Docteur Sean et Mister Bond

© Columbia TriStar Films

Je profite honteusement des cinquante ans de l’agent 007, et de la sortie tant attendue par certains du dernier opus de la série, Skyfall, avec le taciturne Daniel Craig, pour piocher un peu dans les articles qui sont parus à cette occasion, notamment sur le site du Monde.

Je fais un peu figure d’amatrice en la matière. Je n’ai lu aucun des livres de Ian Fleming.  J’ai une préférence marquée et assumée pour James Bond version Sean Connery, malgré sa misogynie symptomatique et sa façon nonchalante de se tirer de toute situation – elle me fait penser à Legolas venant à bout d’un oliphant ou descendant un escalier sur un bouclier dans le Seigneur des anneaux. Sa nonchalance exaspère tout autant qu’elle fait sourire. Mieux, mon admiration pour l’acteur me fait oublier le rôle ingrat de ses James Bond girls successives, et le peu de cas qu’il fait d’elles, en particulier dans Goldfinger, où il les rembarre aussi bien qu’il les envoient voltiger dans un tas de foin.

Goldfinger reste mon film de prédilection, avec ses répliques cultes : « You expect me to talk ? – No, Mr Bond, I expect you to die », « A Martini. Shaken, not stirred », ses méchants particulièrement réussis, sa James Bond girl Honor Blackman, ex-compagne de John Steed dans The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir) et nommée de manière très très suggestive Pussy Galore, et son Aston Martin avec siège éjectable intégré…

Mais j’assume, j’aime James Bond pour Sean Connery, et Sean Connery avant et après James Bond. Je l’apprécie surtout dans Marnie (Pas de printemps pour Marnie) d’Hitchcock, où il tombe amoureux d’une voleuse frigide – Tippi Hedren – qu’il va tenter de soigner, et Marnie reste contemporain de sa période James Bond. Il est époustouflant de Le Crime de l’Orient-Express de Sidney Lumet, où il incarne un officier des Indes britanniques très… classe. Je ne l’ai malheureusement pas vu encore dans Le Nom de la rose, mais pour moi, la qualité du troisième Indiana Jones, La dernière croisade, lui doit beaucoup :  » I suddenly remembered my Charlemagne : « Let my armies be the rocks and the trees — and the birds in the sky. » Quant à son caméo dans Robin des bois, Prince des voleurs, il reste la cerise sur le gâteau du film.

Et mon film préféré, où il apparaît vieillissant mais néanmoins impeccable, est A la rencontre de Forrester (Finding Forrester) que je recommande à tous ceux qui aiment la littérature et l’écriture, et la confrontation de deux mondes qui n’étaient pas censés se connaître : un écrivain cloîtré dans son appartement – Greta Garbo au masculin – auteur du roman du siècle, qui se lie d’amitié avec un jeune noir du Bronx, doué pour écrire. Là encore, des dialogues bien menés « No thinking — that comes later. You must write your first draft with your heart. You rewrite with your head. The first key to writing is… to write, not to think« , une histoire prenante, et cet irrésistible accent écossais qui fait que « Scotland » devient « Schcotland, for god sake ! »

Du coup, selon moi, Scotland, avec un [ch] c’est mieux, tout comme James Bond, avec un Sean, c’est mieux…

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