Potager documentaire

L’univers des bibliothèques et des centres de documentation ressemble à un jardin, plus ou moins bien entretenu. On y emploie avec délectation des métaphores fleuries pour désigner les actions les plus quotidiennes, aussi bien du professionnel que de l’usager. Ces métaphores recouvrent en effet aussi bien les méthodes de classification et de gestion que les méthodes de recherche de l’information.

J’ai déjà évoqué les systèmes de classification des documents, que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel. On classe les documents par supports – revues, livres, DVD – par genres – documentaires ou fiction – et par thèmes. Les thèmes se déclinent selon dix catégories : généralités (000), philosophie (100), religions (200), sciences sociales (300), langues (400), sciences pures (500), sciences appliquées (600), arts (700), littérature (800), et histoire-géographie (900).

Ensuite, selon le degré de précision du sujet, on ajoute des dizaines, des unités et des décimales. Un ouvrage sur le cinéma va donc être classé en 791.43 : 700 pour les arts, 90 pour les arts du spectacles, 1 pour les représentations scéniques, .43 pour le cinéma. J’ai l’habitude de dire aux élèves que c’est comme sur les boites de vache qui rit : la boucle d’oreille de la vache qui rit représente la vache qui rit, qui a elle-même une boucle d’oreille…

Ce qui me plait dans ces classifications, ce sont les manières dont on cherche à les faire comprendre. Pour moi c’est la métaphore de la vache qui rit. Mais le principe de l’arbre fonctionne très bien aussi. Et dans les écoles primaires, on utilise la marguerite Dewey, chaque pétale symbolisant un thème.

En documentation, on utilise aussi un concept qui fait ouvrir des yeux ronds comme des billes aux personnes qui ne sont pas familières de notre univers : le désherbage (ou élagage au Canada). Il ne s’agit pas de faire dans un coin de notre réserve ou derrière la banque de prêt, une petite culture de plantes plus ou moins licites. Le désherbage est simplement la technique qui permet d’éliminer des documents ne répondant plus aux exigences des professionnels et des usagers, pour les remplacer par d’autres documents. Ainsi, quand un livre est trop vieux, que ces informations ne sont plus d’actualité ou qu’il lui manque des pages, on le désherbe. Un livre de géographie sur l’Allemagne, datant de 1980, auquel il manque les pages 120 à 150, et qui parle comme du dernier scoop de la RDA et de la RFA, remplit complètement ces critères, à moins que des conservateurs chevronnés décident de le faire passer du rayon géographie au rayon histoire.

Enfin, pour finir avec ces métaphores botaniques, on parle, lorsqu’on évoque certaines méthodes de recherche, de « butinage », que ce soit sur Internet ou face à des documents physiques. Le butinage est la pratique qui consiste à fouiner, se promener dans les rayons et de lien en lien Internet, pour « faire son miel » de l’information que l’on récolte, trouver ce que l’on s’attendait – ou pas – à trouver. Le butinage rejoint la notion de « sérendipité », développé dans cet article d’Internet Actu, un de mes sites favoris…

Plus que jamais, c’est dans le cadre de la documentation, et usagers et professionnels se rejoignent, que s’imposent à nous la nécessité de « cultiver notre jardin ».

 

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