Les vertus infodocumentaires du Post-it et du marque-page

Ils trainent sur nos bureaux. Ils envahissent nos agendas. Ils contaminent nos frigos et nos étagères. J’en ai de différentes couleurs, et de différentes formes. J’en ai chez moi en forme de flèches, et au travail, des classiques carrés, roses, jaunes et verts.

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Usages quotidiens du post-it

J’y écris tout et n’importe quoi : la liste des courses, des numéros de téléphones (sans le nom qui leur correspond, parce que c’est tellement plus amusant de se demander après à qui peut bien être ce numéro), les titres des livres à acheter, des chansons à retrouver, des cadeaux et des choses à faire, dans l’absolu.

Même si j’ai des logiciels sur mes ordinateurs respectifs (personnels et professionnels) qui « virtualisent » le post-it, je n’arrive pas à me passer de son équivalent papier… et cela depuis mes études, parce qu’ils me servaient aussi de marque-page.

Depuis le lycée, quand j’appréciais les livres à étudier, j’avais généralement un exemplaire immaculé, une belle édition, et un exemplaire torturé, corné, annoté, souligné et surligné dans tous les sens, et post-ité de toutes les couleurs, avec les thèmes et les idées marquantes et les citations importantes. Le premier exemplaire avait une place de choix dans la bibliothèque, le second était relégué au coin bureau.

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En ce qui concerne les marque-pages, j’utilise aussi bien les « vrais » marque-pages des librairies et autres boutiques de souvenirs, que tout et n’importe quoi, généralement le premier bout de papier qui me tombe sous la main, et qui peut aussi servir, occasionnellement, de post-it : morceaux d’enveloppes, tickets de métro et de caisse, papiers brouillons… Je recycle.

Historique du marque-pages et du post-it

Je ne savais pas d’où venaient, culturellement, post-it et marque-page. Or, comme je suis d’un naturel curieux, je me suis laissée aller à une petite recherche.

Chacun d’eux est d’abord connu sous une forme « analogique », parfois cuir ou tissu pour le marque-page, plus généralement papier (cartonné). Pour le marque-page, je n’ai pas trouvé de date d’apparition, je n’ai trouvé qu’un article sur Wikipédia, et encore, seulement une ébauche. Même chose pour sa forme numérique. Pour le post-it, j’apprend qu’il a été inventé dans les années 60, et qu’il fait partie de ces inventions dues à la sérendipité, comme la découverte de l’Amérique ou la pénicilline…

Les deux connaissent maintenant une version numérique : logiciels divers et variés pour les post-its, pour Mac ou pour PC, plus ou moins attrayants visuellement ; les marque-pages ou signets servant, quant à eux à désigner les sites internets que l’on fréquente assidument ou que l’on veut à tout prix retrouver.

Réappropriation professionnelle

Adapter ces outils aux apprentissages ou aux usages infodocumentaires fait donc désormais partie de notre quotidien. Côté professionnel, on utilise les marque-page dans le cadre de la veille (techniques du PUSH ou du PULL, portail Netvibes, Pearltrees, fichiers de signets ou de favoris, compte Twitter, page Facebook, Symbaloo ou Scoop-it).

Mais ce qui m’intéresse aussi actuellement, c’est la manière dont l’un et l’autre de ces outils peuvent permettre de promouvoir la lecture. Dans certaines librairies, on trouve des post-its indiquant les coups de coeur des libraires. La chose peut être facilement appliquée en CDI :

  • Une collègue faisait fabriquer aux élèves des marque-pages sous forme de critiques du livre marqué, une manière de faire partager aux autres élèves un coup de coeur de lecture ;
  • La même collègue m’a inspirée aussi une idée cinéphile amusante : créer des marque-pages avec des affiches de cinéma et faire associer aux élèves le film et le livre dont il a été adapté.

Enfin, voici ce que je commence à expérimenter modestement : j’ai voulu moderniser mon rayon géographie, et parallèlement, j’ai acquis des ouvrages de recettes espagnoles et anglaises. Ma collègue professeur d’espagnol a cru que le livre de recette, encore non couvert, était à moi. Elle a commencé à insérer dans le livre des post-its de conseils et d’appréciation des recettes.

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J’ai trouvé l’idée très sympa : j’ai donc demandé la même chose à une collègue d’anglais pour un livre de recettes :

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et à un collègue d’allemand pour un guide sur l’Allemagne :

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Dans quelques jours les élèves pourront les consulter, avec la mention : « Vos professeurs vous font la promo de ces livres », ou quelque chose de ce style (je cherche encore quelque chose d’accrocheur). Je cherche à étendre l’idée à d’autres matières et à d’autres usages (ateliers lecture, critiques artistiques, etc.)

Et vous, quels sont vos usages perso ou pro du post-it et du marque ta page ?

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6 Commentaires

Classé dans Aux infos, etc. !

6 réponses à “Les vertus infodocumentaires du Post-it et du marque-page

  1. Même si le marque ta page me rappelle inexorablement le truculent sketch de Danny Boon, c’est l’utilisation du post it en temps que clin d’oeil dans le livre qui me semble une super idée au CDI ! J’adore aller dans une librairie et voir des post it qui m’expliquent pourquoi le libraire me conseille tel ou tel livre, j’ai l’impression de retrouver le même rapport de proximité que quand je vais au marché et que je discute avec les gens (infiniment plus bavards que le stand de fruits et légumes du Auchan…^^).
    Et sinon je connaissais un bibliothécaire qui mettait des post it à la fin des BD en disant « si tu as aimé Larcenet tu devrais lire Donjon de Sfar… » ou encore, dans les romans à l’eau de rose, des commentaires de type : « Pourquoi tu lis Marc Levy ? Un bon conseil, si tu veux lire un vrai roman d’amour lis « Martin Eden », vraiment… » ou alors « Si tu n’as pas aimé cette BD de Tardy sur la guerre, essaye Adèle Blanc Sec… »…je trouve très intéressante cette discussion paratextuelle ! 🙂
    Alors, tu te sens prête à faire ça ?? 😉

    • ah oui très chouette l’idée de la discussion paratextuelle ! Par contre il faudrait que je limite ça à certains rayons ou que je demande l’ajout d’une ligne budgétaire « post-it » sinon ma gestionnaire va me tuer 😉

  2. J’adoooooooooooooore cette idée!!! Définitivement! Et peut être même que les élèves suivront et mettront leurs propres post-it! Moi j’adorais faire ça à la bibliothèque, je laissais des petits mots dans les livres que j’aimais en commentant ma lecture ou juste « ça va? Faut s’installer confortablement pour bouquiner voyons, là ça ne va pas, vous avez le dos tout tordu! ». J’avais totalement oublié ça… Dans ma bibliothèque, les bib avaient un grand panneau d’affichage « les petits bouts de vous que vous oubliez dans nos livres » toujours remplis! Y’avait des cartes postales, des clefs, des brins d’herbes, des dessins, des photos, des plaquettes de pillules à moitié vides…. J’adorais le regarder; voir les bouts de nous qui apparaissaient et disparaissaient ^^

    • Génial le coup du panneau ! C’est dommage mes loulous n’oublient pas grand chose dans les livres… mais j’aime bien aussi l’idée des petits mots : il faudrait que je leur trouve une application. Sinon j’ai des livres de dessins mangas ou fantazy, et d’autres guides de voyages : je pensais y faire mettre des post-its par d’autres collègues. J’imagine aussi dans les livres de fantastiques, de vampires, etc., mettre des renvois vers des suggestions de lecture, du genre « Tu lis Twilight, c’est bien, si tu essayais Dracula ? »…

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