accueil critique et public, ou encore son importance esthétique et l’innovation technique ou cinématographique que le film a représenté – et représente toujours.

Ainsi pour Alien, il revient notamment sur les rapports de ce film avec les autres œuvres de science-fiction, littéraires ou cinématographiques, qu’elles soient antérieures ou postérieures à sa sortie, l’élaboration de la créature, ou encore les suites, préquelles et franchises annexes du film.

Pour Shiningdont j’avais un souvenir plus vivace et dont j’ai, du coup, davantage apprécié l’étude, il explique sa place si particulière dans le cinéma d’horreur, dont Kubrick a cassé les codes, la relation entre le réalisateur et Stephen King, l’utilisation de la Steadicam, et suit de manière très chronologique le film, depuis les premières images surplombant les montagnes, jusqu’à la fameuse photographie de 1921 où le spectateur reconnaît Jack Torrance, voyageur d’un temps et d’un espace labyrinthique et circulaire.

Ces deux petites lectures – j’ai lu ces deux livres chacun en une journée – parviennent on ne peut mieux à donner envie au spectateur de revoir le film, et installent avec l’auteur une certaine complicité : c’est un spectateur qui nous parle, et bien que son propos soit argumenté, documenté et réfléchi, ce sont ses émotions et son histoire personnelle de cinéphile que nous partageons.

Pour les amateurs, vous trouverez dans la même collection, « BFI : les classiques du cinéma », un 3e ouvrage consacré au film Brazil, de Terry Gilliam. J’en aurais bien fait aussi la lecture et la critique, mais je n’aurais pas été aussi pertinente, n’ayant malheureusement jamais vu ce film.

Par contre, sont annoncés pour cet automne deux autres numéros : Le Parrain et Les Sept Samouraïs. À moins d’un retard de sortie, vous savez donc déjà de quoi je parlerai sur Cinéphiledoc au mois d’octobre !

Des retrouvailles attendues…

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez ouvert le premier Harry Potter ? (je m’adresse évidemment à ceux qui ont lu les livres et ont vu les films…)

Moi oui. Je me souviens surtout du début de tapage que les livres faisaient, je me souviens de l’édition, Folio Junior, avec trois petits sorciers en robes noires, je me souviens que c’était ma cousine qui m’avait offert le premier, et que j’avais décidé de le lire pour m’occuper pendant un séjour à l’hôpital. Je me souviens que, immédiatement après, j’avais demandé à mes parents les tomes suivants (La Chambre des secrets, Le Prisonnier d’Azkaban et La Coupe de feu), qui étaient déjà sortis.

Puis je me souviens de la fébrilité avec laquelle j’attendais chaque nouveau livre et chaque sortie de film, jusqu’à ne plus pouvoir attendre les traductions et à lire le dernier directement en anglais. Je me souviens des autres petits livres, sur le Quidditch, sur les créatures magiques et Les Contes de Beedle le barde. Je me souviens de la dernière avant-première, du dernier opus en deux parties au cinéma, de ma tristesse à me dire que c’était désormais fini, d’une tristesse encore plus grande à l’annonce de la mort d’Alan Rickman…

Et puis, cet été, enfin, un nouvel Harry Potter ! Je n’en livrerai aucun détail, mais quel plaisir de retrouver ces personnages, certes dans un livre à la forme si particulière (une pièce de théâtre) et qui ne permet pas vraiment de plonger dans l’histoire.

Nous avions les romans pour apprendre à aimer et à reconnaître l’univers d’Harry Potter, de Poudlard, du chemin de Traverse, du ministère de la magie, de Godric’s Hollow…

Nous avons eu les films pour mettre des images sur cet univers. Heureusement, nous avons le souvenir des deux pour lire Harry Potter and the cursed child, avec pour moi l’espoir, peut-être, d’aller voir un jour la pièce de théâtre à Londres.

Retrouver Harry Potter dans ce livre, c’est comme retrouver pour un verre un ami longtemps perdu de vue : on veut à tout prix tout rattraper du temps qui nous a manqué, et c’est justement le temps – et le livre – qui passe trop vite et nous laisse sur notre faim…

Alors certes, ce n’est pas une lecture cinéphile que j’évoque ici, mais, comme pour le livre suivant, elle est tant liée au cinéma, à un univers cinématographique, qu’on ne peut pas la laisser de côté.

Aux origines de Star Wars

Voici un ouvrage que j’ai commencé avec beaucoup de plaisir, mais dont je n’ai pas encore eu le temps d’achever la lecture, ce livre faisant près de 500 pages et étant particulièrement dense.

Il y a quelques temps, je regardais une vidéo, je ne me souviens plus laquelle, sur YouTube (je vais tenter de la retrouver) – ou bien était-ce sur Arte ? je ne sais plus – sur la genèse de Star Wars.

Trouvé !

Dans ce documentaire, les personnes qui intervenaient évoquaient pour la plupart un livre comme l’une des sources d’inspiration de George Lucas. Ils en parlaient avec tant de conviction que j’ai immédiatement eu envie de le lire, car cet ouvrage ne me permettait pas seulement de remonter à la source de Star Wars, mais aussi de comprendre comment Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, bien sûr Star Wars ou encore Le Trône de fer réinventent des mythes millénaires et ont une telle importance pour leurs lecteurs et spectateurs.

Trêve de suspense, cet ouvrage, c’est Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell, publié pour la première fois en 1949. L’exemplaire dont je dispose a été publié en 2013 par les éditions J’ai Lu.

Certes, je n’ai pas fini cette lecture, qui convoque des mythes aussi bien antiques que modernes, mais j’ai pour l’instant suivi avec bonheur les pas de ce héros aux mille et un visages dans ses réponses à l’appel de l’aventure, et j’y ai reconnu aussi bien Gandalf qu’Obiwan Kenobi.

L’auteur passe agréablement d’une histoire à une autre, nous entraînant à sa suite et nous donnant à chaque page le témoignage de leur universalité.

Du côté des séries

Enfin, ma dernière lecture des vacances, et de ce début septembre, a été une lecture achevée, cette fois-ci, en deux jours. J’ai beaucoup entendu parler de cet ouvrage, j’en ai lu beaucoup de bien sur Twitter et dans des articles. Et comme les livres sur les séries sont encore trop rares à mon goût, je n’ai pas résisté à la tentation de me plonger dans celui-ci.

Il s’agit de Sex and the Séries : sexualités féminines, une révolution télévisuelle, un ouvrage d’Iris Brey publié chez Soap éditions en avril 2016.

L’auteur, journaliste et universitaire, revient sur la difficulté que la sexualité féminine a toujours eu à être représentée au cinéma, et sur la façon dont les séries américaines ont pu progressivement la mettre en mots et en images dans toute sa diversité.

Elle y aborde avec justesse, et de nombreux exemples à l’appui (de Buffy à Orange is the new black, en passant par Friends, Game of thrones, Masters of Sex, ou encore Girls), les stéréotypes sexuels féminins, les tabous, les pratiques sexuelles, le plaisir féminin, des questions plus graves comme le viol ou l’inceste, ou encore la représentation des sexualités queer dans les séries.

Elle y recense les progrès qui ont été faits, et ceux qui restent encore à accomplir, et porte sur l’ensemble de ces productions télévisées un regard, certes parfois critique, mais toujours optimiste et jamais moralisateur.

Voilà pour ces quelques livres qui m’ont fait passer un bel été, entre littérature, cinéma et séries, qui m’ont donné envie de voir encore de nouvelles choses et qui m’ont remémoré quelques souvenirs cinéphiles bien agréables.

J’espère que ces quelques comptes-rendus vous auront donné à vous aussi des envies de films et de lectures.

À bientôt !

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#Ludovia13 : avant, pendant, après

Un petit article avant de reprendre les publications régulières de Cinéphiledoc.

Dès demain je serai, comme l’année dernière, à l’université d’été Ludovia, à Ax-les-Thermes. La thématique de cette année est : « Présence, attention et engagement en classe avec le numérique ».

J’ai fait mon premier Ludovia l’an dernier, j’avais publié à cette occasion un petit abécédaire qui faisait le compte-rendu de cette expérience. Cette année, pas d’abécédaire, mais un article en trois temps, comme l’indique le titre.

Dans « Avant », vous retrouverez mon petit programme personnel, les petits points de rendez-vous que je me suis fixée, les explorcamps et tables rondes auxquels je tenterai d’assister (et qui ne correspondent pas toujours à mon formulaire d’inscription, mais l’université étant assez détendue, je ne me fais pas trop de soucis…).

La rubrique me sert aussi d’aide-mémoire personnel, mais elle peut varier très vite, en fonction des derniers mails reçus ou au gré de mes caprices.

Si vous êtes dans les parages, je porterai le mardi et le mercredi des tee-shirt de geek assez reconnaissables, le jeudi quelque chose de plus classique…

Dans « Pendant », vous trouverez des mises à jours de cet article que j’essaierai de faire au fur et à mesure, même si je ne garantis rien.

Enfin, dans « Après », vous trouverez le vendredi ou le lundi suivant Ludovia, des productions, Storify, cogitations, ressentis, etc.

Avant

Mardi 23 août

  • 18h30-19h30 : Table-ronde « Présence, attention, engagement avec le numérique en classe ;  les politiques publiques, la réponse des industriels, des chercheurs et des enseignants est-elle à la hauteur de cette proposition ? » (je ne sais pas encore)
  • Je ne sais pas encore non plus si je vais aux présentations du soir…

Mercredi 24 août

Premières modifications, il est 16h30 le 22 mai. En raison d’une réunion sur les mêmes créneaux au collège d’Ax, je ne pourrai malheureusement pas assister aux 3 Explorcamps suivants, je rumine :

  • 10h45-11h15 : Explorcamp de Marie Soulié : « sur les traces d’Harry Potter, un EPI lettres-anglais qui intègre le numérique »
  • 11h15-11H45 : Explorcamp de Valérie Marcon et Olivier Pingal : « Les évolutions du service en ligne de l’IGN, Edugéo : nouvelle interface et nouveau cahier pédagogique »
  • 11h45-12h45 : Explorcamp ARTE : « Educ’ARTE, le nouveau service  innovant de la chaîne franco-allemande »

Par contre pour l’après-midi, c’est bon, je suis toujours là.

  • 14h-15h30 : Table ronde : MOBILITÉS & PRATIQUES PÉDAGOGIQUES « Quelles possibilités les EIM ouvrent sur le plan pédagogique »
  • 16h30-17h : Explorcamp « Des Fiches pratiques pour utiliser les EIM en classe »
  • 17h30-18h : Explorcamp « Les TraAM arts plastiques, un exemple : le geste digital ».

Jeudi 25 août

  • 9h-10h30 : Table ronde CODES & CULTURE NUMÉRIQUE « Être un citoyen numérique éclairé, les compétences du XXIe siècle ; un enjeu majeur » (je serai obligée de partir un peu avant la fin)
  • 10h45-11H15 : Explorcamp « Nouvelles pratiques pour informer, nouveaux usages pour s’informer… sur les productions académiques en documentation ».
  • 11h45-12h15 : Explorcamp « l’EMI dans les TraAMs »
  • 12h15-12h45 : Explorcamp : « Construction de l’identité citoyenne. S’engager dans la formation, c’est s’engager dans la cité. L’art de ne pas se faire avoir »

Et après, je tournerai sans doute un petit peu, je butinerai d’un Explorcamp à une table-ronde, en fonction de ce qui titille ma curiosité, et en attendant la navette pour reprendre l’avion…

Voilà en tout cas où vous risquez de me trouver durant ces trois jours si vous êtes vous aussi dans les parages 😉

Pendant

Mardi 24 août

Je suis arrivée à Ludovia vers 15h. Après la récupération du badge et du gobelet, voici le détail de cette premiere demi-journée, bien remplie.

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17h-18h : on commence par la détente, direction les thermes, maillot de bain et serviette, je me suis dit que j’allais sécher les discours d’ouverture et arriver directement pour la table ronde à 18h.

18h20 : j’arrive dans la salle de conférence déjà bien remplie… L’ouverture a pris du retard, je retrouve tous les discours que je voulais sécher, et enfin le début de la table ronde.

Petit plus : la présentation des ressources du portail Europeana (@Europeanaeu).

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20h : auberge espagnole du soir, plein de spécialités, c’est sympa et convivial, et le groupe de Edmus met l’ambiance !

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21h20 : présentation plus approfondie d’Europeana avant une soirée Pechakucha : présentations en 20 secondes X 20 diapos sur présence, attention et engagement. Les intervenants sont énergiques, bluffants et le format vraiment sympa.

Mon préféré, en amatrice de la procrastination : celui de Laurence Juin (@frompennylane) qui explique comment elle a failli rater son Pechakucha 🙂

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23h30 : retour aux Chalets d’Ax pour une bonne nuit de sommeil avant de reprendre en fanfare Ludovia dès demain !

Mercredi 24 août 

  • Matin

Comme prévu j’étais en réunion toute la matinée. J’étais au collège d’Ax et j’aurais bien aimé voir le CDI… Mais non.

J’ai donc suivi très aléatoirement les Explorcamps de la matinée. J’ai vu avec plaisir que l’Explorcamp de Marie Soulié sur l’EPI « Sur les traces d’Harry Potter » avait été relayé et que les contenus étaient disponibles sur son blog.

http://tablettes-coursdefrancais.eklablog.com/exemple-epi-lettres-anglais-a125259320

  • Après-midi

14h-15h30 : j’ai assisté avec 2 collègues profs-docs, Audrey Démonière et Marie Ghorayeb, à la table ronde « Quelles possibilités les EIM ouvrent sur le plan pédagogique ».

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Les participants à cette table ronde étaient aussi bien enseignants, DAN, IG ou cheffe de département de la DNE et se sont intéressés à la valeur ajoutée des Équipements Individuels Mobiles ou comment un outil individuel ouvre à un usage collectif et collaboratif.

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Les questions abordées étaient celles de la gestion de l’espace-temps du cours (classe inversée, aménagement de la classe, CDI) et de l’usage responsable et légal des EIM (questions juridiques et techniques, question de la formation des enseignants, plan numérique, cadre de références, BYOD).

Nous avons écouté le témoignage de Stephanie Woessner, enseignante de langues vivantes en Allemagne, sur la manière dont les EIM améliorent la communication entre élèves, puis celui de David Cohen, enseignant d’arts plastiques de l’académie de Nice, porteur d’un projet pédagogique sur l’utilisation des smartphones en classe (geste pictural, captation photographique et vidéo, QR-codes, gestion de l’espace classe…)

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16h30-17h : j’ai assisté à l’Explorcamp de Pascale Montrol-Amouroux sur les usages des équipements individuels mobiles et sur les fiches qui leur sont dédiées sur Eduscol.

17h-17h30 : j’ai assisté au début de l’Explorcamp de David Cohen sur son expérimentation smartphone (déjà esquissée en table ronde plus tôt dans l’après-midi), puis j’ai un peu attendu avec Marie Ghorayeb pour assister à l’Explorcamp sur les TraAM arts-plastiques avant de craquer sous le poids de la chaleur et de décider de retourner aux thermes.

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Une deuxième journée qui s’achève un peu plus tôt que la première, mais tout aussi intéressante et motivante professionnellement, même si demeure la frustration de ne jamais pouvoir tout voir.

Jeudi 25 août

9h-10h : j’ai assisté au début de la table ronde « Etre un citoyen numérique éclairé, les compétences du 21e siècle ; un enjeu majeur », à laquelle participaient 3 enseignants, un chef d’établissement et Richard Galin, chef de projet EMI à la DNE.

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Après avoir tenté de définir la citoyenneté numérique, les intervenants (dont le public) sont revenus sur les enjeux sociétaux, économiques et humains, sur les enjeux positifs et créatifs, et sur les compétences à développer.

Nicolas Le Luherne est revenu sur la crise de la citoyenneté chez les jeunes et sur la question du harcèlement.

Durant les échanges avec le public, sont revenus la nécessité de la formation à l’esprit critique, la transmission des savoirs et le rôle d’exemplarité des enseignants, ainsi que sur plusieurs projets, notamment avec des EPAD. Le chef d’établissement présent, Cédric Merchet, a évoqué l’exemple de son collège et a souligné le rôle du professeur documentaliste.

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10h45-11h15 : J’ai dû quitter cette table ronde avant la fin afin d’aller préparer mon Explorcamp « Nouvelles pratiques pour informer, nouveaux usages pour s’informer… Retour sur les productions académiques en documentation », durant lequel j’ai présenté les productions issues des TraAM documentation et le réseau des IAN documentation, épaulée par Anne Delannoy et Anita Messaoui, IAN de Toulouse et IAN de Montpellier.

Vous pouvez retrouver ma présentation sur Twitter ou, d’ici quelques heures, dans la rubrique « Après » ci-dessous.

Durant cette présentation, j’ai rencontré Claire Balas (@DocMPy), prof doc du collège d’Ax-les-Thermes, qui m’a proposé de venir visiter son CDI !

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11h45-12h30 : j’ai assisté à la présentation de Richard Galin « L’EMI dans les TraAM » puis j’ai essayé de capter quelques moments à la présentation de Nicolas Le Luherne et de Nadya Benyounes sur la formation du citoyen numérique, tout en continuant à tweeter.

https://prezi.com/m/mh-fznrmz-li/construction-de-lidentite-citoyenne/

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14h : j’ai assisté à la prestation endiablée des EdMus qui reprenaient « Happy »…

14h30 : j’ai visité le CDI du collège d’Ax-les-Thermes, où exerce Claire Balas, avec Audrey Démonière et Marie Ghorayeb. Le CDI a fait l’objet de travaux pendant les vacances, c’est donc un CDI avant réaménagement que nous avons visité. Je souhaite donc plein de courage à Claire pour ses premières semaines de reprise et la remercie encore de son accueil très sympa !

16h : j’ai repris la navette pour l’aéroport, d’où je fais les dernières mises à jour de cet article.

Après

Voici le lien de ma présentation à l’explorcamp du 25/08/2016 :

http://www.genial.ly/5790e207b69aa2004cda7411/presentation-ludovia

Et voici le Storify « Cinephiledoc à Ludovia » reprenant l’ensemble de mes tweets et retweets :

https://storify.com/JFiliol/cinephiledoc-a-ludovia13

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Hors-série 4 : D’amour et d’étoiles. Katharine Hepburn / Spencer Tracy

Voici déjà le quatrième et dernier hors-série de l’été sur Cinéphiledoc.

hepburn tracy

Après un couple hollywoodien, Lauren Bacall et Humphrey Bogart, et deux couples du cinéma français, Alain Delon et Romy Schneider, Yves Montand et Simone Signoret, il est temps de refermer cette parenthèse estivale par un autre couple hollywoodien : Katharine Hepburn et Spencer Tracy.

Pour Bacall et Bogart et Montand et Signoret, je connaissais aussi bien l’un des éléments du couple que l’autre, même si pour ces derniers, je les avais plus souvent admirés séparément que réunis.

Delon et Romy et Hepburn et Tracy n’ont rien de comparable, si ce n’est que, dans les deux cas, la filmographie féminine m’est beaucoup plus familière. Je ne connais de Spencer Tracy que les films où il a joué avec Katharine Hepburn, et qui sont véritablement un régal de comédie et d’émotions.

Mais reprenons, pour la dernière fois, notre chemin habituel :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Katharine Hepburn et Spencer Tracy

Katharine Hepburn, née en 1907 et décédée en 2003, est l’une des plus grandes stars hollywoodiennes, à la longévité incroyable à l’écran, au record inégalé de 4 Oscars et à un tempérament de feu. C’est une comédienne d’une fantaisie et d’un humour irrésistible, à découvrir dans les cinq films que je vous propose ci-dessous (liste évidemment non exhaustive) :

  1. Sylvia Scarlett (1935) de George Cukor, avec Cary Grant
  2. L’Impossible Monsieur Bébé – Bringing up Baby (1938) de Howard Hawks, avec Cary Grant
  3. Indiscrétions – The Philadelphia Story (1940) de George Cukor, toujours avec Cary Grant mais aussi James Stewart
  4. The African Queen (1951) de John Huston, avec Humphrey Bogart (voir plus bas)
  5. La Maison du Lac – On Golden Pond (1981) de Mark Rydell avec Henry Fonda et Jane Fonda

Et c’est aussi une comédienne dont même les films que je n’ai pas encore pu voir me font envie, par exemple : Les Quatre filles du Docteur March, de Cukor, dans lequel elle joue Jo ; Marie Stuart, de John Ford, Le Lion en hiver, d’Anthony Harvey, où elle joue Aliénor d’Aquitaine face à Anthony Hopkins, ou encore Une bible et un fusil, un western où elle partage l’affiche avec John Wayne.

Spencer Tracy est également une immense star hollywoodienne, né en 1900 et décédé en 1967, que j’avoue beaucoup moins bien connaître que sa compagne. Hormis les films qu’il a tournés avec elle, je sais simplement que c’était un acteur d’une grande modestie et d’une grande simplicité, et l’un des plus proches amis d’Humphrey Bogart.

Hepburn et Tracy se sont rencontrés sur le tournage de La Femme de l’année (je ne résiste pas à reprendre le récit de leur première rencontre) :

Lors de leur première rencontre, elle s’écria : « Oh, Monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » À quoi Tracy répliqua : « Ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »

Avec La Femme de l’année, sorti en 1942, ils ont partagé l’affiche de neuf films jusqu’en 1967, au décès de Tracy : La Flamme sacrée, Sans Amour, Le Maître de la prairie, L’Enjeu, Madame porte la culotte, Mademoiselle Gagne-Tout, Une Femme de tête, et Devine qui vient dîner ?

Quatre films pour Bacall et Bogart, trois pour Delon et Romy, cinq pour Montand et Signoret, et donc neuf films pour Hepburn et Tracy.

Sur ces neuf films, j’en ai vu trois, le premier, La Femme de l’année, Madame porte la culotte, et le dernier, Devine qui vient dîner ? Tous trois excellents, drôles et émouvants, à l’image de leurs acteurs.

Réunis dans un livre ?

Dans ma bibliothèque, je ne dispose d’aucun livre réunissant, encore une fois, ce couple mythique.

Sur Internet, je n’ai trouvé trace que de deux ouvrages. Le premier a été publié dans les années 70, du vivant donc de Katharine Hepburn, mais évidemment disponible aujourd’hui uniquement d’occasion. Il s’agit de Spencer Tracy et Katharine Hepburn : les amants terribles de Hollywood, de Kanin Garson, publié en français en 1974 (l’édition anglaise date de 1970 et avait pour titre : Tracy and Hepburn : An Intimate Memoir).

Le second a été publié en 2013, uniquement en anglais : Spencer Tracy and Katharine Hepburn : Hollywood’s most famous couple, by Charles Rivers Editors.

Sur Internet, je n’ai rien trouvé d’autres, hormis les articles habituels qui reviennent sur leur histoire, et sur cette vidéo :

Séparément maintenant.

Côté Tracy ?

Je commencerai par Spencer Tracy, assez rapidement, malheureusement, puisque je le connais assez mal.

En ce qui concerne les livres, on ne peut pas dire que Tracy soit des plus chanceux en la matière : je n’ai trouvé aucun livre en français, biographie ou album, qui lui soit consacré.

Et pourtant, il y a eu récemment plusieurs publications outre-Atlantique, la plupart entre 2011 et 2016, et la plus notable semblant être une biographie de James Curtis, Spencer Tracy, paru chez Arrow en 2012, et comptant plus de 1000 pages.

Le personnage semble des plus passionnants, et il est regrettable que, justement, on ne nous le fasse pas mieux connaître…

Il faut donc chercher ailleurs pour en apprendre davantage sur Spencer Tracy.

L’article français de Wikipédia est assez concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

L’article anglais en revanche est beaucoup plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

Pas de site internet qui lui soit entièrement consacré, en revanche, j’ai trouvé cette vidéo hommage, par Burt Reynolds :

ainsi qu’une biographie en vidéo, dont voici la 1ère partie :

Quant à son jeu d’acteur, je ne me souviens pas d’une scène qui m’ait plus marquée que celle de Devine qui vient dîner ?, film sur lequel je reviendrai dans un moment :

Voilà pour le grand Spencer Tracy. Passons à la non moins grande (en tout cas au cinéma) Katharine Hepburn.

Côté Hepburn ?

Katharine Hepburn a suscité davantage de littérature, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

Elle a elle-même publié un premier livre en 1988 sur le tournage de The African Queen, de John Huston, film mentionné plus haut et dans lequel est partage l’affiche avec Humphrey Bogart.

Le titre parle de lui-même et donne le ton : African Queen ou Comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison [« The Making of The African Queen »].

La brochure qui accompagne mon DVD de l’African Queen parle de l’ouvrage d’Hepburn comme d’un récit de tournage « exceptionnel par sa liberté de ton et sa sincérité », mais il ne le cite que très peu, malheureusement.

Cette vidéo revient sur le tournage de ce film, durant lequel Bogart et Huston ont échappé à la dysenterie en ne buvant que du whisky…

Mais Katharine Hepburn ne s’est pas arrêté à publier ses souvenirs de tournage.

Elle a également publié son autobiographie, Moi, Histoires de ma vie, parue en 1993, ainsi qu’un livre de souvenirs, Appelez-moi Kate : confidences de Katharine Hepburn, sorti en 2004 chez Robert Laffont.

Je ne dispose malheureusement ni de l’un, ni de l’autre.

De nombreuses biographies lui ont été consacrées au fil des années : une en 2007, une en 2012, deux en 2016…

Les deux seuls livres qui figurent dans ma bibliothèque sont :

  • un album de Taschen dans la collection Movie Icons, Katharine Hepburn, publié en 2007 ;

  • un beau livre, Katharine Hepburn : les images d’une vie, de Pierre-Henri Verlhac, publié en 2009 aux éditions Verlhac, justement.

Les deux ont le mérite de rendre justice à cette immense star, page après page.

Et sur Internet ?

Là encore, un article français sur Wikipédia un peu concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

Un article anglais bien plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

d’autant qu’il cite dans ses sources une exposition virtuelle consacrée à Katharine Hepburn par la National Portrait Gallery de Washington :

http://www.npg.si.edu/exhibit/hepburn/

Pas de site dédié par contre.

Dans les vidéos, celle que je souhaitais surtout retrouver était, encore une fois, celle d’un documentaire où elle évoquait elle-même sa carrière et sa vie. J’ai trouvé quelque chose d’approchant, même si je ne suis pas totalement sûre que ce soit ce dont il s’agissait :

J’ai également trouvé l’équivalent de l’hommage à Tracy par Burt Reynolds, une vidéo hommage de TCM, avec Anthony Hopkins :

Mais n’oublions pas que Katharine Hepburn est l’une des rares légendes de Hollywood (si l’on excepte bien-sûr Marilyn) a avoir déjà été incarnée au cinéma… mais pas par n’importe qui, ni dans n’importe quel film : par Cate Blanchett, dans Aviator, de Martin Scorsese :

À voir et à revoir pour qui aime le cinéma, les films de Scorsese, Di Caprio, et évidemment, Cate Blanchett…

Terminons à présent ce dernier hors-série de l’été.

Un film avec Hepburn et Tracy

J’aurais pu citer les deux films par lesquels je les ai connus, deux comédies d’une fabuleuse drôlerie, La Femme de l’année et Madame porte la culotte, où Hepburn joue à merveille les femmes indépendantes et modernes, mais agaçantes, et où Tracy joue, déjà, les ours mal léchés avec le cœur sur la main.

Mais le film que je retiens aujourd’hui, je ne le retiens pas seulement pour Hepburn et Tracy, je le retiens aussi pour Sidney Poitier.

Dans ce film, Devine qui vient dîner ?, une jeune femme vient présenter son futur époux à ses parents. Il est noir, elle est blanche, et les deux familles vont se confronter :

Voilà pour ce dernier hors-série de l’été.

Pour les cinéphiles, rendez-vous fin août ou début septembre pour le prochain compte-rendu de lecture.

Pour les docs, je vous présenterai quelques ressources, réflexions, ainsi que mon nouvel établissement dans l’article de fin septembre.

D’ici là, bonne fin de vacances à tous et à bientôt.

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Hors-série 3 : D’amours et d’étoiles. Yves Montand / Simone Signoret

Pour ce troisième hors-série de l’été, c’est à nouveau à un couple du cinéma français que je m’intéresse, même si leurs carrières respectives sont loin de s’être cantonnées aux frontières de l’hexagone.

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Et pour cause, Signoret et Montand sont au cinéma ce que Sartre et Beauvoir sont à la philosophie.

Pourtant, je ne dirais pas cette fois-ci que je connais beaucoup mieux l’un ou l’autre… disons que je les connais beaucoup mieux séparés que réunis au cinéma.

Et pour ce qui est de mon capital sympathie, celui-ci est beaucoup plus détendu que pour mon article précédent. C’est donc parti pour Montand et Signoret.

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Yves Montand et Simone Signoret

Yves Montand est né en 1921. D’une famille italienne installée à Marseille, il y commence sa carrière en 1938 avant de monter à Paris en 1944. Il triomphe grâce au soutien de Piaf, dont il a fait d’abord les premières parties, et avec qui il débute au cinéma dans Étoiles sans lumière en 1945. Séparé de Piaf en 1947, il rencontre Simone Signoret en 1949 et l’épouse en 1951.

De Montand, j’ai d’abord entendu les chansons avant de savoir qu’il était acteur. J’ai été bercée dans une famille où l’on écoutait Brassens et Gainsbourg surtout, mais aussi Brel, Barbara, Piaf, Gréco et aussi Montand. J’ai connu Montand par Les Feuilles mortes, À Paris, Grands boulevards, La bicyclette, ou Au Kabaret de la dernière chance

Simone Signoret est également née en 1921. Elle débute au cinéma en 1941, apparaît comme figurante puis dans des petits rôles, obtient le succès avec Macadam (1946) et Dédée d’Anvers (1947), puis la consécration avec Casque d’or (1951).

De Signoret, mon souvenir le plus ancien, c’est celui de Mathilde dans L’Armée des ombres, un film sur la résistance pendant la Seconde guerre mondiale, d’une beauté et d’une tristesse bouleversantes.

Petit aparté avant de parler de Signoret et Montand au cinéma. Comme je l’ai indiqué, je les connais mieux au cinéma séparément que réunis. Voici donc pour chacun cinq films dans lesquels je les ai particulièrement aimés et que je vous recommande.

  • Montand
  1. Z (1969), de Costa-Gavras
  2. Le Cercle rouge (1970), de Jean-Pierre Melville
  3. La Folie des grandeurs (1971), de Gérard Oury
  4. César et Rosalie (1972), de Claude Sautet
  5. Trois places pour le 26 (1988), de Jacques Demy
  • Signoret
  1. La Ronde (1950), de Max Ophüls
  2. Les Diaboliques (1954), de Henri-Georges Clouzot
  3. L’Armée des ombres (1969), de Jean-Pierre Melville
  4. Le Chat (1971), de Pierre Granier-Deferre
  5. L’Étoile du nord (1982), de Pierre Granier-Deferre

Et ensemble, qu’est-ce que ça donne ? 5 films où ils partagent l’affiche, plus ou moins étroitement.

Un premier film en 1957, Les Sorcières de Salem, librement adapté de la pièce de théâtre éponyme d’Arthur Miller, avec un scénario de Jean-Paul Sartre. La pièce s’appuie sur le procès en sorcellerie s’étant déroulé à Salem (Massachusetts) en 1692 pour dénoncer indirectement le maccarthysme.

Ils jouent dans un deuxième film en 1965, Compartiment tueurs, de Costa-Gavras. Ils apparaissent ensuite tous les deux à l’affiche de Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1966.

En 1970, le même Costa-Gavras les réunit dans L’Aveu, adapté du livre d’Artur London. À Prague, en 1951, un responsable du régime communiste tchécoslovaque est accusé d’espionnage et arrêté. Ses geôliers veulent lui faire avouer des crimes qu’il n’a pas commis, lui font subir tortures et privations, avant de le pousser à réciter des aveux appris par cœur devant un tribunal.

C’est à ce jour, avec Paris brûle-t-il ?, le seul film réunissant Montand et Signoret, que j’ai pu voir.

Leur dernière collaboration a lieu en 1976, avec Police Python 357 d’Alain Corneau.

Réunis dans un livre ?

Le seul livre les réunissant que je connaisse et que j’ai eu le plaisir de feuilleter est un ouvrage de Pierre Lherminier publié en 2005 aux éditions Ramsay dans la collection Ramsay Cinéma : Signoret Montand : Deux vies dans le siècle.

Montand Signoret, qui n’a malheureusement pas été réédité, est un beau livre abondamment illustré, et qui tente de couvrir toutes les facettes de ces deux carrières incroyablement riches : la chanson pour Montand, le cinéma français et international pour les deux, l’écriture pour Signoret, et l’engagement politique, également pour les deux.

À noter que durant mes recherches sur des ouvrages qui seraient consacrés à ces deux monstres sacrés, j’ai trouvé mention d’un livre de la même collection que celle mentionnée dans le premier hors-série : Les couples célèbres des éditions Solar. Un livre très logiquement nommé Yves Montand, Simone Signoret : une passion engagée, et publié en 2001 sous la plume de Nathalie Grzescak.

C’est aussi le seul couple pour l’instant pour lequel j’ai trouvé une vidéo de l’INA : http://www.ina.fr/video/CPF86634410

ainsi qu’un article sur le site de la ville de Saint-Paul de Vence.

Séparément maintenant.

Côté Montand ?

Malheureusement, je n’ai aucun livre dans ma bibliothèque sur Montand… juste le souvenir quand j’étais petite d’un documentaire qui lui était consacré, et qui avait été religieusement enregistré sur vidéocassette : « Monsieur Montand ».

Sauf erreur de ma part, il n’a jamais écrit d’autobiographie, mais j’ai trouvé trace d’un livre publié en 2001 aux éditions du Seuil : Montand raconte Montand, dont voici la description :

MONTAND NOUS A RACONTÉ SA VIE, DE L’AUTOMNE 1988 A L’ÉTÉ 1990. De la maison d’Auteuil à Saint-Paul-de-Vence, nous avons enregistré des dizaines et des dizaines d’heures d’entretien, recueilli la plus longue interview dont puissent rêver des auteurs en quête de leur personnage. Nous travaillions avec méthode, balisant les grandes parties : Piaf et Paris, Simone et Saint-Paul, Marilyn et Hollywood, Khrouchtchev et Moscou. Montand se pliait volontiers au jeu mais s’évadait sans cesse de ce carcan que nous souhaitions lui imposer. C’est un conteur. Il ne raconte pas, il joue, il met en scène, fait revivre les situations. Il ne reste pas assis devant le micro mais déambule en tous sens, gesticule, mime.

Sans doute ces entretiens seront-ils repris dans la publication annoncée pour octobre 2016 par les éditions Nouveau Monde : Montand par Montand.

Quant aux biographies et aux évocations, il y en a pléthore : depuis les souvenirs de Signoret et de sa fille Catherine Allégret, les Lettres à Montand publiées par Carole Amiel, sa dernière compagne, jusqu’aux publications régulières qui lui sont consacrés.

Sur internet, un site lui ai consacré :

http://www.yves-montand-site-officiel.com/

L’article sur Wikipédia semble également assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Montand

Quant aux vidéos, je ne résiste pas à la tentation de citer une quasi source primaire, avec le film Trois places pour le 26 de Jacques Demy, dans lequel il joue (presque) son propre rôle :

Et j’en reviens toujours à mon inévitable Blow Up :

Passons maintenant à Simone…

Côté Signoret ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche, héritage familial d’une admiration profonde vouée à Signoret.

J’y trouve évidemment ses mémoires, d’une qualité d’écriture incomparable et que je recommande vivement : La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était, toujours disponible dans une réédition de 2010 chez Seuil.

J’y trouve également l’ouvrage de sa fille, Catherine Allégret, Les Souvenirs et les regrets aussi, publié en 1994 aux éditions Fixot, mais depuis uniquement disponible d’occasion.

Et puis, trois autres livres (ou plutôt deux), le meilleur d’entre eux étant une biographie d’Emmanuelle Guilcher, Signoret, une vie, parue en 2005 aux éditions Privé, et rééditée en 2010 aux éditions Michel Lafon. Curieusement j’ai les deux éditions dans ma bibliothèque, allez savoir pourquoi…

Sans doute ai-je pensé, suite à la lecture captivante de la première édition que la deuxième était un ouvrage totalement différent, qui abordait un tout autre angle, et je n’ai pas pris la peine de vérifier qu’il s’agissait du même texte. Les deux livres sont donc côte à côte dans ma bibliothèque, et je n’ai jamais songé à me défaire de l’un ou de l’autre…

Enfin le dernier livre en ma possession est Simone Signoret : entre gloire et nostalgie, de Christian Dureau, publié en 2011 aux éditions Carpentier. Il s’agit d’un petit album plutôt sympathique, qui retrace la carrière de Signoret, depuis son nom de ville, Simone Kaminker, et à travers tous les personnages marquants qu’elle a incarné à l’écran : Dédée d’Anvers, Casque d’Or, Mathilde dans L’Armée des ombres

Et sur internet ?

À nouveau, pas de site officiel (à croire que décidément, de ce côté-là, les hommes sont bien mieux lotis que les femmes, si l’on excepte évidemment les sites dégoulinants d’admiration et de bonne volonté gérés par les fans…).

L’article de Wikipédia est correct mais semble perfectible, c’est du moins ainsi qu’il est évalué sur le site :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Signoret

Plus de chances en vidéo, lorsque l’on fait une recherche sur YouTube, même si cette fois, je ne peux pas appeler Blow Up à mon secours…

https://www.youtube.com/results?search_query=simone+signoret

Parmi ces résultats, j’en ai retenu un, où elle évoque elle-même sa carrière :

Un film avec Montand et Signoret

Comme je l’ai souligné plus haut, l’un des seuls films dans lequel j’ai pu voir Signoret et Montand réunis était L’Aveu, film où ils sont maris et femmes, et film où ils sont quasiment tout du long séparés, puisque London (Montand) est arrêté au début du film…

Que l’on souhaite rester dans la gravité, et l’on se tournera davantage vers les films de Signoret, L’Armée des ombres, Le Chat, ou vers les films de Montand les plus engagés et les plus sombres : Z, I comme Icare, Le Cercle rouge

Que l’on recherche quelque chose de moins noir, et l’on pourra aller de l’ironie cinglante, du cynisme des Diaboliques, jusqu’à la drôlerie, la douceur ou la fantaisie de La Folie des grandeurs, du Diable par la queue, de César et Rosalie, de Trois places pour le 26.

Et finalement, avec Signoret et Montand, séparément ou réunis, on aura fait le tour de tout un éventail d’émotions comme seuls savent en jouer les plus grands comédiens.

Et c’est sur ce constat des plus subjectifs que je vous laisse, jusqu’au prochain (et dernier) hors-série de l’été.

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Hors-série 2 : D’amour et d’étoiles. Alain Delon / Romy Schneider

Voici donc le 2e hors-série de l’été.

Pour ces hors-série, j’ai décidé de choisir aussi bien des couples du cinéma hollywoodien, comme pour l’article précédent, que des couples du cinéma français.

J’ai aussi décidé, très arbitrairement, de me concentrer sur des couples dont je connais relativement bien la filmographie, même si, pour certains d’eux, je peux très bien connaître la filmographie d’un élément du couple et beaucoup moins celle de l’autre…

Mon capital sympathie est lui aussi tout à fait variable selon que je regarde d’un côté ou de l’autre.

Passées ces considérations, je reprends le même schéma que pour l’article précédent :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Et c’est reparti !

Alain Delon et Romy Schneider

Et c’est évidemment là que le capital sympathie prend tout son sens.

À nouveau pour paraphraser Blow Up (et nous y reviendrons après) : c’est qui ou plutôt c’est quoi Alain Delon et Romy Schneider ?

Alain Delon est né en 1935 et a incarné dans les années 50-60 le jeune premier à la française au même titre qu’un Gérard Philipe ou qu’un Jean Marais quelques années auparavant, ou qu’un Belmondo à la même époque, ce dernier se distinguant davantage par sa gouaille que par son côté « beau ténébreux ».

Après… et bien après, disons que c’est devenu Delon, un personnage fréquemment caricaturé, qui a sans doute été tenté par l’auto-caricature pour mieux se protéger et dont les rôles récents ne laissent entrevoir que le pâle reflet de ce qu’il a pu être avant…

Romy Schneider est né à Vienne en 1938. Tout a été dit, redit et exagéré sur Romy. Y’a-t-il d’ailleurs une autre comédienne (ou un autre comédien, ne soyons pas sexiste), qu’il suffit d’appeler par ce diminutif affectueux ? Romy : à lui seul il évoque tout de suite à des milliers de cinéphiles des débuts de princesse, une carrière brillante et ce sentiment du tragique, cette impression de manque, de gâchis et d’absence de retenue dans l’émotion…

Un mythe, une icône, autant pour les petites filles que pour les femmes et un idéal à jamais inaccessible pour des comédiennes, bien qu’on ait donné son nom à un prix.

Vous le voyez maintenant, le capital sympathie ? Et encore, j’ai l’impression d’avoir été soft.

Et donc, Alain Delon et Romy Schneider, ça donne quoi ?

Un film en 1958, Christine, qui est un remake d’un film de Max Ophüls, Liebelei, lui-même adapté d’une pièce de théâtre d’Arthur Schnitzler où jouait la mère de Romy, Magda Schneider (et ce qui était plus ou moins le rôle phare de sa carrière). Christine est une bluette tragique quelque peu dégoulinante et plutôt oubliable.

Contrairement, évidemment, à La Piscine, sorti en 1969 : un huis-clos entre un couple, Jean-Paul et Marianne (Alain Delon et Romy Schneider), et le meilleur ami de Jean-Paul et sa fille (Maurice Ronet et Jane Birkin), dans une villa avec piscine.

Enfin, une troisième collaboration en 1971, dans L’Assassinat de Leon Trotsky, de Joseph Losey, que malheureusement je n’ai pas vu.

Et entre 1958 et 1971, des fiançailles en 1959, rompues en 1964, puis la mort de Romy en 1982, les regrets de Delon, ses hommages appuyés, lui devenant de plus en plus un vieux lion, et elle devenant irrémédiablement un mythe.

Réunis dans un livre ?

Personnellement, il n’y a dans ma bibliothèque aucun ouvrage consacré à la fois à Romy Schneider et à Alain Delon, comme il n’y en avait aucun sur Bogart et Bacall.

Néanmoins, pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce couple, ils auront certainement plus de chance que pour Bogart et Bacall, notamment en lisant l’ouvrage de l’un des principaux intéressés :

Foisonnante littérature adepte des hyperboles ! « fiancés de l’éternel », « ils se sont tant aimés », « un amour impossible »…

Côté Delon ?

Il n’y a dans ma bibliothèque qu’un ouvrage consacré à Delon, en tout cas en partie, et c’est cet ouvrage qui, il y a un peu plus de 3 ans, m’avait permis d’inaugurer les fonctions cinéphiles et doc de ce blog, en en faisant le compte-rendu.

Il s’agissait des Grandes gueules du cinéma français : Gabin, Ventura, Belmondo, Delon, un livre de Philippe Lombard, préfacé par le réalisateur Georges Lautner et publié en 2012 aux éditions Express Roularta.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu de cet ouvrage ici.

Pour ce qui est des livres disponibles sur Delon, il y en a un certain nombre, à commencer par l’ouvrage cité plus haut écrit par Delon lui-même, mais rien de très récent ou de très disponible à un prix abordable. La principale référence semble être une biographie en 2 volumes publiée par Henry-Jean Servat au début des années 2000…

Et sur internet ?

L’article qui lui est consacré sur Wikipédia semble assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Delon

Il dispose également d’un site officiel hébergé en Suisse :

http://www.alaindelon.ch

ainsi que d’une page Facebook :

https://www.facebook.com/alaindelon.officiel

Et en vidéo ? J’en reviens à ma référence favorite en la matière : Blow Up.

Côté Romy ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche.

Comme indiqué dans le précédent article, lorsque j’admire un acteur ou un réalisateur et que celui-ci a suscité beaucoup de publications – ce qui est le cas pour Romy Schneider – j’ai au moins une autobiographie ou biographie et un « beau livre » dans ma bibliothèque.

Pour Romy, j’ai 5 ouvrages. (j’illustre cette partie avec les couvertures des livres que je connais, mais les ouvrages ont parfois connu plusieurs éditions, et les miennes ne sont pas forcément les plus récentes)

Le premier, et celui que j’ai depuis le plus longtemps, même si je ne l’ai jamais relu, est Moi, Romy : le journal d’une vie.

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À l’origine, l’ouvrage se trouvait dans la bibliothèque de ma grand-mère, et comme certaines bibliothèques de grand-mère, celle-ci était composée de livres sur la seconde guerre mondiale, de sélections du Reader’s digest et de commandes de France Loisirs (je caricature à peine). Ma grand-mère aimait aussi beaucoup les livres sur le vieux Paris et les vieux métiers…

Toujours est-il que le journal de Romy faisait certainement partie de l’une de ses nombreuses commandes à France Loisirs, étant donné que c’est par eux que le livre en ma possession a été édité en 1989, sans doute après été publié par une première maison d’édition.

Comme je l’ai indiqué, j’ai toujours gardé ce livre mais je ne l’ai jamais relu. Le souvenir que j’en garde, Romy ayant tenu ce journal depuis son adolescence jusqu’à la fin de sa vie, est quelque chose de très émouvant, avec non seulement ce journal écrit mais aussi des transcriptions de lettres et de conversations téléphoniques, avec une plume qui évolue de la jeune fille à la femme, mais aussi avec le sentiment de pénétrer dans une intimité comme un cambrioleur…

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Le second livre est une biographie que l’on m’avait offert il y a quelques années : Romy au fil de la vie, de David Lelait, publiée en 2002 aux éditions Payot. Elle a été réédité en 2012.

J’ai le souvenir d’une lecture très agréable et très respectueuse, pas du tout racoleuse.

Pour le troisième, je passe aux beaux livres. Il s’agit du premier livre de photos que j’ai acheté consacré à Romy, Romy : hommage photographique, de Klaus-Jürgen Sembach, publié en 2005 par les éditions du collectionneur.

Les photos sont surtout des photos promotionnelles et de tournage, même s’il y a quelques photos personnelles. Elles sont précédées d’un court texte de présentation de l’auteur et suivies d’une biographie succincte ainsi que d’une filmographie.

Le quatrième a été mon coup de cœur au moment où je commençais à me constituer une bibliothèque sur le cinéma : Romy, de Johannes Thiele publié en 2007 aux éditions Place des Victoires (et réédité en 2012).

Il s’agit d’un énorme album de photos, ponctué de texte de l’auteur, de citations de Romy Schneider et de témoignages de ceux qui l’ont connue.

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Enfin le dernier livre est peut-être le plus spécifique : Romy dans L’Enfer : Les images inconnues du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, avec le texte de Serge Bromberg, publié en 2009 aux éditions Albin Michel.

Cet ouvrage présente, comme son titre l’indique, des images d’archives du tournage du film L’Enfer, en 1964, tournage interrompu par la mort du réalisateur, Henri-Georges Clouzot. Un film a également été consacré à ce tournage maudit et est sorti en 2009. En voici un extrait :

Depuis sa disparition en 1982, Romy fait l’objet d’une très nombreuse littérature : biographies, hommages photographiques, un an ne passe pas sans que quelqu’un ne vienne ajouter sa pierre à l’édifice, avec plus ou moins de réussite.

Et sur internet ?

Là encore, un article assez complet sur Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Romy_Schneider

Par contre, pour ce qui est des sites qui lui sont dédiés, il s’agit principalement de sites de fans inconditionnels, souvent plein d’enthousiasme, moins souvent de grammaire et d’orthographe…

Je leur préfère la page Facebook qui lui est consacrée :

https://fr-fr.facebook.com/Romy-Schneider-44032826464/

Et comme toujours, l’inévitable numéro de Blow Up :

Un film avec Delon et Romy

Vous l’aurez compris, parmi les trois films qu’ils ont tournés ensemble, si je considère Christine comme une bluette oubliable et si je n’ai jamais vu L’Assassinat de Léon Trotsky, c’est évidemment La Piscine qui remporte tous mes suffrages, et c’est avec lui que je vous laisse :

jusqu’à la prochaine fois.

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