#Ludovia13 : avant, pendant, après

Un petit article avant de reprendre les publications régulières de Cinéphiledoc.

Dès demain je serai, comme l’année dernière, à l’université d’été Ludovia, à Ax-les-Thermes. La thématique de cette année est : « Présence, attention et engagement en classe avec le numérique ».

J’ai fait mon premier Ludovia l’an dernier, j’avais publié à cette occasion un petit abécédaire qui faisait le compte-rendu de cette expérience. Cette année, pas d’abécédaire, mais un article en trois temps, comme l’indique le titre.

Dans « Avant », vous retrouverez mon petit programme personnel, les petits points de rendez-vous que je me suis fixée, les explorcamps et tables rondes auxquels je tenterai d’assister (et qui ne correspondent pas toujours à mon formulaire d’inscription, mais l’université étant assez détendue, je ne me fais pas trop de soucis…).

La rubrique me sert aussi d’aide-mémoire personnel, mais elle peut varier très vite, en fonction des derniers mails reçus ou au gré de mes caprices.

Si vous êtes dans les parages, je porterai le mardi et le mercredi des tee-shirt de geek assez reconnaissables, le jeudi quelque chose de plus classique…

Dans « Pendant », vous trouverez des mises à jours de cet article que j’essaierai de faire au fur et à mesure, même si je ne garantis rien.

Enfin, dans « Après », vous trouverez le vendredi ou le lundi suivant Ludovia, des productions, Storify, cogitations, ressentis, etc.

Avant

Mardi 23 août

  • 18h30-19h30 : Table-ronde « Présence, attention, engagement avec le numérique en classe ;  les politiques publiques, la réponse des industriels, des chercheurs et des enseignants est-elle à la hauteur de cette proposition ? » (je ne sais pas encore)
  • Je ne sais pas encore non plus si je vais aux présentations du soir…

Mercredi 24 août

Premières modifications, il est 16h30 le 22 mai. En raison d’une réunion sur les mêmes créneaux au collège d’Ax, je ne pourrai malheureusement pas assister aux 3 Explorcamps suivants, je rumine :

  • 10h45-11h15 : Explorcamp de Marie Soulié : « sur les traces d’Harry Potter, un EPI lettres-anglais qui intègre le numérique »
  • 11h15-11H45 : Explorcamp de Valérie Marcon et Olivier Pingal : « Les évolutions du service en ligne de l’IGN, Edugéo : nouvelle interface et nouveau cahier pédagogique »
  • 11h45-12h45 : Explorcamp ARTE : « Educ’ARTE, le nouveau service  innovant de la chaîne franco-allemande »

Par contre pour l’après-midi, c’est bon, je suis toujours là.

  • 14h-15h30 : Table ronde : MOBILITÉS & PRATIQUES PÉDAGOGIQUES « Quelles possibilités les EIM ouvrent sur le plan pédagogique »
  • 16h30-17h : Explorcamp « Des Fiches pratiques pour utiliser les EIM en classe »
  • 17h30-18h : Explorcamp « Les TraAM arts plastiques, un exemple : le geste digital ».

Jeudi 25 août

  • 9h-10h30 : Table ronde CODES & CULTURE NUMÉRIQUE « Être un citoyen numérique éclairé, les compétences du XXIe siècle ; un enjeu majeur » (je serai obligée de partir un peu avant la fin)
  • 10h45-11H15 : Explorcamp « Nouvelles pratiques pour informer, nouveaux usages pour s’informer… sur les productions académiques en documentation ».
  • 11h45-12h15 : Explorcamp « l’EMI dans les TraAMs »
  • 12h15-12h45 : Explorcamp : « Construction de l’identité citoyenne. S’engager dans la formation, c’est s’engager dans la cité. L’art de ne pas se faire avoir »

Et après, je tournerai sans doute un petit peu, je butinerai d’un Explorcamp à une table-ronde, en fonction de ce qui titille ma curiosité, et en attendant la navette pour reprendre l’avion…

Voilà en tout cas où vous risquez de me trouver durant ces trois jours si vous êtes vous aussi dans les parages😉

Pendant

Mardi 24 août

Je suis arrivée à Ludovia vers 15h. Après la récupération du badge et du gobelet, voici le détail de cette premiere demi-journée, bien remplie.

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17h-18h : on commence par la détente, direction les thermes, maillot de bain et serviette, je me suis dit que j’allais sécher les discours d’ouverture et arriver directement pour la table ronde à 18h.

18h20 : j’arrive dans la salle de conférence déjà bien remplie… L’ouverture a pris du retard, je retrouve tous les discours que je voulais sécher, et enfin le début de la table ronde.

Petit plus : la présentation des ressources du portail Europeana (@Europeanaeu).

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20h : auberge espagnole du soir, plein de spécialités, c’est sympa et convivial, et le groupe de Edmus met l’ambiance !

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21h20 : présentation plus approfondie d’Europeana avant une soirée Pechakucha : présentations en 20 secondes X 20 diapos sur présence, attention et engagement. Les intervenants sont énergiques, bluffants et le format vraiment sympa.

Mon préféré, en amatrice de la procrastination : celui de Laurence Juin (@frompennylane) qui explique comment elle a failli rater son Pechakucha🙂

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23h30 : retour aux Chalets d’Ax pour une bonne nuit de sommeil avant de reprendre en fanfare Ludovia dès demain !

Mercredi 24 août 

  • Matin

Comme prévu j’étais en réunion toute la matinée. J’étais au collège d’Ax et j’aurais bien aimé voir le CDI… Mais non.

J’ai donc suivi très aléatoirement les Explorcamps de la matinée. J’ai vu avec plaisir que l’Explorcamp de Marie Soulié sur l’EPI « Sur les traces d’Harry Potter » avait été relayé et que les contenus étaient disponibles sur son blog.

http://tablettes-coursdefrancais.eklablog.com/exemple-epi-lettres-anglais-a125259320

  • Après-midi

14h-15h30 : j’ai assisté avec 2 collègues profs-docs, Audrey Démonière et Marie Ghorayeb, à la table ronde « Quelles possibilités les EIM ouvrent sur le plan pédagogique ».

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Les participants à cette table ronde étaient aussi bien enseignants, DAN, IG ou cheffe de département de la DNE et se sont intéressés à la valeur ajoutée des Équipements Individuels Mobiles ou comment un outil individuel ouvre à un usage collectif et collaboratif.

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Les questions abordées étaient celles de la gestion de l’espace-temps du cours (classe inversée, aménagement de la classe, CDI) et de l’usage responsable et légal des EIM (questions juridiques et techniques, question de la formation des enseignants, plan numérique, cadre de références, BYOD).

Nous avons écouté le témoignage de Stephanie Woessner, enseignante de langues vivantes en Allemagne, sur la manière dont les EIM améliorent la communication entre élèves, puis celui de David Cohen, enseignant d’arts plastiques de l’académie de Nice, porteur d’un projet pédagogique sur l’utilisation des smartphones en classe (geste pictural, captation photographique et vidéo, QR-codes, gestion de l’espace classe…)

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16h30-17h : j’ai assisté à l’Explorcamp de Pascale Montrol-Amouroux sur les usages des équipements individuels mobiles et sur les fiches qui leur sont dédiées sur Eduscol.

17h-17h30 : j’ai assisté au début de l’Explorcamp de David Cohen sur son expérimentation smartphone (déjà esquissée en table ronde plus tôt dans l’après-midi), puis j’ai un peu attendu avec Marie Ghorayeb pour assister à l’Explorcamp sur les TraAM arts-plastiques avant de craquer sous le poids de la chaleur et de décider de retourner aux thermes.

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Une deuxième journée qui s’achève un peu plus tôt que la première, mais tout aussi intéressante et motivante professionnellement, même si demeure la frustration de ne jamais pouvoir tout voir.

Jeudi 25 août

9h-10h : j’ai assisté au début de la table ronde « Etre un citoyen numérique éclairé, les compétences du 21e siècle ; un enjeu majeur », à laquelle participaient 3 enseignants, un chef d’établissement et Richard Galin, chef de projet EMI à la DNE.

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Après avoir tenté de définir la citoyenneté numérique, les intervenants (dont le public) sont revenus sur les enjeux sociétaux, économiques et humains, sur les enjeux positifs et créatifs, et sur les compétences à développer.

Nicolas Le Luherne est revenu sur la crise de la citoyenneté chez les jeunes et sur la question du harcèlement.

Durant les échanges avec le public, sont revenus la nécessité de la formation à l’esprit critique, la transmission des savoirs et le rôle d’exemplarité des enseignants, ainsi que sur plusieurs projets, notamment avec des EPAD. Le chef d’établissement présent, Cédric Merchet, a évoqué l’exemple de son collège et a souligné le rôle du professeur documentaliste.

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10h45-11h15 : J’ai dû quitter cette table ronde avant la fin afin d’aller préparer mon Explorcamp « Nouvelles pratiques pour informer, nouveaux usages pour s’informer… Retour sur les productions académiques en documentation », durant lequel j’ai présenté les productions issues des TraAM documentation et le réseau des IAN documentation, épaulée par Anne Delannoy et Anita Messaoui, IAN de Toulouse et IAN de Montpellier.

Vous pouvez retrouver ma présentation sur Twitter ou, d’ici quelques heures, dans la rubrique « Après » ci-dessous.

Durant cette présentation, j’ai rencontré Claire Balas (@DocMPy), prof doc du collège d’Ax-les-Thermes, qui m’a proposé de venir visiter son CDI !

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11h45-12h30 : j’ai assisté à la présentation de Richard Galin « L’EMI dans les TraAM » puis j’ai essayé de capter quelques moments à la présentation de Nicolas Le Luherne et de Nadya Benyounes sur la formation du citoyen numérique, tout en continuant à tweeter.

https://prezi.com/kk751-zginxz/edit/#5_1369547

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14h : j’ai assisté à la prestation endiablée des EdMus qui reprenaient « Happy »…

14h30 : j’ai visité le CDI du collège d’Ax-les-Thermes, où exerce Claire Balas, avec Audrey Démonière et Marie Ghorayeb. Le CDI a fait l’objet de travaux pendant les vacances, c’est donc un CDI avant réaménagement que nous avons visité. Je souhaite donc plein de courage à Claire pour ses premières semaines de reprise et la remercie encore de son accueil très sympa !

16h : j’ai repris la navette pour l’aéroport, d’où je fais les dernières mises à jour de cet article.

Après

Voici le lien de ma présentation à l’explorcamp du 25/08/2016 :

http://www.genial.ly/5790e207b69aa2004cda7411/presentation-ludovia

Et voici le Storify « Cinephiledoc à Ludovia » reprenant l’ensemble de mes tweets et retweets :

https://storify.com/JFiliol/cinephiledoc-a-ludovia13

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Hors-série 4 : D’amour et d’étoiles. Katharine Hepburn / Spencer Tracy

Voici déjà le quatrième et dernier hors-série de l’été sur Cinéphiledoc.

hepburn tracy

Après un couple hollywoodien, Lauren Bacall et Humphrey Bogart, et deux couples du cinéma français, Alain Delon et Romy Schneider, Yves Montand et Simone Signoret, il est temps de refermer cette parenthèse estivale par un autre couple hollywoodien : Katharine Hepburn et Spencer Tracy.

Pour Bacall et Bogart et Montand et Signoret, je connaissais aussi bien l’un des éléments du couple que l’autre, même si pour ces derniers, je les avais plus souvent admirés séparément que réunis.

Delon et Romy et Hepburn et Tracy n’ont rien de comparable, si ce n’est que, dans les deux cas, la filmographie féminine m’est beaucoup plus familière. Je ne connais de Spencer Tracy que les films où il a joué avec Katharine Hepburn, et qui sont véritablement un régal de comédie et d’émotions.

Mais reprenons, pour la dernière fois, notre chemin habituel :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Katharine Hepburn et Spencer Tracy

Katharine Hepburn, née en 1907 et décédée en 2003, est l’une des plus grandes stars hollywoodiennes, à la longévité incroyable à l’écran, au record inégalé de 4 Oscars et à un tempérament de feu. C’est une comédienne d’une fantaisie et d’un humour irrésistible, à découvrir dans les cinq films que je vous propose ci-dessous (liste évidemment non exhaustive) :

  1. Sylvia Scarlett (1935) de George Cukor, avec Cary Grant
  2. L’Impossible Monsieur Bébé – Bringing up Baby (1938) de Howard Hawks, avec Cary Grant
  3. Indiscrétions – The Philadelphia Story (1940) de George Cukor, toujours avec Cary Grant mais aussi James Stewart
  4. The African Queen (1951) de John Huston, avec Humphrey Bogart (voir plus bas)
  5. La Maison du Lac – On Golden Pond (1981) de Mark Rydell avec Henry Fonda et Jane Fonda

Et c’est aussi une comédienne dont même les films que je n’ai pas encore pu voir me font envie, par exemple : Les Quatre filles du Docteur March, de Cukor, dans lequel elle joue Jo ; Marie Stuart, de John Ford, Le Lion en hiver, d’Anthony Harvey, où elle joue Aliénor d’Aquitaine face à Anthony Hopkins, ou encore Une bible et un fusil, un western où elle partage l’affiche avec John Wayne.

Spencer Tracy est également une immense star hollywoodienne, né en 1900 et décédé en 1967, que j’avoue beaucoup moins bien connaître que sa compagne. Hormis les films qu’il a tournés avec elle, je sais simplement que c’était un acteur d’une grande modestie et d’une grande simplicité, et l’un des plus proches amis d’Humphrey Bogart.

Hepburn et Tracy se sont rencontrés sur le tournage de La Femme de l’année (je ne résiste pas à reprendre le récit de leur première rencontre) :

Lors de leur première rencontre, elle s’écria : « Oh, Monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » À quoi Tracy répliqua : « Ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »

Avec La Femme de l’année, sorti en 1942, ils ont partagé l’affiche de neuf films jusqu’en 1967, au décès de Tracy : La Flamme sacrée, Sans Amour, Le Maître de la prairie, L’Enjeu, Madame porte la culotte, Mademoiselle Gagne-Tout, Une Femme de tête, et Devine qui vient dîner ?

Quatre films pour Bacall et Bogart, trois pour Delon et Romy, cinq pour Montand et Signoret, et donc neuf films pour Hepburn et Tracy.

Sur ces neuf films, j’en ai vu trois, le premier, La Femme de l’année, Madame porte la culotte, et le dernier, Devine qui vient dîner ? Tous trois excellents, drôles et émouvants, à l’image de leurs acteurs.

Réunis dans un livre ?

Dans ma bibliothèque, je ne dispose d’aucun livre réunissant, encore une fois, ce couple mythique.

Sur Internet, je n’ai trouvé trace que de deux ouvrages. Le premier a été publié dans les années 70, du vivant donc de Katharine Hepburn, mais évidemment disponible aujourd’hui uniquement d’occasion. Il s’agit de Spencer Tracy et Katharine Hepburn : les amants terribles de Hollywood, de Kanin Garson, publié en français en 1974 (l’édition anglaise date de 1970 et avait pour titre : Tracy and Hepburn : An Intimate Memoir).

Le second a été publié en 2013, uniquement en anglais : Spencer Tracy and Katharine Hepburn : Hollywood’s most famous couple, by Charles Rivers Editors.

Sur Internet, je n’ai rien trouvé d’autres, hormis les articles habituels qui reviennent sur leur histoire, et sur cette vidéo :

Séparément maintenant.

Côté Tracy ?

Je commencerai par Spencer Tracy, assez rapidement, malheureusement, puisque je le connais assez mal.

En ce qui concerne les livres, on ne peut pas dire que Tracy soit des plus chanceux en la matière : je n’ai trouvé aucun livre en français, biographie ou album, qui lui soit consacré.

Et pourtant, il y a eu récemment plusieurs publications outre-Atlantique, la plupart entre 2011 et 2016, et la plus notable semblant être une biographie de James Curtis, Spencer Tracy, paru chez Arrow en 2012, et comptant plus de 1000 pages.

Le personnage semble des plus passionnants, et il est regrettable que, justement, on ne nous le fasse pas mieux connaître…

Il faut donc chercher ailleurs pour en apprendre davantage sur Spencer Tracy.

L’article français de Wikipédia est assez concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

L’article anglais en revanche est beaucoup plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

Pas de site internet qui lui soit entièrement consacré, en revanche, j’ai trouvé cette vidéo hommage, par Burt Reynolds :

ainsi qu’une biographie en vidéo, dont voici la 1ère partie :

Quant à son jeu d’acteur, je ne me souviens pas d’une scène qui m’ait plus marquée que celle de Devine qui vient dîner ?, film sur lequel je reviendrai dans un moment :

Voilà pour le grand Spencer Tracy. Passons à la non moins grande (en tout cas au cinéma) Katharine Hepburn.

Côté Hepburn ?

Katharine Hepburn a suscité davantage de littérature, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

Elle a elle-même publié un premier livre en 1988 sur le tournage de The African Queen, de John Huston, film mentionné plus haut et dans lequel est partage l’affiche avec Humphrey Bogart.

Le titre parle de lui-même et donne le ton : African Queen ou Comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison [« The Making of The African Queen »].

La brochure qui accompagne mon DVD de l’African Queen parle de l’ouvrage d’Hepburn comme d’un récit de tournage « exceptionnel par sa liberté de ton et sa sincérité », mais il ne le cite que très peu, malheureusement.

Cette vidéo revient sur le tournage de ce film, durant lequel Bogart et Huston ont échappé à la dysenterie en ne buvant que du whisky…

Mais Katharine Hepburn ne s’est pas arrêté à publier ses souvenirs de tournage.

Elle a également publié son autobiographie, Moi, Histoires de ma vie, parue en 1993, ainsi qu’un livre de souvenirs, Appelez-moi Kate : confidences de Katharine Hepburn, sorti en 2004 chez Robert Laffont.

Je ne dispose malheureusement ni de l’un, ni de l’autre.

De nombreuses biographies lui ont été consacrées au fil des années : une en 2007, une en 2012, deux en 2016…

Les deux seuls livres qui figurent dans ma bibliothèque sont :

  • un album de Taschen dans la collection Movie Icons, Katharine Hepburn, publié en 2007 ;

  • un beau livre, Katharine Hepburn : les images d’une vie, de Pierre-Henri Verlhac, publié en 2009 aux éditions Verlhac, justement.

Les deux ont le mérite de rendre justice à cette immense star, page après page.

Et sur Internet ?

Là encore, un article français sur Wikipédia un peu concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

Un article anglais bien plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

d’autant qu’il cite dans ses sources une exposition virtuelle consacrée à Katharine Hepburn par la National Portrait Gallery de Washington :

http://www.npg.si.edu/exhibit/hepburn/

Pas de site dédié par contre.

Dans les vidéos, celle que je souhaitais surtout retrouver était, encore une fois, celle d’un documentaire où elle évoquait elle-même sa carrière et sa vie. J’ai trouvé quelque chose d’approchant, même si je ne suis pas totalement sûre que ce soit ce dont il s’agissait :

J’ai également trouvé l’équivalent de l’hommage à Tracy par Burt Reynolds, une vidéo hommage de TCM, avec Anthony Hopkins :

Mais n’oublions pas que Katharine Hepburn est l’une des rares légendes de Hollywood (si l’on excepte bien-sûr Marilyn) a avoir déjà été incarnée au cinéma… mais pas par n’importe qui, ni dans n’importe quel film : par Cate Blanchett, dans Aviator, de Martin Scorsese :

À voir et à revoir pour qui aime le cinéma, les films de Scorsese, Di Caprio, et évidemment, Cate Blanchett…

Terminons à présent ce dernier hors-série de l’été.

Un film avec Hepburn et Tracy

J’aurais pu citer les deux films par lesquels je les ai connus, deux comédies d’une fabuleuse drôlerie, La Femme de l’année et Madame porte la culotte, où Hepburn joue à merveille les femmes indépendantes et modernes, mais agaçantes, et où Tracy joue, déjà, les ours mal léchés avec le cœur sur la main.

Mais le film que je retiens aujourd’hui, je ne le retiens pas seulement pour Hepburn et Tracy, je le retiens aussi pour Sidney Poitier.

Dans ce film, Devine qui vient dîner ?, une jeune femme vient présenter son futur époux à ses parents. Il est noir, elle est blanche, et les deux familles vont se confronter :

Voilà pour ce dernier hors-série de l’été.

Pour les cinéphiles, rendez-vous fin août ou début septembre pour le prochain compte-rendu de lecture.

Pour les docs, je vous présenterai quelques ressources, réflexions, ainsi que mon nouvel établissement dans l’article de fin septembre.

D’ici là, bonne fin de vacances à tous et à bientôt.

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Hors-série 3 : D’amours et d’étoiles. Yves Montand / Simone Signoret

Pour ce troisième hors-série de l’été, c’est à nouveau à un couple du cinéma français que je m’intéresse, même si leurs carrières respectives sont loin de s’être cantonnées aux frontières de l’hexagone.

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Et pour cause, Signoret et Montand sont au cinéma ce que Sartre et Beauvoir sont à la philosophie.

Pourtant, je ne dirais pas cette fois-ci que je connais beaucoup mieux l’un ou l’autre… disons que je les connais beaucoup mieux séparés que réunis au cinéma.

Et pour ce qui est de mon capital sympathie, celui-ci est beaucoup plus détendu que pour mon article précédent. C’est donc parti pour Montand et Signoret.

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Yves Montand et Simone Signoret

Yves Montand est né en 1921. D’une famille italienne installée à Marseille, il y commence sa carrière en 1938 avant de monter à Paris en 1944. Il triomphe grâce au soutien de Piaf, dont il a fait d’abord les premières parties, et avec qui il débute au cinéma dans Étoiles sans lumière en 1945. Séparé de Piaf en 1947, il rencontre Simone Signoret en 1949 et l’épouse en 1951.

De Montand, j’ai d’abord entendu les chansons avant de savoir qu’il était acteur. J’ai été bercée dans une famille où l’on écoutait Brassens et Gainsbourg surtout, mais aussi Brel, Barbara, Piaf, Gréco et aussi Montand. J’ai connu Montand par Les Feuilles mortes, À Paris, Grands boulevards, La bicyclette, ou Au Kabaret de la dernière chance

Simone Signoret est également née en 1921. Elle débute au cinéma en 1941, apparaît comme figurante puis dans des petits rôles, obtient le succès avec Macadam (1946) et Dédée d’Anvers (1947), puis la consécration avec Casque d’or (1951).

De Signoret, mon souvenir le plus ancien, c’est celui de Mathilde dans L’Armée des ombres, un film sur la résistance pendant la Seconde guerre mondiale, d’une beauté et d’une tristesse bouleversantes.

Petit aparté avant de parler de Signoret et Montand au cinéma. Comme je l’ai indiqué, je les connais mieux au cinéma séparément que réunis. Voici donc pour chacun cinq films dans lesquels je les ai particulièrement aimés et que je vous recommande.

  • Montand
  1. Z (1969), de Costa-Gavras
  2. Le Cercle rouge (1970), de Jean-Pierre Melville
  3. La Folie des grandeurs (1971), de Gérard Oury
  4. César et Rosalie (1972), de Claude Sautet
  5. Trois places pour le 26 (1988), de Jacques Demy
  • Signoret
  1. La Ronde (1950), de Max Ophüls
  2. Les Diaboliques (1954), de Henri-Georges Clouzot
  3. L’Armée des ombres (1969), de Jean-Pierre Melville
  4. Le Chat (1971), de Pierre Granier-Deferre
  5. L’Étoile du nord (1982), de Pierre Granier-Deferre

Et ensemble, qu’est-ce que ça donne ? 5 films où ils partagent l’affiche, plus ou moins étroitement.

Un premier film en 1957, Les Sorcières de Salem, librement adapté de la pièce de théâtre éponyme d’Arthur Miller, avec un scénario de Jean-Paul Sartre. La pièce s’appuie sur le procès en sorcellerie s’étant déroulé à Salem (Massachusetts) en 1692 pour dénoncer indirectement le maccarthysme.

Ils jouent dans un deuxième film en 1965, Compartiment tueurs, de Costa-Gavras. Ils apparaissent ensuite tous les deux à l’affiche de Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1966.

En 1970, le même Costa-Gavras les réunit dans L’Aveu, adapté du livre d’Artur London. À Prague, en 1951, un responsable du régime communiste tchécoslovaque est accusé d’espionnage et arrêté. Ses geôliers veulent lui faire avouer des crimes qu’il n’a pas commis, lui font subir tortures et privations, avant de le pousser à réciter des aveux appris par cœur devant un tribunal.

C’est à ce jour, avec Paris brûle-t-il ?, le seul film réunissant Montand et Signoret, que j’ai pu voir.

Leur dernière collaboration a lieu en 1976, avec Police Python 357 d’Alain Corneau.

Réunis dans un livre ?

Le seul livre les réunissant que je connaisse et que j’ai eu le plaisir de feuilleter est un ouvrage de Pierre Lherminier publié en 2005 aux éditions Ramsay dans la collection Ramsay Cinéma : Signoret Montand : Deux vies dans le siècle.

Montand Signoret, qui n’a malheureusement pas été réédité, est un beau livre abondamment illustré, et qui tente de couvrir toutes les facettes de ces deux carrières incroyablement riches : la chanson pour Montand, le cinéma français et international pour les deux, l’écriture pour Signoret, et l’engagement politique, également pour les deux.

À noter que durant mes recherches sur des ouvrages qui seraient consacrés à ces deux monstres sacrés, j’ai trouvé mention d’un livre de la même collection que celle mentionnée dans le premier hors-série : Les couples célèbres des éditions Solar. Un livre très logiquement nommé Yves Montand, Simone Signoret : une passion engagée, et publié en 2001 sous la plume de Nathalie Grzescak.

C’est aussi le seul couple pour l’instant pour lequel j’ai trouvé une vidéo de l’INA : http://www.ina.fr/video/CPF86634410

ainsi qu’un article sur le site de la ville de Saint-Paul de Vence.

Séparément maintenant.

Côté Montand ?

Malheureusement, je n’ai aucun livre dans ma bibliothèque sur Montand… juste le souvenir quand j’étais petite d’un documentaire qui lui était consacré, et qui avait été religieusement enregistré sur vidéocassette : « Monsieur Montand ».

Sauf erreur de ma part, il n’a jamais écrit d’autobiographie, mais j’ai trouvé trace d’un livre publié en 2001 aux éditions du Seuil : Montand raconte Montand, dont voici la description :

MONTAND NOUS A RACONTÉ SA VIE, DE L’AUTOMNE 1988 A L’ÉTÉ 1990. De la maison d’Auteuil à Saint-Paul-de-Vence, nous avons enregistré des dizaines et des dizaines d’heures d’entretien, recueilli la plus longue interview dont puissent rêver des auteurs en quête de leur personnage. Nous travaillions avec méthode, balisant les grandes parties : Piaf et Paris, Simone et Saint-Paul, Marilyn et Hollywood, Khrouchtchev et Moscou. Montand se pliait volontiers au jeu mais s’évadait sans cesse de ce carcan que nous souhaitions lui imposer. C’est un conteur. Il ne raconte pas, il joue, il met en scène, fait revivre les situations. Il ne reste pas assis devant le micro mais déambule en tous sens, gesticule, mime.

Sans doute ces entretiens seront-ils repris dans la publication annoncée pour octobre 2016 par les éditions Nouveau Monde : Montand par Montand.

Quant aux biographies et aux évocations, il y en a pléthore : depuis les souvenirs de Signoret et de sa fille Catherine Allégret, les Lettres à Montand publiées par Carole Amiel, sa dernière compagne, jusqu’aux publications régulières qui lui sont consacrés.

Sur internet, un site lui ai consacré :

http://www.yves-montand-site-officiel.com/

L’article sur Wikipédia semble également assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Montand

Quant aux vidéos, je ne résiste pas à la tentation de citer une quasi source primaire, avec le film Trois places pour le 26 de Jacques Demy, dans lequel il joue (presque) son propre rôle :

Et j’en reviens toujours à mon inévitable Blow Up :

Passons maintenant à Simone…

Côté Signoret ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche, héritage familial d’une admiration profonde vouée à Signoret.

J’y trouve évidemment ses mémoires, d’une qualité d’écriture incomparable et que je recommande vivement : La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était, toujours disponible dans une réédition de 2010 chez Seuil.

J’y trouve également l’ouvrage de sa fille, Catherine Allégret, Les Souvenirs et les regrets aussi, publié en 1994 aux éditions Fixot, mais depuis uniquement disponible d’occasion.

Et puis, trois autres livres (ou plutôt deux), le meilleur d’entre eux étant une biographie d’Emmanuelle Guilcher, Signoret, une vie, parue en 2005 aux éditions Privé, et rééditée en 2010 aux éditions Michel Lafon. Curieusement j’ai les deux éditions dans ma bibliothèque, allez savoir pourquoi…

Sans doute ai-je pensé, suite à la lecture captivante de la première édition que la deuxième était un ouvrage totalement différent, qui abordait un tout autre angle, et je n’ai pas pris la peine de vérifier qu’il s’agissait du même texte. Les deux livres sont donc côte à côte dans ma bibliothèque, et je n’ai jamais songé à me défaire de l’un ou de l’autre…

Enfin le dernier livre en ma possession est Simone Signoret : entre gloire et nostalgie, de Christian Dureau, publié en 2011 aux éditions Carpentier. Il s’agit d’un petit album plutôt sympathique, qui retrace la carrière de Signoret, depuis son nom de ville, Simone Kaminker, et à travers tous les personnages marquants qu’elle a incarné à l’écran : Dédée d’Anvers, Casque d’Or, Mathilde dans L’Armée des ombres

Et sur internet ?

À nouveau, pas de site officiel (à croire que décidément, de ce côté-là, les hommes sont bien mieux lotis que les femmes, si l’on excepte évidemment les sites dégoulinants d’admiration et de bonne volonté gérés par les fans…).

L’article de Wikipédia est correct mais semble perfectible, c’est du moins ainsi qu’il est évalué sur le site :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Signoret

Plus de chances en vidéo, lorsque l’on fait une recherche sur YouTube, même si cette fois, je ne peux pas appeler Blow Up à mon secours…

https://www.youtube.com/results?search_query=simone+signoret

Parmi ces résultats, j’en ai retenu un, où elle évoque elle-même sa carrière :

Un film avec Montand et Signoret

Comme je l’ai souligné plus haut, l’un des seuls films dans lequel j’ai pu voir Signoret et Montand réunis était L’Aveu, film où ils sont maris et femmes, et film où ils sont quasiment tout du long séparés, puisque London (Montand) est arrêté au début du film…

Que l’on souhaite rester dans la gravité, et l’on se tournera davantage vers les films de Signoret, L’Armée des ombres, Le Chat, ou vers les films de Montand les plus engagés et les plus sombres : Z, I comme Icare, Le Cercle rouge

Que l’on recherche quelque chose de moins noir, et l’on pourra aller de l’ironie cinglante, du cynisme des Diaboliques, jusqu’à la drôlerie, la douceur ou la fantaisie de La Folie des grandeurs, du Diable par la queue, de César et Rosalie, de Trois places pour le 26.

Et finalement, avec Signoret et Montand, séparément ou réunis, on aura fait le tour de tout un éventail d’émotions comme seuls savent en jouer les plus grands comédiens.

Et c’est sur ce constat des plus subjectifs que je vous laisse, jusqu’au prochain (et dernier) hors-série de l’été.

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Hors-série 2 : D’amour et d’étoiles. Alain Delon / Romy Schneider

Voici donc le 2e hors-série de l’été.

Pour ces hors-série, j’ai décidé de choisir aussi bien des couples du cinéma hollywoodien, comme pour l’article précédent, que des couples du cinéma français.

J’ai aussi décidé, très arbitrairement, de me concentrer sur des couples dont je connais relativement bien la filmographie, même si, pour certains d’eux, je peux très bien connaître la filmographie d’un élément du couple et beaucoup moins celle de l’autre…

Mon capital sympathie est lui aussi tout à fait variable selon que je regarde d’un côté ou de l’autre.

Passées ces considérations, je reprends le même schéma que pour l’article précédent :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Et c’est reparti !

Alain Delon et Romy Schneider

Et c’est évidemment là que le capital sympathie prend tout son sens.

À nouveau pour paraphraser Blow Up (et nous y reviendrons après) : c’est qui ou plutôt c’est quoi Alain Delon et Romy Schneider ?

Alain Delon est né en 1935 et a incarné dans les années 50-60 le jeune premier à la française au même titre qu’un Gérard Philipe ou qu’un Jean Marais quelques années auparavant, ou qu’un Belmondo à la même époque, ce dernier se distinguant davantage par sa gouaille que par son côté « beau ténébreux ».

Après… et bien après, disons que c’est devenu Delon, un personnage fréquemment caricaturé, qui a sans doute été tenté par l’auto-caricature pour mieux se protéger et dont les rôles récents ne laissent entrevoir que le pâle reflet de ce qu’il a pu être avant…

Romy Schneider est né à Vienne en 1938. Tout a été dit, redit et exagéré sur Romy. Y’a-t-il d’ailleurs une autre comédienne (ou un autre comédien, ne soyons pas sexiste), qu’il suffit d’appeler par ce diminutif affectueux ? Romy : à lui seul il évoque tout de suite à des milliers de cinéphiles des débuts de princesse, une carrière brillante et ce sentiment du tragique, cette impression de manque, de gâchis et d’absence de retenue dans l’émotion…

Un mythe, une icône, autant pour les petites filles que pour les femmes et un idéal à jamais inaccessible pour des comédiennes, bien qu’on ait donné son nom à un prix.

Vous le voyez maintenant, le capital sympathie ? Et encore, j’ai l’impression d’avoir été soft.

Et donc, Alain Delon et Romy Schneider, ça donne quoi ?

Un film en 1958, Christine, qui est un remake d’un film de Max Ophüls, Liebelei, lui-même adapté d’une pièce de théâtre d’Arthur Schnitzler où jouait la mère de Romy, Magda Schneider (et ce qui était plus ou moins le rôle phare de sa carrière). Christine est une bluette tragique quelque peu dégoulinante et plutôt oubliable.

Contrairement, évidemment, à La Piscine, sorti en 1969 : un huis-clos entre un couple, Jean-Paul et Marianne (Alain Delon et Romy Schneider), et le meilleur ami de Jean-Paul et sa fille (Maurice Ronet et Jane Birkin), dans une villa avec piscine.

Enfin, une troisième collaboration en 1971, dans L’Assassinat de Leon Trotsky, de Joseph Losey, que malheureusement je n’ai pas vu.

Et entre 1958 et 1971, des fiançailles en 1959, rompues en 1964, puis la mort de Romy en 1982, les regrets de Delon, ses hommages appuyés, lui devenant de plus en plus un vieux lion, et elle devenant irrémédiablement un mythe.

Réunis dans un livre ?

Personnellement, il n’y a dans ma bibliothèque aucun ouvrage consacré à la fois à Romy Schneider et à Alain Delon, comme il n’y en avait aucun sur Bogart et Bacall.

Néanmoins, pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce couple, ils auront certainement plus de chance que pour Bogart et Bacall, notamment en lisant l’ouvrage de l’un des principaux intéressés :

Foisonnante littérature adepte des hyperboles ! « fiancés de l’éternel », « ils se sont tant aimés », « un amour impossible »…

Côté Delon ?

Il n’y a dans ma bibliothèque qu’un ouvrage consacré à Delon, en tout cas en partie, et c’est cet ouvrage qui, il y a un peu plus de 3 ans, m’avait permis d’inaugurer les fonctions cinéphiles et doc de ce blog, en en faisant le compte-rendu.

Il s’agissait des Grandes gueules du cinéma français : Gabin, Ventura, Belmondo, Delon, un livre de Philippe Lombard, préfacé par le réalisateur Georges Lautner et publié en 2012 aux éditions Express Roularta.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu de cet ouvrage ici.

Pour ce qui est des livres disponibles sur Delon, il y en a un certain nombre, à commencer par l’ouvrage cité plus haut écrit par Delon lui-même, mais rien de très récent ou de très disponible à un prix abordable. La principale référence semble être une biographie en 2 volumes publiée par Henry-Jean Servat au début des années 2000…

Et sur internet ?

L’article qui lui est consacré sur Wikipédia semble assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Delon

Il dispose également d’un site officiel hébergé en Suisse :

http://www.alaindelon.ch

ainsi que d’une page Facebook :

https://www.facebook.com/alaindelon.officiel

Et en vidéo ? J’en reviens à ma référence favorite en la matière : Blow Up.

Côté Romy ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche.

Comme indiqué dans le précédent article, lorsque j’admire un acteur ou un réalisateur et que celui-ci a suscité beaucoup de publications – ce qui est le cas pour Romy Schneider – j’ai au moins une autobiographie ou biographie et un « beau livre » dans ma bibliothèque.

Pour Romy, j’ai 5 ouvrages. (j’illustre cette partie avec les couvertures des livres que je connais, mais les ouvrages ont parfois connu plusieurs éditions, et les miennes ne sont pas forcément les plus récentes)

Le premier, et celui que j’ai depuis le plus longtemps, même si je ne l’ai jamais relu, est Moi, Romy : le journal d’une vie.

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À l’origine, l’ouvrage se trouvait dans la bibliothèque de ma grand-mère, et comme certaines bibliothèques de grand-mère, celle-ci était composée de livres sur la seconde guerre mondiale, de sélections du Reader’s digest et de commandes de France Loisirs (je caricature à peine). Ma grand-mère aimait aussi beaucoup les livres sur le vieux Paris et les vieux métiers…

Toujours est-il que le journal de Romy faisait certainement partie de l’une de ses nombreuses commandes à France Loisirs, étant donné que c’est par eux que le livre en ma possession a été édité en 1989, sans doute après été publié par une première maison d’édition.

Comme je l’ai indiqué, j’ai toujours gardé ce livre mais je ne l’ai jamais relu. Le souvenir que j’en garde, Romy ayant tenu ce journal depuis son adolescence jusqu’à la fin de sa vie, est quelque chose de très émouvant, avec non seulement ce journal écrit mais aussi des transcriptions de lettres et de conversations téléphoniques, avec une plume qui évolue de la jeune fille à la femme, mais aussi avec le sentiment de pénétrer dans une intimité comme un cambrioleur…

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Le second livre est une biographie que l’on m’avait offert il y a quelques années : Romy au fil de la vie, de David Lelait, publiée en 2002 aux éditions Payot. Elle a été réédité en 2012.

J’ai le souvenir d’une lecture très agréable et très respectueuse, pas du tout racoleuse.

Pour le troisième, je passe aux beaux livres. Il s’agit du premier livre de photos que j’ai acheté consacré à Romy, Romy : hommage photographique, de Klaus-Jürgen Sembach, publié en 2005 par les éditions du collectionneur.

Les photos sont surtout des photos promotionnelles et de tournage, même s’il y a quelques photos personnelles. Elles sont précédées d’un court texte de présentation de l’auteur et suivies d’une biographie succincte ainsi que d’une filmographie.

Le quatrième a été mon coup de cœur au moment où je commençais à me constituer une bibliothèque sur le cinéma : Romy, de Johannes Thiele publié en 2007 aux éditions Place des Victoires (et réédité en 2012).

Il s’agit d’un énorme album de photos, ponctué de texte de l’auteur, de citations de Romy Schneider et de témoignages de ceux qui l’ont connue.

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Enfin le dernier livre est peut-être le plus spécifique : Romy dans L’Enfer : Les images inconnues du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, avec le texte de Serge Bromberg, publié en 2009 aux éditions Albin Michel.

Cet ouvrage présente, comme son titre l’indique, des images d’archives du tournage du film L’Enfer, en 1964, tournage interrompu par la mort du réalisateur, Henri-Georges Clouzot. Un film a également été consacré à ce tournage maudit et est sorti en 2009. En voici un extrait :

Depuis sa disparition en 1982, Romy fait l’objet d’une très nombreuse littérature : biographies, hommages photographiques, un an ne passe pas sans que quelqu’un ne vienne ajouter sa pierre à l’édifice, avec plus ou moins de réussite.

Et sur internet ?

Là encore, un article assez complet sur Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Romy_Schneider

Par contre, pour ce qui est des sites qui lui sont dédiés, il s’agit principalement de sites de fans inconditionnels, souvent plein d’enthousiasme, moins souvent de grammaire et d’orthographe…

Je leur préfère la page Facebook qui lui est consacrée :

https://fr-fr.facebook.com/Romy-Schneider-44032826464/

Et comme toujours, l’inévitable numéro de Blow Up :

Un film avec Delon et Romy

Vous l’aurez compris, parmi les trois films qu’ils ont tournés ensemble, si je considère Christine comme une bluette oubliable et si je n’ai jamais vu L’Assassinat de Léon Trotsky, c’est évidemment La Piscine qui remporte tous mes suffrages, et c’est avec lui que je vous laisse :

jusqu’à la prochaine fois.

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Hors-série 1 : D’amour et d’étoiles. Bogart / Bacall

Bonjour à tous.

Voici le premier hors-série de l’été de Cinephiledoc.

Cette année, j’ai eu beaucoup de difficulté à choisir une thématique pour ces hors-série.

J’aurais pu me pencher, dans chaque numéro, sur un acteur ou un réalisateur, j’aurais aussi pu me consacrer à un film qui aurait suscité une très nombreuse littérature, j’aurais également pu piocher au hasard dans ma bibliothèque et évoquer telle ou telle lecture cinéphile.

J’ai cependant décidé de produire cet été quelque chose de plus léger, tant dans le thème que dans la forme. Je vous propose donc quatre numéros, chacun consacré à un couple mythique du cinéma, et aussi bien couple à la ville qu’à la scène.

Ces articles seront construits à chaque fois de la même manière :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Pour le premier d’entre eux, j’ai choisi le couple emblématique qui, en quelque sorte m’a fait « entrer en cinéma » : Humphrey Bogart et Lauren Bacall.

Bogart et Bacall

Pour les néophytes, et en reprenant le mode de questionnement qu’affectionne Blow Up :

C’est qui ou plutôt c’est quoi Bogart et Bacall ?

Humphrey Bogart, né en 1899, est une icône masculine du cinéma hollywoodien, particulièrement savoureux d’abord dans des rôles de bad guys puis dans des rôles de détectives comme dans Le Faucon maltais. Il porte admirablement l’imperméable et le feutre, excelle dans l’ironie et le cynisme, et a, selon moi, la voix la plus irrésistible du cinéma avec Alan Rickman… Casablanca est le rôle de sa consécration, il le place sur un piédestal dont il ne descendra plus, même après sa mort en 1957, avec des rôles comme The African queen, pour lequel il remporte un Oscar.

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Lauren Bacall est née en 1924, elle rencontre Humphrey Bogart en 1944 sur le tournage du Port de l’angoisse, d’Howard Hawks, et tourne avec lui 3 autres films : Le Grand sommeil, Les Passagers de la nuit, et Key Largo. Merveilleuse dans La Femme modèle, exaspérante dans Le Crime de l’Orient-Express et dans Leçons de séduction, elle demeure inoubliable dès qu’on la croise dans l’un de ses films.

Évidemment, je résume à gros traits, il y aurait beaucoup plus à dire sur ces deux monstres sacrés, et d’ailleurs, cela a-t-il été tenté ?

Réunis dans un livre ?

Personnellement, je n’ai aucun livre dans ma bibliothèque, qui réunisse Bogart et Bacall. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce couple, pour la petite histoire, j’étais au lycée. J’avais cherché dans les rayons cinéma des librairies, j’avais fureté dans les bibliographies des livres et j’avais tenté de trouver des pistes sur internet, ce qui était beaucoup moins facile à l’époque.

Et même le seul livre qui avait attiré mon attention sur le sujet ne l’avait pas retenue. Il s’agissait d’un ouvrage paru aux éditions Solar, dans la collection très logiquement appelée « Les couples célèbres » : Lauren Bacall, Humphrey Bogart : un amour sans nuages, de Jean-Marc Loubier.

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Rien que le sous-titre, ça vend du rêve, non ? J’ai dû, en tant que lycéenne, n’acheter qu’un livre de cette collection aujourd’hui disparue, celui consacré aux amours de Victor Hugo et de Juliette Drouet…

Bref, ai-je eu plus de chances aujourd’hui en cherchant un ouvrage sur Bogart et Bacall ? Absolument pas. Ai-je trouvé autre chose que des articles de magazines people ou féminin sur internet, si ce n’est un diaporama sur Allociné ? Non plus.

Et séparément alors ?

Côté Bogart…

Comme la plupart du temps lorsqu’il s’agit d’un acteur ou d’un réalisateur que j’admire (et lorsqu’il y a matière pour le faire), j’ai dans ma bibliothèque au moins deux ouvrages sur le sujet : une autobiographie ou une biographie particulièrement soignée (de préférence par un témoin direct) et un « beau livre » avec, là encore, une iconographie soignée.

Bogie n’a jamais écrit son autobiographie – c’est dommage, étant donné le nombre de citations et l’humour qu’on lui prête. Par contre, et j’ai déjà dû le mentionner dans un précédent hors-série sur les enfants de stars qui parlent de leurs parents, son fils, Stephen Bogart, a publié en 1996 une biographie, Bogart mon père (Bogart, In search of my father), préfacé par Lauren Bacall.

Bogart

Je ne m’étendrai pas trop sur ce livre, bien que j’en recommande vivement la lecture, puisque j’en avais déjà parlé : on y suit la vie de Bogart sous les yeux de son fils, à travers le récit de témoins directs, on y suit la trajectoire de ce fils qui d’abord se révolte puis accepte tout le poids de cet héritage paternel (et maternel). On y croise, en plus de ces deux icônes hollywoodiennes, d’autres visages pas moins impressionnants…

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Pour ce qui est du beau livre, il s’agit d’un très bel ouvrage en anglais, publié en 2006 pour le 50e anniversaire de sa disparition : Bogie, A celebration of the Life and Films of Humphrey Bogart, avec une préface de Stephen Bogart, une partie biographique par Richard Schickel, critique de cinéma, et une présentation de ses films par George Perry.

Les images sont magnifiques et le texte particulièrement émouvant, ponctué de citations de Bogart lui-même, de Lauren Bacall ou de Stephen Bogart.

Peut-être y’aura-t-il d’ici un an d’autres livres publiés sur Bogart, puisque nous arrivons au 60e anniversaire de sa disparition…

Et sur internet ?

Bogart a droit à des articles assez complets sur Wikipédia (même si celui en anglais est, évidemment, bien plus nourri que celui en français) :

Là où il a plus de chances que d’autres personnalités, c’est que son fils est personnellement impliqué dans le Humphrey Bogart Estate, qui est chargé de transmettre et de partager auprès des cinéphiles de tout poil, l’héritage cinématographique de Bogart. Cet Humphrey Bogart Estate dispose d’un site internet, d’une page Facebook, d’un compte Twitter et d’un Tumblr

Il me semble que peu de stars disparues peuvent se targuer d’une telle présence numérique !

Un festival cinématographique lui est également exclusivement consacré : http://bogartfilmfestival.com/Home.html

Et en vidéo ? Pour moi le plus bel hommage à Bogart reste le témoignage de Bacall, évidemment :

Côté Bacall

Lauren Bacall a, quant à elle, publié son autobiographie de son vivant, Seule (By myself), sortie à la fin des années 70 puis rééditée en français en 2005 aux éditions Michel Lafon.

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Il s’agissait pour moi d’une découverte captivante : le livre est très agréable à lire, et dresse un panorama très impressionnant de sa vie, depuis ses débuts durant l’âge d’or hollywoodien, son parcours avec et après Bogart, ses rôles plus récents, et, près de dix ans avant son décès, le portrait d’une femme décidée à s’impliquer encore dans des projets cinématographiques, ce qui donne une lecture des plus optimistes.

À côté de cette somme, malheureusement, peu d’autres ouvrages dignes d’intérêt. Et c’est justement pour cette raison que je n’ai rien de plus dans ma bibliothèque.

Sur internet, Bacall a également moins de chance que Bogart.

Certes, Wikipédia version française et version anglaise lui consacrent, là encore, deux bons articles :

Le site qui lui est dédié est beaucoup moins « institutionnel » qu’un Humphrey Bogart Estate, et beaucoup plus… comment dire… informel ? Je vous laisse juger.

En ce qui concerne les vidéos, j’ai réussi à trouver ce documentaire de la BBC, que je trouve assez impressionnant (mais la dame avait de quoi impressionner…) : https://www.youtube.com/watch?v=uR_lpSY5qUc

Pour ce qui est des rétrospectives sur sa carrière cinématographique, je n’ai pas été très satisfaite non plus par ce que j’ai trouvé, j’indique donc juste une vidéo, à titre d’exemple :

Pour moi, encore une fois, ce qui lui rend le plus justice, c’est finalement le documentaire où elle évoque Bogart.

Un film avec Bogart et Bacall

Parmi les quatre films qu’ils ont tourné ensemble, j’ai toujours du mal à choisir lequel est mon préféré. Et pourtant, même si j’adore le premier, Le Port de l’angoisse (To have and have not), même si deux d’entre eux ont été réalisés par Howard Hawks et un par John Huston, même si le 2e (Le Grand Sommeil) est une enquête policière incroyablement complexe qui déborde de sex-appeal, et même si le dernier est un huis-clos étouffant en pleine tempête sur une île (Key Largo), j’en reviens toujours au 3e :

Les Passagers de la nuit (Dark Passage) de Delmer Daves.

Et c’est sur les images de ce film, histoire d’amour magnifique entre un évadé de prison qui change de visage et une jeune artiste peintre persuadée de son innocence, que je vous laisse :

Car il faut bien tout de même que je mette un peu de douceur dans ces hors-série, et qu’elle vous accompagne jusqu’au prochain !

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Juin 2016 : séances et animations du CDI

Après un mois de mai particulièrement intense, voici un petit résumé d’un mois de juin plus calme en terme de séances, mais durant lequel j’ai tenté de proposer jusqu’à la fin de l’année des nouvelles choses aux élèves.

Séances : ça sent la fin d’année

  • Le Storify des DP3

Ce mois-ci, le projet le plus important que j’ai mené était avec les élèves de Découverte Professionnelle 3h (DP3). Et pourtant cette séance s’est organisé complètement au dernier moment, car l’une des collègues en charge de l’option avait sur le même créneau un travail à faire avec son atelier théâtre et m’avait demandé d’être avec les élèves pendant une heure.

Au début, je pensais à un travail des plus classiques, autour de l’exposition que j’avais proposée « Préparer le lycée », et qui est restée installée jusqu’à la fin de l’année.

Puis j’ai eu envie d’organiser quelque chose d’un peu plus attrayant pour eux. J’ai donc, le mardi soir pour le jeudi après-midi, eu l’idée d’organiser un échange en direct sur Twitter entre élèves de 3e et professeurs de lycée, en utilisant le compte Twitter du CDI.

Si, à la base, je n’avais fermé le projet à aucune discipline, ce sont finalement 3 professeurs documentalistes qui ont répondu présents : Sandrine Duquenne, du lycée Émilie de Breteuil de Montigny-Le-Bretonneux, Catherine Besse, du lycée Kastler de Cergy, et Éric Garnier, du lycée Claude Monet du Havre. Trois profs docs ayant un compte Twitter très actif, servant essentiellement pour la veille et le relais d’information, et qui ont répondu à l’appel avec beaucoup de sympathie et de bienveillance, ce dont je tiens encore une fois à les remercier.

Les élèves ont beaucoup apprécié ce temps d’échanges, qui rendait les choses à la fois ludiques, concrètes et qui permettait de répondre à certains questionnements et à certaines angoisses sur le fait de quitter l’univers familier du collège.

J’ai rassemblé ces échanges dans un Storify, disponible à l’adresse suivante : https://storify.com/JFiliol/mermoz-dp3-preparer-le-lycee

  • Encore des infographies…

La collègue d’anglais qui m’avait proposé en mars un projet de réalisations d’infographies en 4e était très contente du travail effectué : elle m’a donc demandé s’il était possible de faire revenir un petit groupe d’élèves (pendant qu’elle s’occupait du reste de la classe en salle informatique) au CDI pour en réaliser d’autres.

Comme il s’agissait surtout de suivre les élèves qui concevaient leurs infographies à peu près en autonomie, je ne m’étendrai pas trop sur ce projet, même si j’ai trouvé que, évidemment, les élèves gagnant en confiance avec le site utilisé, leurs infographies gagnaient également en qualité, comme en témoignent les quelques exemples ci-dessus.

  • Histoire des arts 3e

Pour finir avec les projets dans lesquels j’étais impliquée au mois de juin, j’ajouterai juste un petit mot sur les épreuves orales d’histoire des arts en troisième, auxquelles j’ai participé en tant que jury pour la quatrième année consécutive – même si j’ai dû le réclamer à mon collègue CPE, qui m’avait quelque peu zappé…

Avec une collègue d’histoire géo, j’ai donc évalué 6 élèves, avec des prestations d’excellente qualité, mais aussi des moments embarrassants, comme celui où une élève, si contente de tomber sur Van Gogh, ne voulait pas reconnaître que ce dernier s’était suicidé, cet élève nous indiquant que la seule femme du groupe Manouchian s’était faite « exporter » en Allemagne (sous quel format ?), ou encore cet élève nous certifiant que Jimi Hendrix était mort vieux à 27 ans…

Voilà pour ces quelques projets.

Expositions

Pour cette fin d’année, j’ai laissé en place la grande exposition « Préparer le lycée » proposé le mois précédent, ainsi que la mini-expo sur les « histoires d’horreur ». Se sont donc ajoutées trois mini-expos, dont deux demandées par les élèves.

  • une mini exposition sur l’EURO 2016

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Je ne suis pas du tout fan de foot, mais je cherche à attiser la curiosité coûte que coûte.

  • une mini exposition sur Mohamed Ali

Comme cette exposition a été réclamée par les élèves, j’ai tenté de leur proposer à nouveau des ressources sous forme de QR-codes.

Comme d’habitude, les élèves sont attirés par les ouvrages mais restent très passifs par rapport au contenu numérique.

  • mini-exposition rétro

Comme l’année dernière, mais en plus modeste, j’ai mis en place sur mon bureau une petite exposition « rétro » avec une machine à écrire et un appareil photo.

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Les élèves sont toujours très curieux de la machine à écrire et s’amuse à taper sur les touches. Les modes d’emplois que j’avais proposés l’an dernier ont eu beaucoup plus de succès auprès des sixièmes cette année.

Journées portes-ouvertes

Cette année je n’avais pas prévu de faire des installations de grande ampleur comme l’année précédente. J’ai tout de même réussi à mobiliser les élèves – et les parents qui ont fait le déplacement autour de deux initiatives.

La première, très classique, était la présentation de travaux d’élèves (les Unes de presse de 6e) et du site internet du collège :

La seconde, inspirée par l’action de @_PetiteNoisette dans son collège, était l’organisation d’une journée « Adopte un livre ». En effet, j’ai reçu un don de 4 cartons de livres par une maman d’élèves. Après avoir fait un tri avec le collègue référent des UPE2A, choisi ce qui pouvait être ajouté au CDI, il me restait des doublons et des livres un peu anciens. J’ai donc choisi de les offrir aux élèves durant cette journée portes ouvertes, en les disséminant dans tout le collège.

Voici l’affiche réalisée pour l’occasion :

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L’opération a rencontré un succès incroyable pour moi, de la part d’élèves qui, à mon grand désespoir, empruntent très peu durant l’année. Les livres se sont arrachés, et certains élèves étaient même très déçus de ne pas en avoir…

Bilan d’activités, récolement, etc.

Pour finir avec ce bilan du mois de juin, j’ai été évidemment très prise par mon bilan d’activités, que je remets toujours à mon chef d’établissement en version brut et en version light. J’avais pris également l’habitude de le mettre en ligne sur ce blog, mais je préfère cette année en donner uniquement la version light, sous forme d’infographie :

bilan-d-activites-2015-2016

https://magic.piktochart.com/output/14635049-bilan-dactivites-2015-2016

J’ai passé également beaucoup de temps au récolement, et en particulier à corriger à nouveau des incohérences dans le fonds, puisque, lorsque celui-ci a été informatisé, on a semble-t-il considéré très original de mettre les codes-barres sur les livres sans tenir compte du numéro d’exemplaire (même si la chose a été rattrapée pour les exemplaires les plus récents). C’est donc ma dernière tâche de fin d’année : tenter de remettre un peu d’ordre en éditant des codes barres : à ce jour j’ai réussi à mettre au propre le rayon BD et albums, et les documentaires du rayon 000 au rayon 500. Aurai-je le temps d’en faire plus, je l’espère !

Car cela me tient d’autant plus à cœur que je laisse ma place au collège à une nouvelle professeure documentaliste, puisque j’ai eu ma mutation en lycée.

J’espère laisser une place accueillante à ma remplaçante, avec un CDI qu’elle continuera à faire vivre malgré les réticences et parfois la passivité des élèves, et, ce sera mon dernier souhait, j’espère l’an prochain toujours partager des actions et des projets qui feront vivre un CDI et continueront de plaire et d’inspirer. Et pour ceux qui me suivent, j’espère vous retrouver dès les prochains articles, toujours aussi cinéphiles et docs !

Bonnes vacances à tous !

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Revoir Chaplin, relire Chaplin, penser Chaplin, rêver Chaplin

Voici, un peu plus d’un mois après ma visite à Chaplin’s world, le compte-rendu de lecture du trésor déniché là-bas.

Vous voyez que d’emblée je donne le ton. Chaplin’s world m’avait donné envie de revoir les films de Chaplin et de relire son autobiographie.

Le livre dont je vais parler dans quelques instants et que je viens de terminer m’a donné envie lui aussi de revoir non seulement Chaplin en Charlot, mais aussi de revoir Chaplin l’homme : images d’archives, coulisses de films, et même Chaplin incarné par un autre, Robert Downey Jr, bluffant, dans le biopic réalisé par Richard Attenborough. Mais tout cela, j’y reviendrai plus tard.

Rêver le dernier Chaplin

En 1967 sort le dernier film de Chaplin, La Comtesse de Hong-Kong, avec Marlon Brando et Sophia Loren. Comme dans Monsieur Verdoux, Les Feux de la rampe et Un Roi à New-York, on n’y retrouve plus le personnage de Charlot. Chaplin y fait une apparition.

Autant le dire, je n’ai jamais vu La Comtesse de Hong-Kong. Et si Monsieur Verdoux et Les Feux de la rampe sont parmi mes Chaplin préférés – bien qu’il soit difficile pour moi d’en faire un quelconque classement – je n’ai jamais ressenti la même admiration pour Un roi à New-York. Peut-être faudrait-il que je lui donne une seconde chance ?

Donc, La Comtesse de Hong-Kong sort en 1967. Chaplin meurt au matin de Noël 1977. Dix ans sans projet ? Connaissant le personnage, c’est peu probable. Après avoir lu The Freak, on se rend compte que c’est impossible.

The Freak, qu’est-ce que c’est ?

Tout d’abord, c’est un livre de Pierre Smolik, écrivain et cinéaste suisse, livre publié en 2016 par les éditeurs Call me Edouard. L’ouvrage est sorti simultanément dans une version française et une version anglaise. Comme l’indique son titre, il a pour sujet le dernier film de Chaplin, son dernier projet, jamais réalisé.

Ce projet, Chaplin commence à y travailler un peu avant la réalisation de La Comtesse de Hong-Kong, et il le tient en haleine jusqu’en 1974.

The Freak, c’est l’histoire d’une jeune femme, Sarapha, qui un soir tombe sur le toit de la maison isolée d’un scientifique, le professeur Latham. « Tombe sur » car Sarapha n’est pas une femme ordinaire : des ailes lui ont poussé dans le dos.

Un ange ? Un oiseau ? Un monstre ? Un « freak » justement, comme on nommait les malheureuses créatures qu’on exhibait dans les foires : femme à barbe, nain, siamois, Venus hottentote, Elephant man… ?

Sarapha, tombée sur le toit d’une maison en Terre de feu, va être tour à tour étudiée, vénérée, crainte. Enlevée par des profiteurs sans scrupule, elle va voyager jusqu’à Londres, se voir tour à tour déniée ou reconnue son humanité, être traquée par des fanatiques ou par les services de l’immigration, harcelée par les uns, mais aussi défendue bec et griffes (c’est le cas de le dire) par d’autres. Avec toujours cette question : de quoi ses ailes sont-elles le signe ? D’un miracle, d’un paradis ou d’un enfer à venir, de l’innocence ?

Sur plus de 300 pages, Pierre Smolik dissèque ce projet, nous le donne à voir en images, en notes, et nous le fait rêver, comme le faisait, une fois encore, l’excellent livre de Simon Braund, Les plus grands films que vous ne verrez jamais, dans lequel The Freak aurait tout à fait eu sa place.

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Il nous plonge dans les différentes versions du scénario, dans les notes du cinéaste, qui voulait confier le rôle de Sarapha à sa fille Victoria. L’ouvrage se lit comme un roman, et de manière haletante, et pendant cette lecture, on tente à chaque page de saisir tout ce qui nous échappe, cette chimère qui n’a pas pu exister, cette créature incroyable à force de complexité et d’absurde. La chose nous paraît, comme un freak, à la fois sublime et monstrueuse.

En effet l’auteur ne se contente pas de nous donner à lire un projet de scénario : il sonde chaque page de ce scénario, reprend chaque idée de Chaplin, décortique chaque détail. Le réalisateur voulait situer le film en Terre de feu, pourquoi donc ? Des anges apparaissent déjà dans le Kid, mais de quelle manière ? Et le message de Sarapha, pourquoi ressemble-t-il autant, à quelques années d’intervalle, au discours à la fin du Dictateur ? Ce ne sont quelques questions, parmi les dizaines que posent ce livre, dans lequel on part en quête non seulement de l’œuvre de Chaplin, mais aussi de l’homme.

A la recherche de Chaplin…

Le livre ressemble parfaitement à ce qu’il cherche à rattraper : un beau monstre, à la fois étude cinématographique, plongée dans des archives, lecture d’un testament artistique (comme on pouvait lire il y a quelques années celui de Federico Fellini, Le Voyage de G. Mastorna), analyse anthropologique, sociologique, religieuse, politique, biographie…

Source : Sonatine éditions

 

On y étudie les coutumes des indiens de la Terre de feu, les rues de Londres, les faiseurs de miracles religieux, l’emploi du temps de Chaplin à Corsier-sur-Vevey, on y feuillette son album familial tout en pudeur, on tente de déchiffrer son écriture avec sa secrétaire, de construire des accessoires et des décors, de trouver des musiques…

The Freak, c’est tout cela à la fois, mais c’est surtout le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à l’œuvre d’un homme.

Un livre qui s’ouvre avec un magnifique dessin de Pierre Etaix, et avec les mots de la petite fille de Chaplin, Aurelia Thierrée. A chaque page ou presque, une découverte : photographies du cinéaste, de sa famille, de sa maison, et du projet, qu’il en soit au stade de notes manuscrites ou de pages tapées à la machine, citations de Chaplin ou de ses proches, idées fortes du livres reprises et presque psalmodiées.

Non seulement ce livre égale, en terme de référence cinématographique, l’autobiographie de Chaplin, mais elle se hisse, selon moi, au rang de bible pour les cinéphiles, au même titre que cette autobiographie déjà citée, ou que le Hitchcock / Truffaut.

Et comme je l’ai dit plus haut, il donne envie de relire Chaplin et de revoir Chaplin.

Pourquoi les coiffeurs ?

Avant d’entamer cette captivante lecture, je m’étais déjà plongée, un peu plus tôt, dans un petit livre dont la publication remonte à 2010 : …Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur Le Dictateur, de Jean Narboni, aux éditions Capricci. Capricci est une très bonne maison d’édition, avec laquelle j’ai une bonne expérience cinéphile. Cela aurait déjà pu suffire amplement à ce que j’ouvre le livre de Jean Narboni, par ailleurs critique de cinéma reconnu.

Ce petit ouvrage, qui se lit d’une traite, ou par petits bouts, ne va cependant pas retracer toute la genèse du Dictateur, et tout son destin, de la préparation à l’émerveillement que le film suscite toujours aujourd’hui. Il s’amuse avec Le Dictateur, s’attarde sur des détails auxquels on n’avait pas prêté attention, l’attrape par un côté, puis, comme s’il s’agissait d’un rubik’s cube, passe à une autre face.

Le tout sous forme de questions et de petits textes de trois à quatre pages à chaque fois, parfois moins :

« Pourquoi Chaplin introduit-il son film par un long prologue sur la guerre de 14-18, aussitôt vu qu’oublié, en attendant qu’une autre vision le propose à notre attention ? » « Pourquoi dit-on toujours « le petit barbier juif » quand c’est le terme de « coiffeur » qui conviendrait, pour des raisons profondes et anciennes ? » « Pourquoi faut-il que la ressemblance entre Hynkel et le petit homme ne soit relevée par personne dans le film ? »
Il s’intéresse à cette fameuse moustache de discorde entre Chaplin et Hitler, aux noms des personnages, à leurs discours, à la musique utilisée dans le film, et à cette volonté imperturbable de Chaplin de faire ce film, décrié à l’époque, perçu comme daté ou d’une incroyable modernité, voire comme visionnaire.
Là encore, cette lecture, qui suscite des images plus familières que The Freak, s’agissant évidemment d’un film vu et revu, nous donne envie de revoir Le Dictateur, de revoir Hynkel s’époumoner devant la foule, embrasser le monde jusqu’à son éclatement, ou de revoir le barbier sautiller en cadence au rythme de la Cinquième danse hongroise de Brahms.

Revoir l’œuvre, retrouver l’homme

Il y a quelques années, j’avais découvert qu’il existait un biopic consacré à Chaplin. Évidemment, lorsque l’on se plonge dans son autobiographie, on voit à quel point Chaplin est un personnage cinématographique en lui-même. Mais un biopic ? Il faut les épaules.

Je me suis donc procurée Chaplin, de Richard Attenborough, avec un peu de méfiance mais aussi beaucoup d’impatience. Richard Attenborough, c’est l’acteur qui incarne John Sturges dans La Grande évasion, et le milliardaire excentrique John Hammond dans Jurassic Park. Vous savez, celui qui veut ressusciter les dinosaures. C’est également le réalisateur de l’immense biopic sur Gandhi avec Ben Kingsley dans le rôle titre. Autant dire que le biopic, il connaissait.

Au casting, un Robert Downey Jr bluffant de ressemblance avec Chaplin, Anthony Hopkins et Geraldine Chaplin, fille de Chaplin, qui joue sa mère. Vous avez suivi ? La fille de Chaplin joue la mère de Chaplin.

Et on y croise donc tous les personnages qui ont traversé la vie de Chaplin : son frère Sidney, Mack Sennett, Douglas Fairbanks, Mary Pickford, J. Edgar Hoover, Edna Purviance, Paulette Goddard, et évidemment, Oona O’Neill.

Le film est une belle galerie de portraits, un beau concentré de cinéma que l’on regarde avec sympathie, même si la fin est un peu longue. On y voit Chaplin à ses débuts, à 5 ans sur une scène de théâtre, puis dans la troupe de Fred Karno, on le voit créer Charlot, on le voit réalisateur exigeant, artiste, homme d’affaires redoutable, homme engagé sans affiliation politique, et amoureux.

Pour celles et ceux qui veulent découvrir l’homme, c’est une expérience à tenter. Pour ceux aussi qui veulent voir Robert Downey Jr avant Iron man et Sherlock Holmes dans un rôle vraiment à sa hauteur, n’hésitez pas.

Prochaine lecture ?

Et pour ceux qui se demandent quelle sera ma prochaine lecture sur Chaplin, puisque après The Freak et Pourquoi les coiffeurs ?, l’homme et l’œuvre me fascinent toujours autant, j’ai jeté mon dévolu sur Footlights, paru en octobre 2014 par les éditions du Seuil, le seul roman écrit par Chaplin, et qui a inspiré Les Feux de la rampe.

J’en toucherai peut-être un mot une fois sa lecture achevée. En attendant, je vais préparer quelques hors-séries pour cet été…

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Mai 2016 : séances et animations du CDI

Ce mois de mai, riche et intense, a été marqué par plusieurs choses : un certain nombre de formations et réunions sur lesquels, une fois n’est pas coutume, je vais tâcher de revenir en début d’articles, puisqu’il en a découlé des réflexions sur mes pratiques professionnelles, quelques séances dont la dernière séance de liaison CM2-6e, les résultats de mon enquête CDI et des expositions.

Formations et réunions

Durant ce mois de mai, j’ai assisté à une formation, une réunion, une journée académique et un groupe de travail. Je vais revenir ci-dessous sur la formation et sur la journée académique.

  • Formation « Faire évoluer les CDI : quelles stratégies ? »

J’ai assisté à cette formation, animée par Cyril Duquenne, professeur documentaliste au collège Les Prés de Montigny-Le-Bretonneux, le 9 mai 2016. J’étais inscrite à ce stage en tant que « bébé formatrice » (bien que ce ne soit pas, évidemment, la terminologie utilisée sur la convocation…) Cette formation permettait aux stagiaires de revoir les notions de marketing documentaire et de management des systèmes d’information.

La formation peut intéresser aussi bien les personnes qui viennent d’arriver dans un CDI et cherchent à mieux connaître le lieu, son histoire, son public, qu’aux personnes en poste depuis quelques années et qui veulent redynamiser le lieu.

Après un temps d’échanges sur ce qu’on entend par « faire évoluer » (qui prend aussi bien en compte l’évolution des espaces, des pratiques que l’évolution numérique des CDI), et par « CDI » (éventail des représentations du lieu pour les professeurs de discipline, les professeurs documentalistes, les élèves, etc.), nous étions invités à nous pencher sur la manière dont on peut connaître son public et ses usages (aussi bien que son « non-public » et ses « non-usages »).

(J’en profite pour montrer quelques perles retrouvées dans le fin fond de ma réserve, que j’essaye de rendre praticable depuis 4 ans…)

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Les principales questions soulevées étaient : comment dresser un diagnostic du CDI (suivait un diagnostic en images avec quelques perles trouvées dans le fonds), comment observer les activités sur place, comment former les élèves à l’autonomie pour changer les représentations de la traditionnelle « dame du CDI », comment construire sa politique de projets, sa politique d’acquisition / de désherbage, le réaménagement du CDI, comment communiquer et publier…

Cette matinée très riche était suivie, l’après-midi, d’un temps d’échanges et de productions par groupes. Les collègues avec lesquels j’étais ont souhaité travailler sur une enquête destinée aux élèves afin de recueillir leurs représentations du CDI et leurs attentes. J’ai mis en forme cette enquête, disponible à l’adresse suivante :

https://docs.google.com/forms/d/1il7a8XF2qnqvOqvsmYcizTcwJnskmDFoQA8XvduI59U/viewform

Pour ma part, cette formation m’a amenée à m’interroger sur les « péri-usages » du CDI. En effet, j’ai une fréquentation toujours importante mais des élèves qui empruntent peu. De la même manière, je mesure de manière très rigoureuse la fréquentation, et évidemment les emprunts, via BCDI, mais je ne m’étais pas encore penchée sur les activités sur place des élèves : jeux, coloriages, activités sur ordinateurs, lecture…

J’ai donc décidé d’une semaine test, durant laquelle j’ai observé, heure par heure, ces « péri-usages » : Activités élèves CDI

en tenant compte des changements d’activités en cours d’heure… même si j’ai déjà repéré des failles dans mon système d’observation (les élèves qui changent d’activités en cours d’heure, le flot ininterrompu d’allées et venues à la récré, les élèves polyvalents qui font 3 activités en même temps – chuchoter, jouer et lire une BD…).

Dans tous les cas, cette formation m’a permis de réfléchir à des évolutions possibles du CDI, à des activités à mettre en place, et j’en suis sortie revigorée !

  • Journée « Éducation aux médias 2016 »

Cette journée académique était organisée par la DANE de Versailles le 19 mai autour de la thématique « Faire publier les élèves, un levier pour s’informer et informer ». Il s’agissait d’une journée à laquelle étaient conviés des professeurs de toutes disciplines, mais aussi des chefs d’établissement, même s’il y avait en majorité, à ce qu’il m’a semblé du moins, des professeurs documentalistes.

La journée s’ouvrait par une conférence de Divina Frau-Meigs « Information / désinformation et théorie du complot : Comment prendre en charge ces problématiques dans et hors la classe ? », une conférence vraiment très intéressante et qui revenait, entre autres, sur la question de la désinformation et de la rumeur via les réseaux sociaux, et sur les travaux de recherche en cours sur la question.

Après cette conférence, Lionel Vighier, professeur de lettres, présentait une séquence pédagogique à destination des élèves de 3ème pour déconstruire les codes des théories du complot, en faisant analyser aux élèves certaines de ces théories et en leur faisant imaginer, de manière parodique, leurs propres théories du complot.

Voir ci-dessous la vidéo de e-penser mentionnée par Lionel Vighier durant son intervention.

Durant l’après-midi, j’ai participé à deux ateliers :

  1. « Mettre en place un Enseignement Pratique Interdisciplinaire (EPI) Éducation aux Médias et à l’Information », animé par un professeur de lettres, et qui présentait quelques exemples possibles d’EPI,
  2. « Comment s’informer pour partager l’information ? Place des réseaux sociaux et des médias traditionnels comme sources d’information », animé par Isabelle Poulain, professeure documentaliste, et qui proposait un bon prolongement aux questionnements de la matinée.

Voici le Storify de quelques tweets de cette journée :

Cogitations EMI / EPI / etc.

Ces deux jours de formation et d’échanges ont particulièrement nourri ma réflexion, et j’ai cherché, pour l’an prochain, à clarifier les choses dans ma tête. Je soumets les éléments qui suivent et qui sont issus de mes cogitations personnelles : ils ne sont ni parfaits, ni aboutis (une réflexion étant constamment amenée à évoluer), je vous demande donc toute votre indulgence.

  • Carte mentale EMI cycle 4

Cette carte mentale, disponible ci-dessous en format image et en PDF, était une manière pour moi de clarifier la place de l’éducation aux médias et à l’information dans les enseignements de cycle 4, sans toutefois remettre en question la place du professeur documentaliste. C’est également pour moi un outil qui me permettra d’expliquer à mes collègues que, comme Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme, ils font (ou peuvent faire) de l’EMI sans le savoir.

Chaque branche reprend les compétences de l’EMI, puis les sous-axes de ces compétences. J’ai essayé enfin de lister, dans chaque sous-axes, des compétences et des thématiques disciplinaires, pour chaque discipline, et les points sur lesquels le professeur documentaliste intervenait en priorité. J’ai aussi tenter de mettre quelques exemples d’EPI. Évidemment, cette carte n’est ni parfaite, ni exhaustive. Elle m’a simplement permis de faire le ménage dans ma tête.

ducation_aux_mdias_et__linformation_Cycle_4en_lien_avec_les_disciplines

https://coggle-downloads.s3.amazonaws.com/cde89d809922b645488bfcf6bd5c8d0cecb7677e7dc777f5be10b4270402492a/ducation_aux_mdias_et__linformation_Cycle_4en_lien_avec_les_disciplines.pdf

  • Proposition d’EPI 4e Information, communication, citoyenneté

Il y a quelques mois, j’ai proposé en réunion un projet d’EPI à destination des élèves de 4e. Je ne sais pas encore sur quelle durée le mener, ni comment l’organiser, ni même si le contexte de mise en place de la réforme dans mon collège me permettra de le mettre en place, je soumets juste mes réflexions en leur état actuel.

L’objectif est de former des citoyens (numériques) éclairés en suivant la campagne présidentielle française avec notamment :

  1. Une étude des partis politiques et des candidats (histoire / EMC)
  2. Une étude des affiches (arts plastiques) et slogans (français,)
  3. Présence numérique des candidats (Facebook, Twitter) et comment suivre une campagne présidentielle via les réseaux sociaux (technologie +  EMI)
  4. Manipulation de l’information : utilisation de l’info par la politique, désinformation, propagande, rumeur, théorie du complot, etc…
  5.  Une comparaison avec la campagne présidentielle américaine (anglais)
  6. Éducation à la revue de presse et à la veille (EMI)

Cet EPI impliquerait, outre les compétences de l’éducation aux médias et à l’information (Acquérir progressivement l’aptitude à évaluer de façon critique l’information et ses sources), les disciplines suivantes :

  • Français : Informer, s’informer, déformer
  • Anglais : Observer, comparer, débattre
  • Histoire géographie : S’informer dans le monde du numérique / Construire, affirmer, consolider la République en France
  • Technologie : Société et développements technologiques
  • Arts plastiques : Conception, production, diffusion de l’oeuvre à l’ère du numérique

Enquête CDI

Comme je l’avais annoncé dans mon article du mois dernier, j’ai envoyé à l’ensemble de l’équipe éducative du collège une enquête de satisfaction et de besoins. Étant au collège depuis maintenant 4 ans, j’ai estimé qu’il était temps de faire un petit point sur le ressenti de mes collègues.

Voici le lien de l’enquête :

ainsi qu’un compte-rendu en infographie des résultats obtenus :

resultats-enquete-cdi(1)Expositions

Après l’exposition Dada organisée dans le cadre du Projet d’Éducation Artistique et Culturelle, j’ai mis en place 4 mini-expos (dont une où j’ai laissé les magazines reçus pendant la semaine de la presse) et une grande exposition thématique.

  • Présentation des Unes de presse réalisées par les élèves de 6eA

Il s’agissait de la séquence réalisée dans le cadre de la Semaine de la presse, sur 3h avec l’une des classes de sixième. Je n’ai pour l’instant pas pu récupérer les Unes des deux autres classes.

Voici l’affiche du projet :

unes-de-presse-6eaEt voici ce que l’expo donne :

Photo 23-05-2016 14 07 42

  • Présentation des nouveautés

Après plusieurs semaines d’atermoiements, j’ai enfin pu passer une commande pour le CDI avec des documentaires, des suggestions d’élèves et quelques fictions. En voici un échantillon :

Photo 23-05-2016 14 07 12

  • Exposition « Histoires d’horreur »

Il s’agit d’une petite expo thématique que j’ai faite dans l’espoir de booster un peu mes emprunts d’ici la fin de l’année.

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Je suis assez fière du résultat et des élèves de 3e m’ont demandé dans la foulée si je pouvais faire une projection cinéma de Psychose et de Shining… J’ai pour l’instant utilisé le joker « interdit au moins de 12 ans »…

  • Grande exposition « Préparer le lycée »

Cette exposition, où je présente les trois filières générales, m’a été inspirée par le travail de Cyril Duquenne sur l’orientation. Pour l’occasion, j’ai préparé les trois infographies suivantes qui expliquent le plus simplement possible la filière S, la filière ES et la filière L :

Je présente dans cette exposition des documentaires sur les points essentiels des différentes filières ainsi que des parcours ONISEP :

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Voilà pour ces quelques expositions…

Séances

J’ai eu relativement peu de séances ce mois-ci :

  • une heure avec des cinquièmes avec ma collègue d’anglais, durant laquelle nous voulions faire réaliser des présentations sur Genial.ly aux élèves. Le projet n’a pas du tout marché : Genial.ly ne supporte pas les connexions multiples sur un seul compte, ma collègue s’est rabattu sur l’utilisation de Piktochart, dont elle s’était déjà servi pour son projet Heroes4Mermoz avec ses quatrièmes.
  • deux heures avec les élèves de 3e DP3 (découverte professionnelle) qui organisent la fête de fin d’année
  • avec ma collègue de SVT et l’infirmière du collège, nous avons finalisé l’évaluation de l’opération « Petit-déjeuner » en intervenant durant une séance de SVT auprès de la classe concernée

Mais le grand projet du mois reste la fin de la liaison CM2-6e avec la réalisation des arbres / cartes heuristiques Jean Mermoz. Retour en photos sur ces productions :

Je pense avoir fait le tour de ce mois riche et bien rempli… durant lequel j’ai aussi tenté de ranger ma réserve, j’ai reçu mon rapport d’inspection et j’ai participé à l’enquête académique sur les CDI. Il me reste quelques cartons de spécimens à ouvrir, à bientôt !

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Chaplin’s world

Comme promis dans l’article précédent, voici un petit article cinéphile un peu exceptionnel : celui consacré à ma visite de Chaplin’s world, le musée dédié à Chaplin, qui a ouvert à Corsier-sur-Vevey le 17 avril dernier.

Ceux qui me suivent sur Twitter savent que l’ouverture de ce musée, dans la demeure suisse de Chaplin, avait suscité mon enthousiasme, et que depuis, je bouillais d’impatience à l’idée de le découvrir.

C’est donc parti pour une petite visite, riche en photos et en émotions.

Arrivée

La première chose que l’on aperçoit, c’est le portail…

Évidemment en arrivant sur Vevey par l’autoroute, le visiteur comprendra facilement la place de Chaplin dans cette ville, en voyant les façades des immeubles sur lesquelles apparaît Charlot dans quelques-unes de ses scènes les plus célèbres. Les ronds-points aussi lui rendent hommage.

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Une fois entré dans Chaplin’s World, passé le restaurant et l’accueil, on voit enfin le manoir. N’importe qui ayant été ému par Charlot, comme moi dans mon enfance, ne peut s’empêcher d’avoir le souffle coupé à cette vision.

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Sans exagérer, on ressent à chaque pas, à la vue de chacune des fenêtres du manoir, ceci : « il a marché ici, s’est peut-être assis sur ce banc, a contemplé ces montagnes, a respiré cet air… »

Le manoir

Pour faire le tour du musée, son manoir, son studio, et son parc, il faut environ trois heures, bien occupées et riches en émotions et en remémorations. On se dit que peut-être, on ne manquera pas de croiser Chaplin au détour d’un couloir, et c’est effectivement ce qui se passe.

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À l’entrée du manoir, bien en évidence, la première statue de cire de notre ami, couvée du regard par une belle photographie de Oona. D’emblée, on est saisi.

Le manoir se compose de deux étages à visiter, qui alternent anciennes pièces à vivre et pièces d’exposition, voire mêlent les deux : le rez-de-chaussée avec son bureau, son salon, sa bibliothèque, sa salle à manger, et le premier étage avec une salle de projection où Oona et son mari semblent toujours regarder des films de famille, et la chambre de Chaplin – est-ce là qu’il s’est tranquillement endormi un soir de Noël 1977 pour ne plus se réveiller ?

Les salles d’exposition présentent la vie de Chaplin sous différents angles : voyages, Chaplin en Suisse, célébrités fréquentées par Chaplin… Bien évidemment c’est dans les pièces à vivre que l’émotion reste à son comble…

Après une promenade dans le parc, où l’on respire lilas et cerisiers en contemplant les montagnes, on gagne le studio.

Le studio

On nous fait patienter devant des scènes de Charlot, puis entrer dans une salle de projection assez impressionnante. Le personnel du musée nous annonce que l’on va assister à un film de 10 minutes sur la vie de Chaplin. Images d’archives, aucun dialogues hormis ceux des films et la musique du Cirque, des Temps modernes

Le film s’achève sur quelques gamins dans les rues de Londres au début du 20e siècle. Puis il y a cet instant magique où l’écran se soulève et l’on est invité à se promener dans une reconstitution des rues de Londres : on y croise Jackie Coogan et le policier du Kid, une petite aveugle qui vend des fleurs.

On entre sous le chapiteau d’un cirque. On traverse un couloir où s’anime Charlot dans plusieurs scènes et où il s’affiche.

On y reconnaît la boutique du barbier du Dictateur, une prison, un restaurant, une usine aux rouages énormes dans lesquels on peut se glisser, une maison bien instable, un studio rempli de pellicules, des vitrines où l’on voit le fameux costume de Charlot, les souliers de La Ruée vers l’or, et une banque où sont conservés entre autres un lion de Venise, deux Oscars…


La visite finie, le néophyte et le passionné trouveront de quoi se rassasier à la boutique. Les inévitables chapeaux melon, les magnets, cartes postales, marques-pages et autres produits dérivés, les films, bien entendu, et des livres, beaucoup de livres, notamment l’incontournable autobiographie de Chaplin, dont je n’ai cessé de vous recommander la lecture…

Personnellement, je regrette juste que le musée n’ait pas proposé son propre catalogue. Certes, il y a l’application gratuite Chaplin’s World, disponible sur Apple Store et sur Google Play, qui donne un bel aperçu du manoir mais ne révèle rien (volontairement ?) du studio.

J’ai néanmoins trouvé ce qui sera ma lecture cinéphile du mois de juin, et je garde un souvenir ébloui de cette visite.

Aller plus loin, sur Cinéphiledoc

En attendant, vous reprendrez bien un peu de Chaplin ?

Deux articles sur le cinéma muet en général, et qui abordent un peu Chaplin :

Allez plus loin, avec Chaplin’s world

Pour télécharger l’application gratuite Chaplin’s world : http://www.chaplinsworld.com/actualites-musee/l-application-mobile-de-chaplin-s-world

Le site internet du musée : http://www.chaplinsworld.com/

Pour suivre le musée sur Twitter : https://twitter.com/chaplins_world

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Deux amours, entre littérature et cinéma

Voici le compte-rendu de lecture du mois de mai, qui sera suivi, si tout va bien, d’un autre petit article cinéphile un peu exceptionnel d’ici quelques jours.

D’un livre à l’autre…

Avant de faire la lecture de l’ouvrage que j’ai choisi ce mois-ci, j’ai eu écho de nombreuses réactions très positives (articles, tweets…). Je me suis effectivement rendue compte que ce livre avait en qualités tout ce qui manquait à celui dont j’ai fait le compte-rendu à l’été 2014, qui traitait d’un sujet approchant : un ouvrage de Jean Cléder, publié en 2012 chez Armand Colin, Entre littérature et cinéma : les affinités électives.

Ce livre évoquait, comme l’indiquait très justement son titre, les relations entre littérature et cinéma, avec plusieurs exemples à l’appui, et avec beaucoup d’érudition, peut-être même un peu trop… Un ouvrage intéressant, mais écrit par un universitaire, et se mettant peu à la portée du lecteur lambda. Cette lecture m’avait quelque peu découragée des livres sur ce sujet, jusqu’au mois dernier.

9782840496953

Les écrivains du 7e art est l’œuvre de Frédéric Mercier, critique de cinéma, publiée en avril 2016 aux éditions Seguier.

J’ai choisi ce livre après avoir vu passer plusieurs mentions élogieuses sur Twitter, et parce que justement, après la lecture déçue de l’ouvrage de Cléder, j’espérais trouver dans cette nouvelle expérience quelque chose de plus réussi.

Souvenirs de littérature

Ce que j’ai ressenti en premier face à ce livre était cependant antérieur à sa lecture : j’ai aimé la couverture toute en sobriété, avec ce Malraux hiératique. Lorsque je me suis penchée sur la quatrième de couverture et que j’ai parcouru les noms mentionnés (Gide, Giono, Aragon, Céline, Gary), cela m’a donné envie d’une petite traversée subjective de la littérature française depuis le lycée jusqu’à aujourd’hui.

Vous excuserez je l’espère, cette évocation toute personnelle, ponctuée de citations de mes œuvres de chevet… Je précise d’emblée que j’aime principalement la littérature des 19e et 20e siècles.

Au lycée, en première Littéraire : je fais mes premières tentatives avortées de me plonger dans A la recherche du temps perdu, après une lecture de passages choisis de Combray. C’est trop tôt, Marcel me perd et me tombe des mains…

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De cette période, je garde deux souvenirs marquants : Nadja de Breton dont les plongées dans l’inconscient et les promenades parisiennes me laissent sans voix :

« Mais…et cette grande idée ? J’avais si bien commencé tout à l’heure à la voir. C’était vraiment une étoile, une étoile vers laquelle vous alliez. Vous ne pouviez manquer d’arriver à cette étoile. A vous entendre parler, je sentais que rien ne vous en empêcherait : rien, pas même moi… Vous ne pourrez jamais voir cette étoile comme je la voyais. Vous ne comprenez pas : elle est comme le cœur d’une fleur sans cœur. « 

et Un Roi sans divertissement de Giono, qui manque de me perdre, jusqu’à la fin, en épiphanie, où je comprends enfin la magie de Giono.

Et il y eut, au fond du jardin, l’énorme éclaboussement d’or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C’était la tête de Langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l’univers. Qui a dit : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères  » ?

Après le lycée, je m’oriente vers une prépa (littéraire, est-ce utile de le préciser) : j’y découvre de Genet surtout (Les Bonnes et Le Balcon), et Duras avec Le ravissement de Lol V Stein : 

Une fois sortie de chez elle, dès qu’elle atteignait la rue,
dès qu’elle se mettait en marche,
la promenade la captivait complètement,
la délivrait de vouloir être ou faire
plus encore que jusque-là l’immobilité du songe.

En 3e année (en véritable masochiste, j’ai cubé), on lit pour préparer l’ENS Albertine disparue. À l’occasion d’un séjour à Venise, j’ai repensé à ces quelques lignes :

Ma gondole suivait les petits canaux ; comme la main mystérieuse d’un génie qui m’aurait conduit dans les détours de cette ville d’Orient, ils semblaient, au fur et à mesure que j’avançais, me pratiquer un chemin, creusé en plein coeur d’un quartier, qu’ils divisaient en écartant à peine, d’un mince sillon arbitrairement tracé, les hautes maisons aux petites fenêtres mauresques ; et comme si le guide magique eût tenu une bougie entre ses doigts et m’eût éclairé au passage, ils faisaient briller devant eux un rayon de soleil à qui ils frayaient sa route.

Je fais une nouvelle tentative, réussie cette fois, de lire La Recherche. J’y plonge d’autant plus que je consacre à Proust mes deux années de Master de Littérature française et un mémoire sur l’influence de Proust dans le cinéma de Truffaut.

Durant ce Master, sous l’influence d’un directeur de recherche sartrien, je découvre Sartre, Drieu La Rochelle, et Le Chiendent de Queneau. Je lis enfin La Promesse de l’aube de Gary et je suis éblouie par Les Faux-Monnayeurs de Gide.

J’ai aussi le coup de foudre pour Beauvoir, dont j’aime par-dessus tout Tous les hommes sont mortels et Les Mandarins, et pour Sagan, dont mon préféré reste Les bleus à l’âme.

Enfin je découvre émerveillée L’Étranger de Camus, qui me tombait jusque-là des mains. Par contre je n’ai jamais pu venir à bout de Céline ou de Madame Bovary

Traversée inattendue

Voilà pour cette traversée littéraire, uniquement suscitée par la quatrième de couverture des Écrivains du 7e art de Frédéric Mercier.

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Un peu à la manière des Plus grands films que vous ne verrez jamais, ce superbe ouvrage de Simon Braund qui faisait la part belle aux films n’ayant jamais vu le jour, Frédéric Mercier raconte, dans un voyage subjectif, les amours et désamours des écrivains qui se sont essayés un jour au cinéma, et des cinéastes qui sont aussi des écrivains (bien qu’il réserve à ces derniers un – trop – court ultime chapitre).

Vous ne trouverez pas (ou peu) d’histoires de succès dans ce livre : Mercier ne s’attarde pas sur les « monstres » (j’utilise l’expression sous sa forme méliorative comme dans monstres sacrés) que sont Cocteau, Guitry, ou Duras, et il n’aborde que rapidement le travail de scénariste de Prévert.

Il s’intéresse aux relations plus complexes… Aux écrivains qui, si j’ose dire, n’inscriraient pas « en couple avec le cinéma » sur Facebook, mais plutôt « C’est compliqué ».

Son lecteur découvre (ou redécouvre) donc ces expériences ratées, ces projets avortés ou méconnus, la confiance ou la méfiance excessives d’un art (la littérature) envers un autre (le cinéma) et ce depuis la naissance du second.

Car les premiers écrivains que nous fait croiser l’auteur sont contemporains des premières armes du cinéma : on y voit Aragon, Artaud, Céline, ou encore Gide.

Ces écrivains rêvent d’un cinéma sans pour autant toujours concrétiser ce rêve dans des projets qui verront le jour, sans pour autant écrire des scénarios, ont avec lui des rendez-vous manqués, et se heurtent, comme beaucoup après eux, aux contraintes techniques imposées par le cinéma.

C’est en effet ce qui revient le plus sous la plume de Frédéric Mercier dans son parcours : des auteurs qui se confrontent, parfois brutalement, aux différences de langage entre cinéma et littérature, et à ce que Mercier nomme souvent les « contingences matérielles et humaines de la machinerie cinéma ».

Écrivains de cinéastes et écrivains cinéastes

Après ces premiers contemporains du cinéma, Mercier nous fait partir à la rencontre d’écrivains qui ont principalement oeuvré, parfois avec succès, comme scénaristes. On y croise brièvement Prévert et Pagnol, puis on y redécouvre quelques grandes figures :

Kessel qui a passé sa vie à écrire des scénarios, mais dont on connaît mieux les adaptations de ses romans, Belle de Jour par Buñuel et la magnifique Armée des ombres par Jean-Pierre Melville, qu’il n’a toutefois pas scénarisés lui-même :

Sagan et le scénario de Landru qu’elle co-écrit avec Chabrol ;

Modiano dont j’ai découvert grâce à l’auteur qu’il avait été le scénariste de Lacombe Lucien, l’un de mes Louis Malle préférés ;

et d’autres figures qui, si j’en connais le nom, me sont moins familières : Nimier, Green, Gégauff…

Et puis il y a les écrivains cinéastes :

Giono et son rêve de cinéma pur, aussi libre que la plume, et irréel, et qui a collaboré à l’adaptation de son Roi sans divertissement, et réalisé un film, Crésus ;

Malraux qui avait souhaité, avec L’Espoir, que le cinéma serve jusqu’au bout son engagement aux côtés des républicains espagnols ;

Romain Gary, auteur d’un film maudit avec Jean Seberg, mal aimé et jamais ressorti…

Dans un autre chapitre, Frédéric Mercier évoque également des auteurs plus contemporains : Houellebecq, Emmanuel Carrère, scénariste notamment de la série Les Revenants, Éric Vuillard et François Bégaudeau.

Son ultime chapitre est consacré aux cinéastes littéraires : Rohmer, Desplechin et Truffaut, et il clôt cette belle promenade par une évocation, trop brève à mon goût, de Perec et de Genet.

Un auteur qui lui ressemble

Ce serait le seul reproche que j’aurais à adresser à ce livre, agréable, fin et accessible, ce post-scriptum à Perec et Genet, très court, très curieux, semblant sortir de nulle part, et ouvrant un horizon plutôt que de clore cette traversée cinéphile et littéraire…

Mais peut-être le but est-il justement de ne pas clore la promenade, et le post-scriptum n’est-il pas l’invitation à un prochain voyage ? Comment savoir ?

Durant cette lecture où j’ai découvert beaucoup de choses, sans pour autant jamais avoir l’impression de me perdre dans trop d’érudition, un portrait d’auteur m’a semblé correspondre à celui de Frédéric Mercier.

Je ne connais pas Frédéric Mercier, je ne le connaissais pas avant d’ouvrir son livre, mais en lisant ces quelques mots sur Emmanuel Carrère, je me suis imaginée que quelqu’un pouvant écrire ces lignes, devait certainement lui ressembler :

Si Carrère se tourne d’emblée vers Positif*, c’est d’abord une affaire de goût. La revue a toujours fait la part belle aux cinéastes de l’imaginaire, du rêve et du fantastique, vanté Resnais plutôt que Pialat, défendu la première Stanley Kubrick et John Boorman (…). Dès son premier article paru en janvier 1977, et qui porte sur la mise en scène des batailles, Carrère fait montre d’une culture ouverte, hétérogène. D’emblée il mêle avec bonheur Ridley Scott à Clausewitz, Woody Allen et Buster Keaton, Hegel à Gance et La Grande vadrouille.

*revue mensuelle de cinéma fondée en 1952

J’ai imaginé Frédéric Mercier comme un auteur des plus ouverts lui aussi, et pour qui, la culture est forcément hétérogène, mêlée, rêvée et imaginée.

C’est en tout cas ce que la lecture de son livre m’a laissé penser, et refermer un ouvrage sur cette impression, c’est plutôt… positif, justement.

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