Les enfants du paradis

Aujourd’hui, j’ai pu assister au vernissage de l’exposition de la Cinémathèque française consacrée au film de Marcel Carné, Les Enfants du Paradis. Ce film, sorti en 1945, après de nombreuses péripéties que raconte l’exposition, va à l’encontre de la plupart des préjugés qu’ont les adeptes du bof et du mouais, à savoir :

  1. Le noir et blanc, c’est vieux ;
  2. Les films longs… sont longs ;
  3. Les histoires d’amour (qui finissent mal, en général) sont niaises.

Trois clichés, trois erreurs, en ce qui concerne ce magnifique film de Carné. Pour moi, on ne commence pas par voir Les Enfants du Paradis en se disant « Je vais regarder Les Enfants du Paradis ». Il y a d’abord ce titre. Parfois, le titre d’une oeuvre est tout à la fois une telle énigme et une telle évidence que l’on sait très bien qu’elle ne pourra pas décevoir.

Ensuite, la première fois que j’ai pu voir ce film, j’ai été frappée par cette multitude de personnages et l’intrigue foisonnante, qui mêle l’histoire réelle et l’invention, la vie et le théâtre, le muet et le parlant, le drame et le meurtre, la magie du quotidien et l’exceptionnel de l’amour dans le Paris de 1830. Rencontrer une fois l’un des personnages, c’est le garder très longtemps en mémoire : il y a Baptiste, le mime rêveur, Frédéric, l’acteur prodige, Garance, l’amoureuse, Lacenaire, le criminel poète, le marchand d’habits déguenillé et gouailleur, l’aristocrate, la femme aimante et jalouse… J’en oublie très certainement.

Quant à l’histoire, on peut difficilement la résumer. Dire qu’il s’agit d’un film où tous les hommes sont amoureux de la même femme, c’est trop simple, trop réducteur. En dire plus, ça ne sera jamais assez.

Les dialogues sont de Prévert, et sont devenus des morceaux cultes du cinéma français : « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour » ; « Voilà seulement deux minutes que nous vivons ensemble et vous voulez déjà me quitter » ; mon préféré :

« Je tremble parce que je suis heureux. Et je suis heureux parce que vous êtes là, tout près de moi. Je vous aime, et vous, Garance, m’aimez-vous ?

– Vous parlez comme un enfant. C’est dans les livres qu’on aime comme ça, et dans les rêves. Mais dans la vie !

– Les rêves, la vie, c’est pareil, ou alors ça vaut pas la peine de vivre. Et puis, qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse la vie ? C’est pas la vie que j’aime, c’est vous ! »

Maintenant, cette exposition à la Cinémathèque. Disons, qu’elle captive dès le début, puisqu’elle présente dès l’entrée une reconstitution d’un élément du décor, le théâtre des funambules, avec le fauteuil et la caméra de Carné. On retrouve gravures, tableaux et photographies, consacrés aux décors, aux scénaristes, aux costumes. Une salle entièrement dédiée aux acteurs, avec un immense portrait en nu d’Arletty et des costumes. Des affiches et des extraits de films, ainsi que des interviews. Les anecdotes sur le tournages et les comédiens sont très intéressantes. Une salle annexe présente des archives sur les autres films de Carné. Et comme d’habitude pour la Cinémathèque, le catalogue de l’exposition est particulièrement bien soigné, et je ne résiste pas à la tentation de le prendre.

Exposition Les Enfants du Paradis, du 24 octobre 2012 au 27 janvier 2013, à la Cinémathèque. Pour plus de renseignements, voir le site internet, et pour une mise en bouche, c’est ici.

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