Archives quotidiennes : mars 14, 2017

BD et cinéma

Voici le compte-rendu de lecture du mois de mars.

Je profite pour rédiger cet article de mon regret présent, à savoir le 3e volume d’Enrico Giacovelli sur le cinéma comique américain, dont la sortie, initialement prévue pour février, est désormais annoncée pour la mi-avril.

J’avais réussi, prenant mon mal en patience, le mois dernier, à évoquer les deux petits livres sur Le Parrain et Les Sept samouraïs, mais j’ai été trop prise pour pouvoir fouiner dans les librairies ces derniers temps, du moins dans le rayon cinéma.

J’en profite donc, je le redis, pour rédiger cet article qui me faisait envie depuis longtemps, mais qui va encore susciter quelques regrets de ma part…

BD et cinéma, d’un côté mais pas de l’autre

En effet, cela fait longtemps que pour mes articles cinéphiles, je cherche non seulement dans les rayons documentaires, dans les romans (je ne désespère pas de trouver un bon roman de science-fiction sur le cinéma, je crois que Connie Willis l’a déjà écrit, mais il est pour l’heure introuvable*), mais aussi dans le rayon bandes-dessinées et mangas.

*pour les curieux de Connie Willis, l’auteur de Blitz, voici un résumé de son roman Remake, sorti en 1994, que je rêve de dénicher :

Alis rêve de danser. Elle rêve de devenir la reine des claquettes dans une vraie comédie musicale. « Mais réveille-toi, ma pauvre petite ! » lui dit Tom.
     Car à Hollywood, il y a longtemps qu’on ne tourne plus de films, qu’on n’emploie plus d’acteurs. Depuis la révolution infographique, on ne fait plus que des remakes. On prend les vieux films et on les censure, ou on les trafique. Et c’est ainsi que Marilyn donne la réplique à Tom Cruise ou que Charlie Chaplin tombe amoureux de Sharon Stone…
     En ce moment, le job de Tom consiste à « nettoyer » les classiques (c’est-à-dire visionner les versions originales et couper toute image où apparaissent alcool, tabac ou drogue). Travail de titan : c’est fou la quantité de bourbon ou de champagne que consommaient les héros des films d’antan ! Soudain, évoluant aux côtés de Fred Astaire, il reconnaît… Alis ! Mais non, voyons, ce n’est pas possible ! Ce film a été tourné en 1949 !
     A moins que…
Et voici la couverture, qui fait tout autant rêver, en tout cas moi :

Je suis souvent revenue sur mes méthodes pour trouver des livres, j’ai évoqué ma veille sur le sujet, les maisons d’éditions que j’affectionne, les moments où, en dernier recours, je me rabats sur internet et où je commande un livre sans l’avoir feuilleté avant, je n’ai pas besoin de m’étendre là-dessus à nouveau.

À moins d’être complètement passée à côté d’une pépite, jusque-là, je n’avais pas remarqué que la BD évoque beaucoup le cinéma.

L’inverse est évidemment vrai, la bande-dessinée inspire le cinéma, qui adapte tous les ans tout un stock de bandes-dessinées et de comics, jusqu’à saturation.

Je ne suis pas sectaire et je comprends qu’on souhaite rendre hommage à un univers graphique en l’adaptant à l’écran… mais Boule & Bill ? le Marsupilami ? Les Profs ? et dernièrement Gaston Lagaffe ? Évidemment ça n’exclut pas les réussites (critiques et/ou commerciales) mais parfois j’aimerais que certains héros restent sur le papier… et je me demande quel scénario on pourra tirer de l’humour tout « slapstickien » de Gaston Lagaffe…

Le papier, revenons-y. Si, en faisant quelques recherches, j’ai trouvé des films inspirés de la bande-dessinée, et si j’ai eu quelques infos sur Wikipédia, je n’ai pas toujours trouvé l’inverse, à savoir le cinéma qui inspire la bande-dessinée.

Il y a bien le divin et regretté Gotlib, et son Cinémastock en deux volumes, où il parodie avec délectation des univers cinématographiques connus (films d’aventures, de chevalerie, adaptations littéraires…)

 

Mais je lui préfère définitivement ses Dingodossiers, où il décortique davantage l’univers du cinéma, des acteurs, des réalisateurs, bref… le making of.

Voici donc ci-dessus ma planche préférée de Gotlib, consacrée au cinéma.

Et plus récemment ?

Et bien rien qui retienne mon attention. Mais peut-être me suggérerez-vous quelques titres.

J’ai néanmoins trouvé un article sur le sujet : http://www.comixtrip.fr/tops/top-10-bd-cinema/ et où le Cinémastock de Gotlib figure en bonne place.

Je n’ai trouvé que ce top, mais régulièrement je parcours encore les rayons BD des librairies, à la recherche d’une perle rare qui évoque l’univers du cinéma.

Hommage au cinéma

C’est au CDI que j’ai trouvé mon bonheur, avec l’une de nos acquisitions récentes : La Parole du muet : 1. Le géant et l’effeuilleuse, paru chez Grand Angle en avril 2016.

Je me souviens certes l’avoir aperçu dans les rayons au moment de sa sortie, mais sans doute prise par un autre ouvrage à ce moment, je ne lui avais pas donné sa chance.

À tort, car cette bande-dessinée répondait à toutes mes attentes. BD à six mains – Laurent Galandon pour le scénario, Frédéric Blier (Blier ? voilà un nom bien cinématographique) aux dessins, et Sébastien Bouet aux couleurs – elle rend hommage dès sa première de couverture au cinéma et ne le quitte plus.

Vous pouvez en suivant ce lien lire les premières pages.

L’histoire ?

Le lecteur suit les aventures de Célestin, un gentil géant naïf, lassé de décevoir son père comme clerc de notaire, qui quitte la Province et part s’installer à Paris pour faire du cinéma, avec pour tout bagage une cinéphilie de 1927 qui rappelle celle d’Henri Langlois, et une bonhomie qui ne le quitte pas.

Dans ces coulisses du cinéma encore muet, on croise bonimenteurs, projectionnistes, vedettes, accessoiristes, et les petites mains côtoient les grandes vedettes, que ce soit sur la pellicule ou dans les studios parisiens.

Au détour d’un hall de gare, on aperçoit Méliès dans son magasin de jouet, Méliès déjà sacralisé par Martin Scorsese dans Hugo Cabret, et remis à l’honneur, mais avec la douceur du clin d’oeil, dans cette jolie planche :

Les personnages, esquissés avec délicatesse, sont tous aussi attachants les uns que les autres, et sont tous inoubliables à leur manière : le « bon gros géant » qu’est Anatole, qui a des allures d’Hitchcock avant l’heure, le nain incollable en caméras et en techniques, le pianiste ancien combattant, le propriétaire de salle qui arrondit ses fins de mois avec des projections clandestines réservées aux adultes, et la petite effeuilleuse sourde et muettes qui lit sur les lèvres…

Des créatures fragiles, des freaks touchants de démesure, plongés dans une usine à rêves encore à son adolescence mais déjà impitoyable.

C’est simple, beau, et efficace.

Pour parachever ce beau moment de lecture, on trouve à la toute fin de l’album quelques planches documentées sur le cinéma :

Je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même si le coeur vous en dit, je n’en ai mis qu’un extrait.

Même tardive, cette découverte m’a beaucoup plu, et je vous la recommande d’autant plus que le second tome est annoncé pour début avril.

Je ne lui consacrerai sans doute pas un article entier, mais j’en toucherai quelques mots avant ou après l’ouvrage d’Enrico Giacovelli, si celui-ci daigne sortir un jour !

Sinon, j’ai bien autre chose dans mes étagères, que j’ajouterai en fonction du temps que j’ai, soit à la fin de cet article d’ici la fin du mois, soit dans le prochain.

Avant de me plonger dans la semaine de la presse et ses multiples séances, je vous laisse confortablement installés en compagnie de Gaston, qui vous bercera jusqu’au prochain article #profdoc !

À bientôt !

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